Réforme des retraites : 187.000 manifestants jeudi selon l'Intérieur , plus de 500.000 selon les syndicats

Réforme des retraites : 187.000 manifestants jeudi selon l'Intérieur , plus de 500.000 selon les syndicats
Social

Toute L'info sur

La réforme des retraites d'Emmanuel Macron

CONTESTATION - Le mouvement contre la réforme des retraites se poursuit, jeudi 16 janvier, avec une nouvelle journée de grèves et de manifestations à l'appel de l'intersyndicale, et malgré les appels du pied du gouvernement. Selon le ministère de l'Intérieur, 187.000 personnes se sont mobilisées dans toute la France, dont 23.000 à Paris. Suivez les dernières informations.

Live

ADOPTION


Au huitième jour d'examen, l'Assemblée nationale a adopté lundi le premier des 65 articles du projet de loi de réforme des retraites, sous les applaudissements de la majorité.


Entre rappels au règlement et suspensions de séance à répétition, il aura fallu 70 heures de débats pour venir à bout des quelque 2.200 amendements et sous-amendements déposés principalement par les oppositions, sur cet article qui fixe les principes généraux du futur système par points. Il a été validé par 89 voix contre 46.

PHILIPPE À L'ASSEMBLÉE


Le Premier ministre Edouard Philippe est passé à l'Assemblée dimanche à l'heure du dîner pour un moment "informel" et "convivial" avec les députés de la majorité, sans discours, ni annonce, selon plusieurs participants.


"C'était pour nous soutenir alors qu'on est là le week-end" et "prendre la température", a rapporté le député de Gironde Pascal Lavergne (LREM), qui n'a pas évoqué le 49-3 avec Edouard Philippe, venu en jeans et baskets.

SCHIAPPA SUR LE 49-3


Sur LCI ce dimanche, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations est revenue sur l'éventualité de faire passer la réforme des retraites en ayant recours au 49-3 : "à titre personnel, ce n'est pas la perspective que je souhaite, ce que moi je souhaite, c'est un vrai débat", a expliqué Marlène Schiappa, dénonçant "une stratégie d'obstruction" de la part des députés opposés au projet. 

Samedi, au sixième jour de débats toujours au ralenti sur la réforme des retraites à l'Assemblée, les députés ont adopté sous les applaudissements de la majorité deux premiers amendements concernant les aidants familiaux et le handicap.

49-3

La perspective de voir le gouvernement utiliser l'article 49 alinéa 3, justement, prend de l'ampleur. Sous couvert d'anonymat, de nombreux députés La République en marche décrivent cette issue comme "inéluctable". Les raisons en sont simples : si l'on se place du point de vue de la majorité, les débats ne peuvent être prolongés, en raison de la pression mise par le gouvernement pour faire voter le texte avant l'été, afin qu'il apparaisse dans le prochain projet de loi de finances, examiné à l'automne. Prolonger les débats amènerait à repousser le texte à 2021, ce qui, d'après les élus qui se confient à LCI, serait "trop dangereux sur le plan électoral".

PROCEDURE

Ainsi qu'on peut le voir sur le site de l'Assemblée nationale, les députés bataillent toujours sur l'article 1er du projet de loi de réforme des retraites. A force d'amendements et de sous-amendements, la discussion du texte pourrait prendre encore 150 jours, a calculé Richard Ferrand dans la semaine. En l'état, il reste donc 35.191 amendements à examiner. Et, lorsque le 1er article aura été voté ou rejeté, il faudra faire la même chose pour 64 autres. A moins que, d'ici là, le gouvernement ne fasse usage du 49-3.

COMBIEN ÇA COÛTE

Nouveau sujet de polémique à l'Assemblée, ce jour, après un tweet, la veille, du LaRem Florian Bachelier. Premier questeur et donc chargé des dépenses, le député avait calculé, sur le réseau social, qu'"une journée d'obstruction parlementaire par les députés minoritaires d'extrême gauche (sic), c'est 1.500.000 d'euros d'argent public. Ça paierait quelques professeurs d'éducation civique".


