Ils ont donné plus de 1,5 million d'euros aux grévistes : qui sont les donateurs des cagnottes en ligne ?

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Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

SOLIDARITÉ – Près d'1,5 million d'euros ont d'ores et déjà été récoltés via les cagnottes lancées en ligne. Une marque de soutien aux grévistes exprimée par des Français aux profils variés qui, ainsi, ont trouvé un moyen de vivre la grève par procuration.

Les cagnottes en ligne lancées pour apporter un soutien aux grévistes qui se mobilisent depuis le 5 décembre font le plein. La plus importante, lancée par la branche Info'Com de la CGT, a déjà réuni plus de 1,5 million d'euros, versés par près de 23.000 donateurs. 

Quel est le profil de ces Français qui participent à ces cagnottes ? Quelles sont les raisons qui les poussent à donner ? Pour le savoir, LCI est allé à leur rencontre. 

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Eric a donné 1000 euros

Si le montant moyen des dons est de 65 euros, Éric a décidé de mettre une somme plus importante. Celui qui se définit comme "aisé mais pas riche" a décidé de verser 1.000 euros en soutien aux grévistes. "On brise ce que le Conseil de la Résistance a organisé", déplore cet enseignant en histoire dans le supérieur. À défaut de pouvoir faire grève efficacement sur le long terme, il pense avoir trouvé "une bonne manière de participer". 

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Cette cagnotte, Éric l'a découverte au gré de ses lectures en ligne. "La charte attachée expliquait que les sommes récoltées bénéficieraient aux salariés syndiqués, mais aussi à tous les autres grévistes", une précision à laquelle il a été sensible. Convaincu de l'intérêt de participer, mais pas forcément familier de ces pots communs organisés sur internet, cet habitant de Nantes a demandé conseil à sa fille avant de se lancer.

"Je veux maintenir ce système"

Psychologue dans le Morbihan, Franca avoue qu'elle "n'a pas eu le courage" de faire grève. En participant à la cagnotte, elle a trouvé une manière de soutenir celles et ceux qui restent mobilisés. Son compagnon, travailleur indépendant dans la restauration, souligne qu'il "travaille la nuit pour se rendre aux manifs le jour". Très attaché aux "avancées sociales", il estime qu'une participation est "super importante" : "Je veux maintenir ce système", clame-t-il.

Ce don, le couple en a même parlé durant le réveillon : "Nous voulions mettre 100 euros", racontent les deux Bretons, "mais finalement, en discutant avec la famille, nous avons récolté 50 euros de plus !" Tous deux espèrent qu'avec ces contributions, le mouvement, initié le 5 décembre, va continuer et ajoutent : "Même notre fille de 10 ans va donner !" Née en 2009, elle ne devrait connaître que les règles de fonctionnement du régime universel si les grévistes venaient à ne pas obtenir gain de cause.

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Les organisateurs de la cagnottes se réjouissent de la mobilisation

"Faire durer la grève le plus longtemps possible"

Dans le milieu de la culture aussi, des citoyens se mobilisent. Comédienne, Flora va être directement concernée par la réforme. La jeune femme de 29 ans a effectué "quelques recherches sur le net" pour en savoir plus sur les caisses de grève. La cagnotte, elle a décidé d'y contribuer à hauteur de 200 euros : "J'ai demandé à des proches qui faisaient grève combien cela allait leur coûter ce mois-ci, et j'ai mis une somme équivalente", indique-t-elle afin de fixer le montant de son don. 

Son statut et son emploi du temps du temps ne lui ont pas permis de faire grève, mais Flora tenait accomplir ce qu'elle qualifie de "devoir". Celles et ceux qui restent mobilisés "mettent en péril leur vie quotidienne", il lui a donc semblé logique de contribuer. "La vitalité politique que nous observons actuellement, la France n'en a pas connue de telle depuis longtemps", analyse la comédienne, pour qui "des mouvements aussi massifs mettent du baume au cœur".

Dans le public, dans le privé, même chez les retraités

Les messages laissés en ligne par les participants à la cagnotte témoignent de la diversité des donneurs. On retrouve ainsi de nombreux retraités, à l'instar de Christine : "J'ai quitté à 64 ans et 4 mois et j'ai subi une décote", glisse-t-elle, "battez-vous tenez-bon !", écrit cette ancienne infirmière hospitalière.

Thierry, un autre donateur, explique qu'il "participe aux grèves dans son entreprise du secteur privé". Il veut aider cette mobilisation : elle "est exemplaire" à ses yeux, "et surtout elle a du poids". Patrice, metteur en scène et directeur de théâtre, acquiesce, "de fissures en fissures", espère-t-il, "le mur va bien finir par s’effondrer".

Des parlementaires vont-ils eux aussi participer aux cagnottes ? C'est en tout cas le souhaite d'Éric Coquerel, le député de la France insoumise. Selon lui, "tout le monde doit participer à l’effort de grève pour exiger le retrait de la retraite par point", il a donc décidé de proposer à tous les parlementaires de l'opposition d'alimenter à leur tour une caisse de grève.

Le jour de Noël, le syndicat Info'Com-CGT a commencé à redistribuer l'argent de la cagnotte et a remis un chèque de 250.000 euros issus de sa caisse de grève aux salariés de la RATP. 

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