Lycéens mis à genoux à Mantes-la-Jolie : leurs mères appellent à une marche dimanche à Paris

Lycéens mis à genoux à Mantes-la-Jolie : leurs mères appellent à une marche dimanche à Paris
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PROTESTATION - Les mères des adolescents photographiés agenouillés, mains derrière la tête et tenus en respect par des policiers, il y a un an à Mantes-la-Jolie, appellent une marche, ce dimanche à Paris pour protester contre "l'humiliation" subie par leurs enfants.

L'image avait fait scandale en décembre 2018 à Mantes-la-Jolie : 151 jeunes, âgés de 12 à 21 ans, à genoux, tête baissée, mains sur la tête, dans un jardin privé et l'arrière-cour d'une association, tenus en respect par des policiers avant d'être conduits dans des commissariats. Tournée par un policier, cette vidéo était accompagnée d'un commentaire : "Voilà une classe qui se tient sage". 

Il n'en a pas fallu plus pour que naisse une polémique de plusieurs semaines autour de ces arrestations qui s'étaient déroulées en marge de la protestation lycéenne et au terme de trois jours de heurts et de dégradations. Pour marquer ce triste anniversaire, mais surtout pour protester contre les humiliations subies par ces adolescents, certaines de leurs mères se sont réunies, vendredi 6 décembre, à Mantes-la-Jolie, pour appeler à une marche dimanche à Paris.

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Plusieurs familles avaient porté plainte pour violences policières, emboîtant le pas au syndicat lycéen UNL, mais l'enquête préliminaire de la police des polices a débouché sur un non-lieu. L'UNL et le collectif ont décidé de déposer à nouveau plainte avec constitution de partie civile pour obtenir l'ouverture d'une instruction. A la demande des plaignants, le dossier a été dépaysé à Nanterre et "trois jeunes seulement ont été auditionnés" par le parquet, déplore Me Arié Alimi, l'un de leurs avocats. Il demandera, dès qu'un juge d'instruction sera nommé, à ce que l'ensemble des interpellés soient entendus. Preuve qu'un an après, la colère est toujours vive et que les familles espèrent obtenir réparation. 

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C'est une minorité qui a foutu la zizanie devant le lycée et en fait, tout le monde a pris!- Soad Dahoumane, mère d'un adolescent arrêté

Interrogée par l'AFP, Myriam, dont le fils - qui ne sera finalement pas poursuivi - est "resté agenouillé pendant trois heures et demie" avant de passer dans trois commissariats différents, puis d'être  interrogé, estime que la procédure aurait dû être annulée en raison de l'absence d'avocat. "Les gens, quand ils voient les enfants à genoux, ils voient des jeunes de banlieue qui ont cassé. Et quand vous leur dites que ce n'est pas vrai, qu'ils sont ressortis avec des rappels à la loi pour plus de 90% des enfants, ils disent 'oui, mais il y a forcément quelque chose qui ne va pas'", dit-elle. 

Soad Dahoumane, mère d'un autre lycéen, affirme quant à elle que "la grosse majorité" sortait du lycée pour déjeuner, comme son fils. "C'est une minorité qui a foutu la zizanie devant le lycée et en fait, tout le monde a pris!"

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Une marche de Barbès à la place de la République

Sur cette affaire, la direction de la police des Yvelines n'a pas souhaité s'exprimer, mais le syndicat Unsa-Police a tenu à rappeler que "cela faisait plusieurs jours que de nombreux jeunes présents devant les établissements scolaires mettaient en danger leur intégrité physique et celle des habitants". Et pour le syndicat, l'intervention était "nécessaire": "en face de 150 jeunes", les forces de l'ordre ont "figé la situation", pas pour "faire un exemple", mais pour pouvoir ultérieurement "déterminer le degré d'implication de chacun". Une enquête administrative a conclu à l'absence de "comportements déviants de la part des policiers" et l'auteur de la vidéo a été sanctionné administrativement. Une action disciplinaire a également été sollicitée. Quant à l'enquête du Défenseur des droits, elle est encore en cours.

Reste que la méthode choque toujours, un an après. Yessa Belkhodja, porte-parole du Collectif de défense des jeunes du Mantois, créé au lendemain des interpellations, explique à l'AFP que la position à genoux a été "vécue comme une posture d'humiliation" par les jeunes adolescents. Parallèlement, soutenu par quelque 70 partis politiques, syndicats et associations, le collectif appelle à marcher dimanche à Paris du quartier Barbès à la place de la République "contre l'arbitraire policier" et "pour la justice et la dignité". 

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