Un calcul contre lequel s'est élevé le porte parole des députés PS Boris Vallaud qui, ce vendredi, s'est élevé contre ce "mensonge" : "Le budget de l'Assemblée nationale, c'est 568 millions d'euros en 2019 et vous divisez par le nombre de jours dans l'année, que nous siégions ou ne siégions pas". Une manière de dire qu'un jour siégé supplémentaire, ce qui sera probablement le cas, ne coûtera pas plus à l'Assemblée.


Plus tôt, le député insoumis Adrien Quatennens avait répondu à Florian Bachelier en se présentant au contraire comme "les porte-parole de la solution la moins chère : le retrait". Autre figure des insoumis à s'être exprimé, Jean-Luc Mélenchon, qui a tancé les marcheurs ainsi : "Si ça coûte cher, il n'y a qu'à supprimer carrément l'Assemblée nationale et la démocratie".


Florian Bachelier en a été quitte pour un recadrage de Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement : "Le Parlement, la démocratie représentative, ce sont des moyens qui sont nécessaires et c'est pas le sujet".

Retraites : la majorité se prépare-t-elle au 49-3 ?

MOBILISATION

Après une 10e journée de mobilisation en demi-teinte, les syndicats opposés à la réforme des retraites ont appelé, à son issue, à une nouvelle journée interprofessionnelle le 31 mars "pour faire échec à ce projet".

49-3

Jean-Luc Mélenchon a accusé le gouvernement de préparer un recours au 49-3, lors de son meeting à Toulouse. "Ils veulent préparer l'opinion à l'idée de sortir le 49-3".

POLEMIQUE

Meyer Habib recadré par Clémentine Autain après avoir traité des élues de gauche de "petites connes" à l'Assemblée

MOBILISATION

Selon l'Intérieur, 92.000 manifestants ont défilé dans toute la France, dont 7800 à Paris, mardi 20 février. D'après la CGT, ils étaient 50.000 à manifester dans la capitale.

MOBILISATION


La journée de mobilisation contre la réforme des retraites a rassemblé jeudi 92.000 manifestants en France, dont 7.800 à Paris, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Lors de la précédente journée d'actions, le 6 février, ils avaient été 121.000 à manifester dont 15.200 à Paris, a rappelé le ministère.

BLOCAGE PARLEMENTAIRE

A ce rythme, Richard Ferrand, soucieux du temps passé à l'hémicycle, a prévenu que "1643 heures de séance seront nécessaires pour terminer la seule loi ordinaire, soit, si l'Assemblée siège du lundi au dimanche soir. 150 jours de séance".


Le titulaire du perchoir se basait sur le rythme actuel, qui est de 22,2 amendements examinés par heure, qui s'explique en partie par les 17 suspensions de séance et 71 rappels au règlement observés depuis le début de l'examen, ce lundi.


Un ralentissement dû essentiellement au temps de parole capté par les députés communistes, LFI et LR, qui cumulent, pour leurs trois groupes, 60% du temps de parole. 


"Les oppositions veulent nous emmener" vers le 49-3, en a conclu Patrick Mignola, patron des députés Modem, tout en assurant "ne pas vouloir qu'ils nous infligent cette brutalité".


"Le blocage, c'est vous", a répondu François Ruffin, qui encourage le gouvernement à "suspendre les débats jusqu'aux municipales".

PARIS


Des centaines de personnes manifestaient à Paris jeudi pour une dixième journée interprofessionnelle contre la réforme des retraites.


"C'est grâce à la mobilisation qui dure depuis le 5 décembre qu'il y a un tel débat à l'Assemblée nationale", a assuré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, juste avant le début du défilé, en référence à l'examen chahuté du projet dans l'hémicycle.


Partis de Montparnasse vers 14H00, les manifestants sont venus à l'appel de la CGT, FO, Solidaires, FSU et d'organisations de jeunesse, qui mènent la fronde depuis le 5 décembre.

