Paris : nouvelle évacuation d'un camp de migrants à la porte de la Chapelle

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ÉVACUATION - Ce jeudi matin, une opération d'évacuation d'un nouveau campement de migrants situé porte de la Chapelle à Paris débutait. En tout, ce sont près de 400 personnes qui ont été évacuées.

Au lendemain de la visite d'Anne Hidalgo et de quelques élus locaux, porte de la Chapelle, une opération d'évacuation se déroulait, jeudi 4 avril au matin. Dans un climat tendu, près de 400 personnes ont été évacuées vers des structures d'hébergement, indique nos confrères de l'AFP. 


C'est aux alentours de 7h du matin que les autorités ont procédé à l'évacuation de ce camp, installé depuis des mois sous les bretelles d'autoroute A1. Il abritait des Soudanais, des Erythréens, ainsi que des Afghans, sous des petites tentes posées à même le sol, à quelques mètres de la route et des gaz d'échappement. 

424 tentes, selon le dernier décompte de France Terre d'Asile

Selon le dernier décompte opéré par France Terre d'Asile, ce camp comptait 424 tentes au dernier décompte. Plusieurs maraudes de mises à l'abri y ont déjà eu lieu pour orienter les migrants vers des structures d'hébergement. Alors qu'une centaine de migrants arrivent chaque jour à Paris, "les campements vont donc grossir et la situation sanitaire va irrémédiablement continuer à se dégrader", avertissait la Mairie de Paris dans un communiqué. 


Un millier de personnes avaient été évacuées en janvier de quatre campements, notamment porte de la Chapelle. La situation se complique aujourd'hui du fait de la présence de toxicomanes sur la "colline du crack", porte de la Chapelle, avec "un croisement des publics qui est assez clair", selon la ville, où l'on évoque "des dealers qui distribuent des doses aux migrants pour les rendre accros" avec "une volonté de s'attaquer à ces publics vulnérables".

Ce mercredi, Anne Hidalgo avait dénonçait un "déni de réalité" de la part de l'Etat concernant les campements de migrants dans la Ville. "Le dispositif mis en place par l'État après la fermeture du centre humanitaire ne marche pas", a affirmé à l'AFP Mme Hidalgo en allusion au centre de premier accueil qui servait de sas aux migrants jusqu'en mai 2018. "C'est le chaos aux portes de Paris", a-t-elle déclaré. 


Déplorant que "la dignité n'existe pas" sur ces campements où elle compte se rendre chaque semaine, notamment porte de la Chapelle où plus de 400 tentes se serrent sous la bretelle d'autoroute, Anne Hidalgo a annoncé que la ville allait "mettre en place des toilettes et des points d'eau", afin de "permettre un peu de confort et de dignité dans l'accueil de jour".

Entre 900 et 1800 migrants ont été recensés mercredi 3 avril sur l'ensemble des campements parisiens, et la ville redoute une dégradation avec la fin de la trêve hivernale et l'arrivée de migrants plus nombreux au printemps.  Une vingtaine d'associations et de collectifs d'aide aux migrants ont annoncé une journée de mobilisation le 9 avril pour dénoncer cette situation "dramatique".

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