"Ce n'est pas très fair-play" : le prêtre lanceur d'alerte Pierre Vignon réagit à la sanction de sa hiérarchie

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PÉDOPHILIE - Après avoir appris qu'il était démis de ses fonctions de juge, Pierre Vignon est revenu sur cette décision ce vendredi. Ce prêtre lanceur d'alerte, qui avait demandé la démission du Cardinal Barbarin, a jugé sur LCI que ce dernier n'était pas "fair play".

L’Eglise catholique toujours aussi nébuleuse autour de la question de la pédophilie. A quelques jours de l’assemblée plénière à Lourdes, le prêtre lanceur d’alerte Pierre Vignon a été démis de ses fonctions de juge. Ce vendredi 2 décembre, il est revenu sur LCI sur cette décision, estimant qu’elle n’était pas "fair play".  

Un "message contradictoire"

"Tout est parti de ma lettre ouverte" rappelle l’homme d’église. Car il a été sanctionné par les douze évêques de la région Auvergne-Rhône-Alpes alors qu’il a fait de la lutte contre la pédophilie son fer de lance. Ainsi, en août dernier, il avait appelé publiquement à la démission du cardinal Barbarin, poursuivi pour non-dénonciation d'agressions pédophiles dans son diocèse. Une prise de parole qui a fortement déplu à sa hiérarchie. Notamment à son évêque, celui de Valence, Pierre-Yves Michel, qui a "très mal pris" la démarche : "Il m’a laissé entrevoir que ma fonction de juge pourrait m’être retirée."


Mais si Pierre Vignon ne regrette pas son combat, il met désormais en cause l’Eglise. Car la sanction est tombée alors que l’Assemblée plénière de Lourdes débute ce 3 novembre. Et des victimes de prêtres pédophiles y ont été invitées pour la toute première fois. Un double discours que Pierre Vignon juge être un "un message contradictoire". Il explique comment, d’un côté, "le message est de dire ‘nous sommes tous contre la pédophilie’" tandis que de l’autre, sa condamnation fait figure d’épouvantail aux autres lanceurs d’alerte au sein de l’Eglise. 

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