RASSEMBLEMENTS


Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu : ils étaient 1.200 à Montpellier et 500 à Béziers, selon la préfecture de l'Hérault (3.000 et 1.200 selon les syndicats), à se mobiliser à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, organisations de jeunesse et étudiante), qui mène la fronde depuis le 5 décembre.

PARIS


A Paris, le cortège  partira de Montparnasse à 13H30 en direction de la place d'Italie.

CGT


Évoquant "une journée importante" alors que "le débat parlementaire débute, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez veut croire jeudi, dans l'Humanité, que "l'ouverture de la phase parlementaire ne signifie pas que le mouvement social a passé le relai". Dans le même journal, son homologue à la FSU, majoritaire chez les enseignants, Benoît Teste, estime à propos des députés qu'il faut "maintenir la pression pour les faire douter de voter ce texte à trous insincère". 

NOUVELLE MOBILISATION


Les syndicats opposés à la réforme des retraites organisent jeudi une dixième journée interprofessionnelle de manifestations, espérant maintenir la mobilisation en cette période de vacances scolaires, alors que le projet poursuit son examen chahuté à l'Assemblée nationale.

FRANÇOIS HOLLANDE SUR LCI 


Invité de LCI ce jeudi, l'ancien chef de l'Etat est notamment revenu sur le projet de refonte du système des retraites du gouvernement, estimant que "cette réforme a été largement précipitée et improvisée". "Le gouvernement doit laisser du temps au débat, c'est la meilleure façon de lever les obstructions", a-t-il également déclaré, avant d'enfoncer le clou : "Il y a un défaut de conception, de construction et d'information."

BLOCAGE

Le troisième jour d'examen de la réforme des retraites n'a guère permis de faire avancer l'examen. En effet, les députés ont passé l'essentiel de leur temps à débattre de points de règlement. 


Les élus de gauche, furieux que le président Ferrand fasse tomber des amendements placés à différents endroits du texte au motif qu'ils portaient sur des sujets similaires, ont ainsi multiplié les rappels au règlement. 


Si bien que, d'esclandres en règlements de compte en direct, au soir du mercredi 19 février, on n'avait pas encore attaqué l'article 1 du projet de loi. Projet de loi qui en contient sur 65.

REFERENDUM 

Répondant à son traditionnel #ASKPPG, Sibeth NDiaye explique pourquoi il n'y aura pas de référendum sur le projet de loi de réforme des retraites. "Ce texte contient 65 articles, et faire un référendum supposerait de faire 65 référendums".

FRICTIONS

"Ici, ce n'est pas un meeting, c'est l'Assemblée nationale", tance Richard Ferrand en s'adressant à Jean-Luc Mélenchon, qui entendait faire un rappel au règlement sans pour autant en expliquer la raison, comme l'exigeait le titulaire du perchoir. "Mise en cause personnelle, article 100", répond l'insoumis, qui invite son interlocuteur "à une certaine retenue. Ça me paraît un peu exagéré. Vous devriez vous calmer !" "Ne vous inquiétez pas, je suis très calme..." "C'est pas l'impression que tu donnes !"

REGLEMENT

Les points de règlement se multiplient à l'Assemblée nationale, rajeunissant l'hémicycle de deux ans et demi ou d'un an et demi, selon qu'on se rappelle de l'arrivée des marcheurs en masse ou de l'affaire Benalla. Cette fois, c'est Clémentine Autain, députée insoumise, qui demande la réunion d'une conférence des présidents de groupe, reprochant à Richard Ferrand d'avoir changé la règle concernant l'examen des amendements, soupçonnant ce dernier de vouloir "faire tomber des centaines d'amendements de l'opposition". Face au refus de Richard Ferrand, le patron des députés communistes demande "la vérification du quorum" et s'octroie une nouvelle suspension de séance, la troisième en une heure.

BLANQUER

"Ce ne sera pas des clopinettes". Voilà le message que le ministre de l'Education nationale, pas spécialement en odeur de sainteté dans le corps enseignant, a délivré sur France Info, ce mercredi. "Ce sera un cycle d'augmentation comme il n'y en a pas eu dans le passé", a-t-il ajouté. "Ce sera extrêmement substantiel, sur une vie cela va représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les personnes concernées".


