Parcoursup plus efficace qu’APB ? L’heure du bilan a sonné

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR - Quel bilan peut-on d'ores et déjà tirer de la plateforme Parcoursup, dont la procédure s’achève ce vendredi 21 septembre ? A-t-elle fait mieux que son prédécesseur Admission post-bac (APB) ?

La phase complémentaire de Parcoursup se termine ce vendredi 21 septembre. Les chiffres définitifs du nombre de jeunes restés sur le carreau ou ayant trouvé une place dans l’enseignement supérieur seront connus mardi 25 septembre. Toutefois, les premières données disponibles peuvent déjà être analysées, même si elles donnent lieu à des interprétations différentes selon les syndicats lycéens et enseignants. 

Mi-septembre, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait annoncé que "moins de 2500" bacheliers ayant eu leur bac en 2018 restaient sans affectation. Or pour Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU, syndicat enseignant opposé à la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), ce chiffre est beaucoup plus important. En effet, le ministère n’inclut pas les étudiants en réorientation eux aussi en attente de place (4000 au 5 septembre) et ne prend en compte que les étudiants dits "actifs" sur la plateforme. Toujours selon Hervé Christofol, "nous avons 63% d’affectation définitives avec Parcoursup, alors que nous avions 61% dès le premier jour des résultats d’APB".


Pour Jimmy Losfeld, président de la Fage, syndicat étudiant qui a soutenu la loi ORE, les chiffres prouvent "une amélioration" du système d’affectation des jeunes par rapport à APB. Il cite les 583.000 jeunes qui avaient accepté une proposition au 5 septembre, contre 540.000 il y a un an.

La "sélection déguisée" dénoncée

A l'heure du bilan, des syndicats dénoncent également une "sélection déguisée" des écoles et des universités à l'analyse des dossiers des candidats. "La loi ORE et Parcoursup n'ont pas pour but d'affecter les bacheliers dans le supérieur en fonction des vœux de ces derniers, ce sont des outils conçus pour sélectionner, trier socialement, et barrer l'accès de millier de jeunes à une formation universitaire", écrit SUD éducation dans un communiqué. "A tel point qu'il reste 127.000 places vacantes (c'est ce qu'indique le site de Parcoursup ce vendredi 21 septembre, dernier jour de la phase complémentaire, ndlr), y compris dans des formations qui jusque-là faisaient le plein. C'est bien la preuve qu'un barrage a été mis, en fonction de critères et d'algorithmes locaux de sélection imposés par la loi, alors qu'antérieurement il suffisait d'avoir son bac pour s'inscrire dans la formation de son choix." L'UNL tient le même discours : selon son président Louis Boyard, "toutes les filières sont sélectives avec Parcoursup" et "quand on ne vient pas d'un lycée d'élite, on n'est pas pris".

Non-hiérarchisation des vœux : du stress et de l'attente

La nouveauté de Parcoursup par rapport à APB était la non-hiérarchisation des vœux par les étudiants. Or, cela a induit beaucoup de stress pour les jeunes sur liste d’attente et leurs familles. Ils ont parfois dû patienter jusqu’à début septembre pour avoir une place. En effet cette année, les bacheliers et étudiants pouvaient inscrire jusqu’à dix vœux sans les hiérarchiser. A partir de fin mai, lorsque les réponses ont commencé à tomber, les candidats devaient choisir entre deux propositions fermes mais pouvaient conserver tous les vœux en attente. Ce qui a entraîné un ralentissement du processus car beaucoup ont conservé jusqu’au bout ces potentielles propositions, qui n’étaient donc pas réinjectées dans le système.


Frédérique Vidal a exclu de remettre en place une hiérarchisation des vœux par les candidats en début de procédure. Selon elle, cela introduisait dans APB un phénomène d’autocensure. En revanche, elle a dit "réfléchir" à l’introduction d’une forme de classement, a posteriori. La Snesup-FSU réclame un retour à la hiérarchisation des vœux, quand l’Unef, syndicat étudiant opposé à Parcoursup, souhaite une dose de flexibilité.

Un calendrier optimisé ?

Des problèmes de calendrier ont également été mis en avant pendant toute la procédure. Car la lenteur du processus pendant l’été, et le fait que de nombreux jeunes aient eu des réponses tardives à leurs vœux, a posé des difficultés d’organisation aux universités et aux lycées qui ne connaissaient pas la liste définitive des élèves de classes préparatoires et de BTS fin août. Chez les étudiants, cela en a empêché beaucoup de trouver un logement pendant l’été.

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