Renault : après avoir obtenu des garanties pour les salariés de Maubeuge, l'Etat va prêter 5 milliards d'euros

Manifestation de salariés de Renault à Maubeuge, le 30 mai 2020
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AIDE FINANCIÈRE - Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire devrait valider ce mardi le prêt garanti par l’État de 5 milliards d'euros pour aider le constructeur automobile Renault à traverser la crise du coronavirus.

Le constructeur automobile Renault va pouvoir renflouer sa trésorerie. Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire devrait en effet valider ce mardi 2 juin le prêt garanti par l’État de 5 milliards d'euros pour aider la société à traverser la crise du coronavirus.

Selon l'AFP, le gouvernement, qui avait conditionné sa signature aux garanties qu'il réclamait pour l'avenir des salariés de l'usine de Maubeuge (Nord), inquiets d'un projet de fusion avec le site de Douai, à 70 km de distance, estime en effet les avoir obtenues.  

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A côté de ce prêt de cinq milliards d'euros, le ministre "a demandé à ce que s'ouvre immédiatement un dialogue social et technique, pour mettre au point un projet industriel d'avenir (...) qui devra garantir à long terme, au-delà de 2023, l'emploi et le niveau d'activité industrielle sur le site de Maubeuge et son territoire",  a ajouté Bercy à l'issue d'une réunion avec des élus, représentants des salariés et la direction de l'entreprise. 

Pour rappel, dans le cadre d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros, le groupe Renault envisage de transférer la production des utilitaires électriques Kangoo de Maubeuge vers Douai. "Aucune décision ne sera prise sur des transferts d'activité tant qu'un tel projet d'avenir n'aura pas l'accord des parties", a indiqué le ministère. Des discussions "débuteront la semaine prochaine entre les représentants des salariés et la direction de Renault, ainsi que les représentants du territoire". Une nouvelle réunion sur le sujet, présidée par Bruno Le Maire, "aura lieu en septembre pour faire le point".

Bertrand satisfait

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Cette  décision a été saluée par Xavier Bertrand,  le président des Hauts-de-France. L'activité et l'emploi sur le site MCA, filiale de Renault à Maubeuge (Nord), seront maintenus "au-delà de 2023", a-t-il estimé l'AFP. "Le ministre (de l'Economie) a bien compris la détermination de tout le monde et clairement entendu le message : pas de fermeture de MCA et MCA ne devient pas une coquille vide", a-t-il martelé, en disant rester toutefois vigilant sur les modalités de l'engagement du constructeur automobile.

"On ne pouvait pas rester avec une épée de Damoclès pendant un an. Mais cela ne nous suffit pas encore : il faut maintenant rentrer dans le détail de comment on maintient l'emploi au delà de 2023. Il faut qu'on ait un maximum de visibilité, au moins sur les années 2020/2030", a-t-il ajouté, évoquant des échanges "fermes, parfois rugueux". "Les salariés ont fait leurs preuves, c'est maintenant à l'Etat de faire ses preuves et de respecter ses engagements", a-t-il encore affirmé.

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