PME en danger : 50% d'entre elles ne survivraient pas à un reconfinement

PME en danger : 50% d'entre elles ne survivraient pas à un reconfinement
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CORDE RAIDE - Selon une étude sur plus de 2000 entreprises, le poids des impayés pèse sur une comptabilité à la trésorerie fragile. De quoi faire craindre un effet domino, et des défaillances en cascade.

Si les difficultés économiques des grandes entreprises font la une des journaux, la détresse des PME est souvent silencieuse, à bas bruit. "Personne n'en parle, pourtant ce sont bien ces PME/TPE qui sont le poumon économique de la France", regrette Quentin Leymarie, responsable marketing d'Axonaut, une start-up, qui propose des outils de gestion à ces petites entreprises, et qui a surtout décidé de les sonder depuis le début de l'été.

Résultat : un "Observatoire de la Trésorerie" des TPE et PME françaises. Sur ses 3000 clients, Axonaut en a questionné plus de 2000, toutes des entreprises de 1 à 50 salariés, artisans, commerçants, entreprises de service. Une enquête mensuelle qui garde l’œil sur des points précis, des indicateurs de la santé financière de ces PME, qui selon les derniers chiffres de Bercy, pèsent pour plus de 40% de la valeur ajoutée créée dans le pays, et emploient plus de six millions de personnes.

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Dans sa dernière vague, l'observatoire met en évidence des impayés en hausse, un trou dans la caisse des PME d'une moyenne de 72.000 euros. Et si la trésorerie de ces mêmes entreprises est en légère hausse, pour nombre de PME, elle ne suffit pas à amortir le choc. "En France, ces impayés sont la première cause de défaillance des petites entreprises, et on les voit augmenter constamment depuis le confinement", explique Quentin Leymarie. "Or, contrairement aux grandes entreprises, la principale fragilité de ces petites entreprises, c'est justement leur trésorerie. On sait qu'Airbus ne tombera pas, par exemple, mais que ses PME sous-traitantes vont vite se retrouver en difficulté."

Des défaillances de paiement qui se répercutent d'une entreprise à une autre, comme un ruissellement d'insolvabilité, qui fait craindre un enchaînement à venir de faillites en cascade. "Une chose est sûre", affirme Quentin Leymarie, "quand on fait les comptes, il devient évident qu'une PME-TPE sur deux ne résisterait pas à un reconfinement, elles n'auraient pas le temps de se refaire."

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Au-delà des chiffres, la start-up a également sondé ses clients sur les choses qui les aident ou non à surmonter la crise. Plébiscité, le dispositif d'activité partielle, par son efficacité et la simplicité de sa mise en oeuvre. Les prêts garantis par l'État (PGE) ne rencontrent pas le même écho. Consensus : s'ils sont les bienvenus, "ils sont souvent l'apanage des grosses PME plutôt que des petites. Difficile de trouver le temps nécessaire au montage des dossiers quand on est occupé à tenir son entreprise à bout de bras",  déplore-t-on chez Axonaut.

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Pour aider les petites entreprises à réduire les impayés de leurs clients, d'autres mécanismes d'aide existent, comme SeFairePayer.com, une plateforme qui propose aux TPE/PME les services des Huissiers de Justice. Premier prix, pour se rappeler au bon souvenir de débiteurs négligents : un rappel par courrier et par mail, facturé un euro seulement.

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