Permanence murée, fumier, tags... Des députés pro-CETA pris pour cible par des agriculteurs

Social
COLÈRE AGRICOLE - Des agriculteurs ont fait savoir à plusieurs députés de la majorité qu'ils n'approuvaient pas leur vote en faveur du CETA, le traité de libre-échange avec le Canada ratifié mardi par l'Assemblée nationale. A travers la France, ils multiplient donc les actions devant les permanences de leurs élus.

Leur colère ne passe pas inaperçue. Des agriculteurs ont mené plusieurs actions coup de poing depuis ce mercredi 25 juillet à travers la France afin de partager leur mécontentement auprès de leurs élus, au lendemain du vote du CETA négocié entre l’Union européenne et le Canada. Car pour une fois, tous les syndicats sont unanimes. Ils estiment que leur filière est en danger face à l’importation dans l’Union de tonnes de viande par milliers.

L'entrée d'une permanence murée

La plus impressionnante a eu lieu à Vesoul.  Dans cette commune de la Haute-Saône, la permanence d'une députée LaREM qui a voté en faveur de cet accord de libre-échange a été murée jeudi soir. Devant la porte, une cloison d’environ 2.50 mètres a été édifiée vers 22h par une vingtaine de membres des fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), des producteurs de lait ainsi que des Jeunes agriculteurs (JA). 


Sur Twitter, la FDSEA a justifié son geste ainsi : "C'est la clôture de la session parlementaire... ce soir c'est aussi la clôture de la permanence de la députée." Sur cette nouvelle surface, ils ont interpellé l’élue Barbara Bessot-Ballot. Avec de la peinture rouge, ils ont écrit : "BBB les agriculteurs vous remercient". Car pour eux, la députée a "menti" et "trahi" ses électeurs, comme l’explique le président  de la FDSEA, Emmanuel Aebischer, auprès de l’AFP. Il rappelle que cette représentante à l’Assemblée nationale avait assuré aux travailleurs qu’elle ne ratifierait pas le texte. "La Franche-Comté, terre d'élevage, a pu compter sur le soutien de ses députés; dix d'entre eux, de tous bords confondus, que compte notre région, ont fait le choix de voter contre ou de s'abstenir", a souligné la fédération dans un communiqué

La veille, des membres du syndicat Jeunes Agriculteurs avaient également tenu à faire entendre leur mécontentement. En déposant du fumier devant les locaux de Rémy Rebeyrotte, élu de Saône-et-Loire. Selon le quotidien local, ils ont également accroché une affiche géante pour expliquer leur action. Auprès de nos confrères, l’élu de la majorité a cependant rétorqué qu’il n’avait "jamais reçu de demande de rencontre des Jeunes Agriculteurs" afin de discuter de ce dossier. "Si les JA souhaitent me rencontrer pour dialoguer, la porte de ma permanence est grande ouverte." Quoi qu’il en soit, cette action a été répétée cette nuit à Marmande,  à Villeneuve et à Agen, selon le compte Twitter du syndicat en Lot-et-Garonne. 

Autre cible des cultivateurs français, le député Pascal Lavergne pris pour cible dans sa permanence en Gironde. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des balles de foin ont ainsi été déposées devant ses locaux à Monségur, sur lesquelles ont été tagués les mots "menteur" et "trahison". Un acte signé "JA", selon France Bleu Gironde. Des bottes de paille ont aussi été peintes dans un champ appartenant a cet agriculteur et ancien maire de Monségur. "Tu oublies d'où tu viens", peut-on y lire. Le principal concerné, qui "dénonce la méthode" a porté plainte selon la radio locale. "Ils auraient pu venir me voir, pas faire ça dans la nuit, dans l'anonymat !", a-t-il lancé. 

La ratification du CETA a été approuvée par l'Assemblé nationale ce mardi. Seuls neuf députés de la majorité ont voté contre et 52 se sont abstenus. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter