Paris : des manifestants pour le climat ont occupé le centre commercial Italie 2 une bonne partie de la nuit

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BLOCUS - De samedi à 4 heures du matin dimanche, des militants pour l'écologie prônant une désobéissance civile ont bloqué l'accès au centre commercial Italie Deux, à Paris, pour dénoncer un capitalisme qui détruirait la planète. Dans la soirée, ils n'avaient toujours pas été délogés, espérant y passer la nuit.

"Dernière occupation avant la fin du monde." C’est ce que promettait l’événement Facebook. Résultat : des militants Verts et quelques Gilets jaunes bloquaient toujours, ce samedi soir, un centre commercial parisien. Et c’est Italie Deux, dans le 13e arrondissement, qui a été choisi comme première cible. L'occasion pour les manifestants de dénoncer un "lieu emblématique" d’un système économique et social "injuste et destructeur". 

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Lieu de consommation devenu "lieu de vie"

Dans la matinée, l’occupation s’est faite rapidement et sans violence. D'abord fait de petits groupes de jeunes écolos, le flot d'activistes a alors rendu impossible le shopping du week-end. Sous le regard ébahis des consommateurs, les portes d'entrée ont été enchaînées et des volontaires "bloqueurs" ont barricadé les sorties rapidement obstruées d'objets empilés. 

L'austère bâtiment au carrelage froid est ensuite devenu un "lieu de vie, de réflexion, d’organisation et de convergence pour en faire un jalon de la résistance à venir", s'enthousiasme une militante auprès de l'AFP. En début de soirée, l’ambiance était toujours bon enfant. Jeux de cartes, lectures, chants partisans et évidemment discussions ont créé une énergie proche de celle qui régnait sur la place de la République en plein mouvement "Nuit debout". 

Dix heures après, le choix est devenu évident : c’est dans ce grand centre commercial du sud-est de la capitale que les activistes entendent passer la nuit. Coin nourriture avec ravitaillements et WC sèches et urinoir improvisé par un "comité toilettes", tout est prêt pour satisfaire les besoins des quelques centaines de bloqueurs. 

"Écologie radicale. Mort au capital" affiche la banderole déployée par le groupe Extinction Rebellion. Mais au-delà des quelques messages affichés ici et là, les organisateurs, qui prônent aussi bien la désobéissance civile que la non-violence, appelaient à ne pas faire de dégradation. Alors quid des tags visibles sur les réseaux sociaux ? "On a du blanc de Meudon pour nettoyer", explique une manifestante. 

Les altercations ne sont pas non plus au rendez-vous. La date et le lieu ayant été dévoilés au dernier moment, une technique prônée par des groupes tels que Extinction Rebellion ou Youth for climate, tous deux parmi les organisateurs, la surprise était au rendez-vous. "Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?", déclarait ce matin un vigile, impuissant. 

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La première patrouille de police, arrivée près de 30 minutes plus tard, n’aura pas eu plus de succès. Tout comme les CRS et les gendarmes mobiles, qui se sont déployés sans intervenir. Une tentative d’expulsion a eu lieu vers 20h, selon plusieurs vidéos postées sur les réseaux sociaux, mais en vain. Une petite victoire pour les organisateurs qui ont fini d'occuper le centre commercial aux alentours de 4 heures du matin, dimanche, et qui préviennent : ce blocage n’est que l’"avant-première" d’une "rébellion internationale".

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