Une partie des hausses se fera toutefois au "mérite", a précisé le ministre, ce que les représentants syndicaux des enseignants ont vu comme un affront. 


Du fait du changement du mode de calcul de la pension de retraite voulu par le gouvernement, les faibles salaires des enseignants ouvrent la porte à des pensions faibles, craignent-ils notamment.

PIETRASZEWSKI REGRETTE


Laurent Pietraszewski, le secrétaire d'État aux Retraites, a réagi à la décision de la CGT de quitter la conférence de financement. "Je regrette qu'un grand syndicat représentatif français claque la porte de ce type de dialogue, car je crois que c'est un dialogue où la CGT a sa place", a-t-il indiqué sur RMC/BFMTV .


"Je regrette toujours que les partenaires sociaux n'aillent pas au bout des temps, des opportunités qui leur sont offertes", a-t-il ajouté.

FRANÇOIS DE RUGY


Invité de LCI, le député LaREM de Loire-Atlantique a dénoncé "l'empêchement" auquel se livrerait notamment la France insoumise.

Urgent

CGT 


Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT en charge du dossier retraite annonce que le syndicat "n'ira plus à la conférence de financement". La numéro 2 du syndicat dénonce "un compromis impossible". 


Sur l'antenne de Radio Classique, elle explique que "la conférence de financement est morte." "On va organiser notre propre conférence, par ce que nous avons des propositions de financement très sérieuses. (...) Il n'y a pas de déficit des retraites, il y a une absence de financement." 


Des rendez-vous qui seront organiser "dans tous les territoires pour informer les citoyens du danger de ce projet et de l'alternative possible pour construire un autre projet de retraite." 


Une rencontre intersyndicale est prévue jeudi réunissant la CGT, Force ouvrière, FSU, Solidaires et des syndicats étudiants. 

MEDEF

Dans une interview aux Echos, le patron du Medef a, de son côté, prévenu le gouvernement : sans équilibre financier, il s'opposera à la réforme des retraites. "Pas demandeur d'un système universel", Geoffroy Roux de Bézieux voit d'un mauvais oeil les multiples nouveautés liés à ce système. Parmi lesquels on retrouve "la revalorisation des pensions sur le revenu moyen par tête", "les transferts financiers à venir"... et le financement global du futur système, alors que "l'hypothèse d'une croissance de la productivité à 1,3%", base des futures prévisions, "semble très optimiste". Encourageant le gouvernement à assumer une mesure d'âge, il alerte aussi sur le plafond de cotisations des cadres dans le régime de répartition et souhaite que ceux-ci soient réintégrés dans le régime Agirc-Arrco.


Dans le cocktail du Medef, on trouve donc : une mesure d'âge prenant en compte la ménibilité, combinée à une augmentation progressive du nombre d'années travaillées (43 ans) et une "pincée" d'aide en provenance du fonds de réserve des retraites.

BATAILLE DE MEMOIRE

Pendant ce temps-là, à l'Assemblée, le patron du PCF et député Fabien Roussel a vivement reproché aux marcheurs, parmi lesquels Olivier Véran et Stanislas Guérini, de s'approprier les mots d'Ambroise Croizat, père fondateur de la Sécurité sociale. "Vous insultez la mémoire des communistes", leur a-t-il reproché. "Vous êtes en même temps, vous auriez été beaux dans la Résistance, vous aurez été en même temps quoi ?" s'est-il même emporté, suscitant indignations et rappels au règlement en cascade.


Plus généralement, les débats n'ont pas abouti à grand chose, puisque, des 41.000 amendements à analyser, seuls une quarantaine ont été votés. A droite comme à gauche, on a notamment rappelé qu'il était vain de débattre alors que la conférence de financement était encore en cours.

REVENDICATION

"Si on veut faire de la justice sociale, l'agriculture doit être reconnue, nous avons besoin d'une revalorisation urgente sur les retraites, à hauteur de 85% du Smic" a dit Jérôme Despey, secrétaire-général de la FNSEA lors d'une conférence de presse mardi.


Alors que le revenu moyen des agriculteurs, toutes compétences confondues, est de 1390 euros par mois, il existe toutefois de fortes disparités. Les viticulteurs affichent un revenu moyen de 2790 euros quand les éleveurs d'ovins tirent la langue, à 620 euros en moyenne chaque mois. La question de leur pension de retraite demeure donc centrale au regard de la réforme à venir. 


D'autant que le gouvernement reste encore flou sur l'application de ce minimum contributif à 1000 euros. S'il est promis à tous ceux qui ont eu une carrière complète au Smic, Emmanuel Macron avait reconnu, devant les députés, qu'"il n'y avait pas d'argent" pour verser cette somme à tout le monde.

RÈGLES DU JEU


Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a fixé mardi le cadre du débat sur la réforme des retraites. Comme attendu, les députés siègeront ce week-end et une troisième semaine d'échanges a été ajoutée, jusqu'à la pause des travaux pour les municipales le 6 mars.


Alors que les élus LFI et PCF ont chacun déposé des séries d'amendements identiques, pour supprimer tel alinéa ou tel mot du texte notamment, un seul orateur s'exprimera au nom de son groupe, comme le prévoit le règlement interne de l'Assemblée. Cette règle ne s'appliquera pas aux autres groupes qui n'ont "pas de volonté manifeste d'obstruction", a souligné M. Ferrand.


Ainsi, il ne pourra y avoir qu'un gros millier de prises de parole sur les quelque 23.000 amendements LFI, a calculé un responsable d'opposition.


De plus, le nombre de suspensions sera limité à deux par séance publique et par groupe politique. Et les rappels au règlement devront avoir un motif précis, sinon ils seront refusés.


Enfin, lors de la discussion générale précédant l'examen de chacun des articles, il ne pourra y avoir qu'un orateur par groupe - deux sur les articles "particulièrement significatifs".

MOTION DE CENSURE : PAS D'UNION À GAUCHE


Mélenchon la veut, mais les socialistes refusent de suivre. Les députés PS ne veulent pas dans l'immédiat d'une motion de censure du gouvernement contre la réforme des retraites, a indiqué mardi leur présidente Valérie Rabault. "On a toujours dit: le débat d'abord. La constance déplaît peut-être à Jean-Luc Mélenchon, mais c'est notre ligne et elle le restera", a-t-elle déclaré à l'AFP.


Le patron des députés LFI a tweeté lundi que "faute des signatures des députés socialistes pourtant promises, la motion de censure ne peut être déposée".


Cela a fait bondir Mme Rabault, qui n'a "pas changé d'avis" et "n'est pas aux ordres de M. Mélenchon". "Une motion de censure, c'est à la fin d'un processus et mon groupe est unanime là-dessus", a-t-elle souligné, relevant qu'avec les insoumis, "sur le fond nous sommes d'accord mais n'avons pas la même stratégie".

LE 49-3, C'EST NON MAIS...


Le nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, n'exclut pas totalement le recours à la procédure du 49-3 pour adopter sans vote la réforme à l'Assemblée face à l'"obstruction parlementaire", mais précise que ce n'est pas encore "l'option envisagée".


"Je souhaite que nous ayons le débat au Parlement (...). Maintenant, vous avez face à nous une volonté d'obstruction parlementaire de la part d'une poignée de députés qui déposent 40.000 amendements", a-t-il déclaré mardi à l'antenne de France Inter


Pour l'ancien député LaREM et rapporteur du projet de loi organique sur les retraites, "alors qu'on pourrait avoir un débat de qualité, acter nos désaccords et aller au vote - c'est comme ça la démocratie -, nous avons une bataille qui est livrée pour nous empêcher de parler, de débattre, de dire. Ça ne me paraît pas sain en démocratie".


"Maintenant ils sont habilités à le faire, nous sommes habilités à utiliser tous les moyens pour adopter cette réforme des retraites", a-t-il poursuivi, en référence notamment au 49-3. 

