Référendum en Nouvelle-Calédonie : l'enjeu du nickel

Référendum en Nouvelle-Calédonie : l'enjeu du nickel
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ECONOMIE - Ce dimanche 4 octobre, la Nouvelle-Calédonie se rend aux urnes pour dire oui ou non à son indépendance. Entre autres enjeux de ce scrutin, les retombées financières du nickel dont la Nouvelle-Calédonie détient 20% des réserves mondiales.

Les bureaux de vote de Nouvelle-Calédonie, archipel stratégique de 270.000 habitants dans le Pacifique-sud, ont ouvert dimanche pour un deuxième référendum destiné à choisir entre la France et l'indépendance, avec une participation en nette hausse à la mi-journée.

Parmi les enjeux de ce scrutin, la question économique et la principale ressource locale, le nickel. Ce minerai représente un cinquième du PIB local et emploie plus de 10 000 personnes. Autrement dit, la Nouvelle-Calédonie est extrêmement dépendante du "Roi Nick", comme on le surnomme, malgré une économie en berne depuis quelques années. L'île "possède environ 25 % des ressources mondiales de nickel, mais elle ne détient que 9 % des réserves planétaires, au même niveau que l’Indonésie et l’Afrique du Sud", peut-on lire sur le site de la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris (PDF). Ce qui la situe au 7e rang des producteurs et son économie dépend donc largement des cours de cette matière première principalement utilisé dans l'élaboration d'acier inoxydable. 

La Nouvelle-Calédonie, mono-dépendante du nickel

En Nouvelle-Calédonie, le nickel constitue, avec les transferts publics de l'Etat, la principale richesse de l'économie du territoire. Mais après plusieurs années d'euphorie économique, exaltée notamment par la construction de deux usines de nickel dans les années 2010, l'économie calédonienne est en berne depuis 2012, en raison de l'effondrement des cours et du ralentissement de la commande publique. Ce métal a en effet vu son cours divisé par deux entre 2011 et 2016. La faute à la montée en puissance de pays producteurs à bas-coûts, comme l'Indonésie, les Philippines ou encore la Chine.

De fait, ce repli économique a mis en lumière l'extrême dépendance du territoire en son industrie minière qui représente 20% des emplois et 90% de ses exportations. Pour Catherine Ris, professeur d'économie à l'université de Nouvelle-Calédonie, "on n'est pas sorti de la mono-industrie du nickel. Au contraire, on s'est spécialisé davantage dans cette activité", explique-t-elle à l'AFP. 

Pour le parti indépendantiste du FLNKS, le nickel et son industrie sont à la base d'une indépendance viable. 

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Reste à savoir si la Nouvelle-Calédonie peut vivre de ces ressources minières face à la Chine. Les industriels redoutent les appétits de ce pays et pour les spécialistes, ce n'est pas à prendre la légère, comme l'a précisé Daniel Ochida, patron d'une PME dans le BTP. "La Chine a la Nouvelle-Calédonie dans son viseur pour ses réserves de nickel", qui représentent un quart des ressources mondiales d'"or vert", a-t-il confié à l'AFP. 

Car si le nickel permet l'embauche de main-d'oeuvre, celle-ci demeure chère, face aux autres acteurs du marché. Car les cours du nickel ont été divisés par deux entre 2011 et 2016, ils arrivent aujourd'hui autour des 12.000 euros la tonne.  Si en 2007, le nickel a rapporté 200 millions d'euros aux caisses du territoire, ce chiffre est depuis tombé à zéro. 

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