Notre-Dame-des-Landes : Vinci réclame "plusieurs centaines de millions d'euros" de compensation à l'Etat

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POLÉMIQUE - Le groupe de BTP réclame "plusieurs centaines de millions d'euros" à l'Etat en guise de compensation à l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont il devait être le concessionnaire, a déclaré dimanche la ministre des Transports.

"Nous aurons une discussion passionnante". Non sans ironie, Elisabeth Borne a évoqué dimanche le bras de fer à venir entre l’Etat et Vinci. Au programme : le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui, s’il n’avait pas été abandonné, aurait fait l’objet d’une concession au profit du géant du BTP.


Confirmant que l'Etat négocie avec le groupe de BTP une indemnité liée à l'abandon du projet de nouvel aéroport, Elisabeth Borne a déclaré sur France 3: "Nous ne sommes a priori pas d'accord sur les montants, mais on prendra nos responsabilités sur ce dossier". "Ils (Vinci, ndlr) ont parlé de quelques centaines de millions d'euros, tandis que nous parlons de quelques dizaines" de millions.

"Garanties de transparence"

Interrogée pour savoir si Vinci serait "un bon candidat" à la reprise d'Aéroports de Paris (ADP), une privatisation vivement contestée par l'opposition, elle a déclaré : "C'est effectivement un groupe qui a une grande expérience aéroportuaire". Avant d’ajouter aussitôt : "Mais il y en a d'autres, et évidemment cela ne va pas se faire comme ça de gré à gré, il y a aura une consultation pour choisir le meilleur candidat".


Récusant que le choix du groupe de BTP pourrait faire figure de "compensation à l'abandon de Notre-Dame-des-Landes", comme l'ont affirmé des députés de l'opposition lors de vifs débats sur la privatisation jeudi à l'Assemblée, la ministre a affirmé: "Cela ne marche pas comme ça". "On a un contrat à Notre-Dame-des-Landes, sur lequel on est en train de travailler à la résiliation, et par ailleurs il y aura une procédure sur Aéroports de Paris, évidemment avec toutes les garanties de transparence", a-t-elle déclaré. 


Définitivement adopté par le parlement dans une ambiance tendue, le projet de loi Pacte prévoit de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%). Cette privatisation fait l'objet d'un bras de fer: quelque 250 parlementaires ont enclenché la procédure d'un référendum d'initiative partagée (RIP), pour tenter d'empêcher le gouvernement de "vendre la poule aux œufs d'or", certains y voyant un "cadeau à Vinci". Le groupe Vinci gère dans douze pays (Royaume-Uni, Portugal, Cambodge, Japon...) 46 aéroports, dont 12 en France, parmi lesquels ceux de Lyon-Saint Exupéry, Rennes Bretagne, Toulon-Hyères et Nantes-Atlantique.

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