GÉRARD COLLOMB


L'ancien ministre de l'Intérieur était l'invité d'Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI. Il revient notamment sur la réforme des retraites. 

Réforme des retraites : "Le gouvernement a du mal à rattraper cette erreur de départ", estime Gérard Collomb

GERARD COLLOMB


"On a voulu mêler deux réformes qui n’auraient jamais dû l’être : le vieillissement de la population et le financement du système. 


Pour Gérard Collomb, il s'agit d' "une erreur dans l’exécution" de la réforme. "Le gouvernement a du mal à rattraper cette erreur de départ." 

OLIVIER FAURE

"Votre âge d'équilibre conduira les carrières les plus pénibles à cotiser plus longtemps encore pour financer les retraites de ceux qui ont la plus grande espérance de vie et les pensions les plus élevées ?"

PARTI SOCIALISTE

Olivier Faure fustige le caractère universel de la réforme : "Les régimes spécifiques se substituent aux régimes spéciaux : les pilotes de ligne, les transporteurs ont droit à la mansuétude du pouvoir mais pas les conducteurs de bus ou de TGV. A croire qu'il faudrait mieux transporter des marchandises. [...] Vous nous dites que cette réforme est lisible. Mais selon que vous soyez à la retraite, nés avant 1975 ou après, que vous ayez un régime spécial, les dates de calcul seront encore différents. Et je passe sur la valeur d'achat du point."

RETRAITES

Comment mieux prendre en compte la parentalité dans le nouveau calcul des pensions ? Auparavant, l'ensemble se comptait en trimestres. Aujourd'hui, c'est en point. Le projet de loi, lui, ambitionne de mieux prendre en compte les suspensions de carrière liées aux grossesses. Toutefois, le partage des majorations (en trimestres avant, en points aujourd'hui), semble toujours, du moins en partie, relever de la libre répartition au sein du couple.

CONSEQUENCE

C'est l'une des conséquences les plus visibles de la grève entamée par les avocats, une des plus intenses que connait le mouvement social contre le projet de loi de réforme des retraites : les tribunaux fonctionnent au ralenti et de nombreuses affaires doivent être régulièrement reportés. Cela avait par exemple été le cas du procès du père Prénat, accusé de pédocriminalité. 

49-3 ?

Même si dans la majorité et l'exécutif, la ligne officielle est de ne pas vouloir utiliser le 49-3, une autre musique commence à monter : "Ce n'est pas l'objectif, mais on ne l'exclut pas si le débat est clairement impossible", ont confié certains marcheurs à l'AFP. 


Une hypothèse aussitôt battue en brèche par le patron des députés LR Damien Abad qui prévient la majorité : "Ce sera votre Waterloo politique". "Du délire", a estimé de son côté le patron de la CFDT Laurent Berger.


De leur côté, les rangs de la gauche de la gauche ont promis "une vie d'enfer" à la majorité, Jean-Luc Mélenchon assurant qu'il tiendrait "la tranchée" jusqu'à la "victoire" contre "la plus terrible régression sociale de toute la Ve République". Optimiste, dans la salle des Quatre colonnes, il estimait "que nous étions plus proches de la victoire aujourd'hui qu'il y a quelques semaines".

BATAILLE PARLEMENTAIRE

La demande de référendum déposée par le groupe communiste à l'Assemblée a été rejetée par les députés, ce lundi soir. 160 élus ont voté contre, et 70 pour. Parmi les signataires de cette motion référendaire, les élus PCF, PS, LFI, Libertés et Territoires et un LR.


"Acte rare, acte fort", selon les termes d'André Chassaigne, il était destiné à ce que le projet de loi de réforme des retraites soit soumis à référendum aux Français. "Bien sûr qu'on veut voir et savoir si les Français avalent vos bobards", avait lancé l'insoumis François Ruffin en soutien, quand le socialiste Olivier Faure voulait que "le peuple puisse trancher".


