Parcoursup : "On voit la vie étudiante passer devant soi", nous raconte un des 955 "oubliés"

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PARCOURSUP - Au terme de la procédure d'admission de Parcoursup, 995 étudiants restaient sans aucune affectation. Des candidats qui ont passé l’été en attente d’une formation et qui ne pourront pas faire leur rentrée cette année.

Des étudiants toujours en recherche de formation. Faute d'avoir reçu une proposition, ou d'en avoir accepté une qui ne leur convenait pas, ils n'ont toujours pas pu effectuer leur rentrée. Une fois la procédure Parcoursup clôturée vendredi dernier, ils étaient encore 995 "oubliés" de la plateforme. La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a tout de même tenu à rassurer ces bacheliers : les commissions rectorales continuent à accompagner les candidats recalés. En théorie. Car en pratique, certains d’entre eux se sont déjà résignés. Comme Maelle, qui suivra une formation depuis chez elle. 


A 19 ans, Maelle ne pourra pas poursuivre ses études dans le supérieur. La rentrée a déjà commencé, et aucun de ses souhaits n’a été exaucé. Candidate déçue de Parcoursup, elle a obtenu son baccalauréat avec mention Assez Bien. Elle ne comprend toujours pas comment elle a pu rester sur le carreau. Et explique être particulièrement déçue : "Toute notre scolarité, on nous demande d’avoir le bac, on nous dit que c’est important. Et quand ce jour arrive, on ne peut pas faire ce qu’on veut", se désole cette jeune Parisienne qui a pourtant suivi une scolarité exemplaire. Au Lycée Jacques Moreau, où elle était scolarisée en formation professionnelle "Accompagnement, soins et services à la personne" (ASSP), elle a toujours été félicitée. Avec près de 14 de moyenne, elle était même particulièrement encouragée : "Ma professeur me disait que j’avais les compétences, que si je continuais comme ça, je n’aurais aucun mal à rentrer en institut. J’ai continué, et je me retrouve sans rien."

Un dur retour en arrière

Car depuis très jeune, Maelle veut être auxiliaire puéricultrice. Elle se rend bien compte que les places sont restreintes. Mais elle n’a pas le choix : elle ne peut ni financer une école privée, ni quitter l’Ile-de-France, faute de moyens. Alors, tout l’été, elle a attendu que l’un de ses choix soit validé. "On est en vacances et on regarde le temps passé, avec des choix qui restent en attente. Puis arrive le mois de septembre et on se rend  compte qu’on n’a rien." Un moment stressant et particulièrement angoissant, qui s’achève pas une première lettre reçue sur Parcoursup. Un BTS la prévient qu’ils n’ont plus de place. Les refus s’enchaînent pour Maelle. Alors, elle regarde ce que lui suggère le rectorat : une licence en histoire des arts… "Si on veut être auxiliaire de vie et qu'on nous met en histoire, ça ne sert a rien. C’est une perte de temps et de motivation" explique la jeune femme, désabusée. Avant d’ajouter : "Dans ma classe, nous sommes sept à ne pas avoir d’écoles dans notre domaine. Certaines ont choisi de faire une université qui n’a rien à voir, juste pour faire quelque-chose de leur année."


Faire "quelque-chose", car l’année sabbatique est impensable. "Ça la fout mal sur le CV!" estime-t-elle. Alors aujourd’hui elle n’a plus qu’une solution : le retour en arrière. Maelle a choisi de faire un CAP Accompagnant éducatif petite enfance. Une formation qui ne nécessite pas l'obtention du bac et pour lequel elle est sur-diplomée. La jeune femme appréhende déjà : "Je vais être seule chez moi, à revoir des notions que je connais déjà."


Elle regrette avoir perdu trois ans pour un diplôme qui ne lui apporte pas ce qu’elle désirait : une formation et une vie étudiante. Car outre un monde professionnel qui lui ferme la porte, c’est aussi tout un penchant de la vie d’une jeune femme : "On se sent seule, on voit toutes ses copines faire leur rentrée. Alors que nous on reste à la maison. On voit la vie étudiante passer devant nous."

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