Quenelle et salut nazi à Montmartre parmi des Gilets jaunes : l'UEJF réclame des sanctions

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ANTISÉMITISME – A Paris ce samedi matin, des manifestants affublés de Gilets jaunes ont entonné la chanson "La quenelle" de Dieudonné. Certains ont effectué des saluts nazis. Contacté par LCI, le président de l’UEJF exhorte la justice à sanctionner ces agissements.

Des bras tendus vers le ciel. Et un chant bien connu des fans de Dieudonné. Ce samedi matin, plusieurs personnes ont été filmées sur les marches du Sacré Coeur à l'occasion d'un rassemblement des Gilets jaunes. Certains effectuant un salut nazi. D'autres entonnant "La quenelle". Pour mémoire, cette chanson évoque le signe de ralliement de Dieudonné, un geste considéré par beaucoup comme antisémite. Et pour cause, certains "quenelliers" se photographient régulièrement devant des mémoriaux de la Shoah ou des synagogues. Pour le président de la Licra Alain Jakubowicz, la quenelle n'est d’ailleurs rien d'autre qu'"un salut nazi inversé". 

Une manifestation de saluts nazisSacha Ghozlan, président de l'UEJF

Des agissements condamnés fermement  par Sacha Ghozlan, président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) : "Pourquoi une récrimination sociale légitime, à laquelle chacun peut être sensible, se transforme-t-elle en une manifestation de saluts nazis au cœur de Paris ?, explique-t-il à LCI. "Dans un des quartiers les plus touristiques, des individus font des saluts nazis et rendent hommage à Dieudonné alors que l’antisémitisme progresse dramatiquement en France. Ces nouveaux actes antisémites portés par des Gilets jaunes contribuent au sentiment d’insécurité des juifs de France et d’impunité des antisémites. Nous demandons à la justice d’identifier et de sanctionner ceux qui commettent ces saluts nazis". 


La popularité de Dieudonné chez une frange des Gilets jaunes n’est pas nouvelle. Depuis le début du mouvement, le polémiste partage ainsi régulièrement des clichés montrant des manifestants faisant des quenelles. Lui-même s’est d’ailleurs rendu à plusieurs reprises dans les cortèges pour montrer son soutien à la grogne jaune. Comme en Gironde le 19 novembre dernier. Gilet jaune sur le dos, le polémiste avait posé aux côtés de Mathieu Seurot, fer de lance régional du mouvement, relate Sud-Ouest.  

"Dieudonné, comme Soral se sont précipités pour voir dans le mouvement des Gilets Jaunes une confirmation de leurs théories, explique Isabelle Kersimon, journaliste et membre de l'Institut de recherche et d'étude sur les radicalités. Et l'essayiste de faire un parallèle avec les slogans antisémites ayant fusé lors de la manifestation "Jour de colère" en janvier 2014 à Paris. Ce rassemblement de 17.000 personnes appelait pêle-mêle à la démission de François Hollande, au retrait du projet de mariage pour tous mais aussi à... une réforme fiscale. Un mouvement hétéroclite où furent aussi entendus des slogans antisémites et auquel s'étaient greffés des militants pro-Soral-Dieudonné. A l'époque,  la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem avait dénoncé une manifestation "absolument insupportable".   

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