La majorité, elle, a rejeté sans surprise la motion : "Pourquoi un seul référendum et pas 41.000 pour chacun de vos amendements", a ironisé le LaRem Jean-René Cazeneuve. "Une obstruction", a de son côté critiqué la MoDem Nathalie Elimas.

CHAHUT

Comme en atteste cette journaliste du Parisien, les premiers pas ministériels d'Olivier Véran ont été quelques peu mouvementés, cet après-midi à l'Assemblée nationale.

DISSONANCE

Alors que la majorité et le gouvernement n'ont majoritairement jamais cessé de reprocher à la France insoumise, notamment, ses milliers d'amendements, la présidente de la commission spéciale a, elle, salué les temps d'échange qui s'y sont déroulés, rejetant le terme "d'obstruction parlementaire".

MELENCHON

Après avoir cru entendre Laurent Pietraszewski qualifier leur tactique parlementaire de "terroriste", le député insoumis a corrigé le tir... le secrétaire d'Etat aux retraites parlait en réalité de "tactique tayloriste", référence à cette organisation du travail consistant à faire répéter les mêmes tâches aux mêmes employés sur l'intégralité de leur temps de travail.

DÉTERMINÉ

Le patron du PS Olivier Faure n'entend surtout pas précipiter le débat.

CONFERENCE DE FINANCEMENT

En même temps que le texte arrive à l'Assemblée, la "conférence de financement" va démarrer ses travaux : organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) vont se retrouver pour débuter leurs travaux mardi et jeudi à 9h30 au ministère des Solidarités.


Charge à eux de trouver un moyen de financer le futur système des retraites, dont le déficit est attendu à "12 milliards d'euros par an en 2027". Le problème étant que ce diagnostic n'est pas partagé entre gouvernement, organisations patronales et syndicales. Les syndicats, et notamment la CFDT, jugent que ce sont les politiques de réduction des cotisations sociales qui sont à l'origine de ces prévisions. Et encouragent, comme la CGT ou d'autres organisations syndicales, à les augmenter pour augmenter les recettes. 


Un constat non partagé par le gouvernement et le patronat, qui ne veulent pas entendre parler de ce biais, dans lequel ils voient "une hausse du coût du travail", et défendent de ce point de vue un recul de l'âge de départ.

VERAN

Le successeur d'Agnès Buzyn est également revenu sur le minimum contributif, qui sera versé à "ces agriculteurs, ces artisans, ces commerçants" qui touchent "700 euros aujourd'hui. Cela les concernera-t-il tous, quels que soient leurs revenus ?

Infos précédentes

Malgré les appels du gouvernement, malgré la fatigue liée à la longueur du mouvement et à la reprise du travail observée dans les transports, points centraux de la mobilisation, la mobilisation contre la réforme des retraites entame jeudi 16 janvier son 43e jour, battant jour après des jours des records dans l'histoire moderne de la fronde sociale. 

Après une journée qui a vu se mobiliser les employés des ports, des métros, des trains, des raffineries et des avocats, la journée du 16 janvier s'annonce également suivis, avec une 6e journée de mobilisation, et notamment des manifestations à Paris, Lyon et Marseille. L'intersyndicale, composée notamment de la CGT, FO ou encore de l'Unef et de la CFE-CGC, a même appelé à "amplifié encore" le mouvement la semaine prochaine. Il y aura notamment des mobilisations les 22 et 23 janvier, mais surtout le 24 janvier, jour où le conseil des ministres doit examiner le projet de loi.

Dans le camp du gouvernement, on ne ménage pas sa peine pour désamplifier la mobilisation. Ainsi Edouard Philippe a-t-il jugé que le mouvement était "sans issue" et qu'il "n'avait que trop duré". Il a pour lui d'avoir su tendre la main aux syndicats réformistes, favorables à la réforme, en acceptant de retirer provisoirement l'âge-pivot de la réforme, sous réserve que les partenaires sociaux parviennent à se mettre d'accord sur une mesure permettant l'équilibre financier du système des retraites.  Insuffisant, en tout cas, pour infléchir les plus déterminés des grévistes. 

Voir aussi

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent