Pourquoi trouve-t-on plusieurs chiffres du chômage ?

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À LA LOUPE – Le chômage a son plus bas niveau depuis 2009 ? C'est en tout cas ce qu'annonce l'Insee. Avec un taux de chômage de 8,7 %, la France connaît une nouvelle baisse du nombre de demandeurs d'emploi. Mais à peine publiés, ces chiffres sont déjà contestés. Explication.

A chaque nouvelle publication des chiffres du chômage, arrive son lot de contestations et de polémiques. Alors que l'Insee annonce un taux de chômage historiquement bas, jamais vu depuis 10 ans, les chiffres du ministère du Travail sont moins enthousiasmants. Qui croire ?  À La Loupe fait le point sur ces contestations. 

Des chiffres modifiés ?

Sur cette publication qui fait le tour de Facebook - en image ci-dessous -, les internautes se questionnent sur une différence dans le nombre de chômeurs pour une même période. Il s'agit des données de la Dares, la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail. 

D'après cette publication Facebook, la Dares a publié deux chiffres différents pour la même période du 4e trimestre 2018. La première fois, il y avait 6.574.100, puis ensuite plus de 6.561.500 chômeurs en France (hors Mayotte) pour les catégories A, B, C, D et E. Une différence de 12.600 demandeurs d'emploi, ce n'est pas rien.

La publication qualifie cet écart d'"erreur", qui permettrait au gouvernement d'annoncer une baisse du chômage. Nous avons retrouver les deux publications de la Dares : les 6.574.100 chômeurs pour le 4e trimestre 2018 correspondent à la publication de janvier 2019 et les 6.561.500 chômeurs à la publication d'avril 2019

Pourquoi 12.600 chômeurs ont-ils été retirés des statistiques ? Il n'y a aucun complot à l'horizon. À La Loupe a contacté la Dares qui rappelle qu'elle "procède tous les ans à une campagne d'actualisation" des données, "afin de tenir compte des évolutions de la saisonnalité et de celles des effets des jours ouvrables sur les séries de demandeurs d’emploi." Une actualisation des chiffres précisée dans chaque publication trimestrielle de la Dares. 

Cette actualisation des chiffres de la Dares a lieu chaque année. Ainsi, les chiffres du chômage publiés en avril 2019 sont les chiffres définitifs pour les quatre trimestres de l'année 2018. L’analyse des révisions est expliquée en toute transparence dans un document spécifique. En 2018, l'écart entre les premières données et les chiffres révisés était de 0,15%, très minime donc. 

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Un seul chômage, deux indicateurs

Autre contestation : alors que l'Insee annonce un niveau de chômage au plus bas depuis 2009, les statistiques du ministère de Travail seraient moins enthousiasmantes. Au premier trimestre 2019, la Dares (qui fournit les données au ministère) comptabilisait 3.391.900 chômeurs de catégorie A, c'est-à-dire les personnes tenues de chercher un emploi et ce, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, temps partiel, intérim...). En 2009, à la même période, il y avait 2.443.700 chômeurs dans la même catégorie, soit 948.200 de personnes sans emploi supplémentaires en 10 ans !  

Ainsi, dans le même temps, l'Insee évoque un chômage au plus bas depuis 10 ans, alors que le nombre de chômeurs est plus important. Double discours sur le chômage ? Non, il s'agit seulement de deux modes de calcul différents. 

Le ministère du Travail comptabilise les chômeurs inscrits à Pôle Emploi, ensuite divisés en différents groupes : la catégorie A pour les chômeurs n’ayant pas travaillé du tout, les catégories B et C pour des activités partielles. De son côté, l'Insee utilise la méthode de calcul du BIT, le Bureau international du travail. Sont considérés comme chômeurs, les personnes, en âge de travailler : sans activité, disponible pour occuper un emploi dans les quinze jours et qui ont "activement" effectué une recherche d'emploi durant le mois précédent. 

Pourquoi un tel écart entre les deux statistiques ? La Dares nous explique : "Un demandeur d’emploi en catégorie A ne sera pas considéré comme chômeur au sens du BIT [ndlr : donc de l'Insee] s'il n'effectue pas d’actes de recherche d’emploi autres que le seul renouvellement de son inscription. Le fait d’être inscrit à Pôle emploi n’est pas considéré comme une démarche active de recherche d’emploi au regard des critères du BIT." 

Les données de l'Insee et de la Dares sont donc complémentaires et ne peuvent en aucun cas être opposées. 

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