Retraites : application pour la génération 1975, âge-pivot à 64 ans... ce que devrait annoncer Philippe

Retraites : application pour la génération 1975, âge-pivot à 64 ans... ce que devrait annoncer Philippe
Social

POLITIQUE - Au lendemain d'une mobilisation qui a rassemblé entre 339.000 et 885.000 personnes dans les rues de France, ce mardi, contre la réforme des retraites, le Premier ministre doit dévoiler mercredi les arbitrages du gouvernement. Quelles annonces pourrait-il annoncer pour essayer de calmer la grogne sociale ? Éléments de réponse.

La prise de parole d'Edouard Philippe est plus qu'attendue. Le Premier ministre doit présenter mercredi 11 décembre à la mi-journée "l'architecture générale" de la réforme des retraites. Un grand oral lors duquel il va dévoiler les arbitrages de l'exécutif, alors qu'entre 339.000 - selon l'Intérieur - et 885.000 personnes - selon la CGT - ont une nouvelle fois battu le pavé pour exprimer leur opposition à ce projet. 

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Le chef du gouvernement a d'ores et déjà prévenu les députés de la majorité : il ne fera pas "d’annonces magiques" qui puissent faire "cesser les manifestations" et "les questions" des Français. "Ce n'est pas parce que je fais un discours que les manifestations vont cesser", a déclaré Edouard Philippe. "Ce discours va même susciter de nouvelles questions. Et c'est normal. Il y aura des questions et il y aura des débats dans l'hémicycle sur des sujets légitimes."

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De la génération 1963 à la génération 1975

Le gouvernement devrait tout de même faire quelques gestes en direction des manifestants, et notamment des bénéficiaires des régimes spéciaux. La première, évoquée depuis plusieurs jours déjà, devrait concerner la première génération à entrer dans le nouveau système. Alors que celle de l'année 1963 a longtemps été envisagée, c'est désormais l'année de naissance 1975 qui est privilégiée. Ce qui repousserait l'entrée en vigueur de la réforme à 2037. Pour les bénéficiaires des régimes spéciaux, la bascule pourrait être à la génération 1985. 

Les mesures paramétriques, destinées à résorber dès l'an prochain le déficit du système de retraite pourraient être repoussées à 2021. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'y est montré favorable. "On pourrait ouvrir les discussions avec les syndicats sur les modalités d’équilibre, et se donner comme échéance le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2021", a avancé auprès du Monde l’entourage de Bruno Le Maire.

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Le Journal du Dimanche indique également que "les seuils et critères de pénibilité dans le calcul des pensions pourraient être étendus, particulièrement dans la fonction publique" et qu'"un geste devrait être également fait en direction des hauts salaires, ceux qui dépassent 120.000 euros et qui cotiseraient pour un régime dont ils ne bénéficieraient pas".

Travailler plus longtemps

Enfin, lors des questions au gouvernement ce mercredi à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a confirmé que la conviction du gouvernement était d'augmenter la durée du travail pour que le système des retraites fonctionne et soit pérenne. Il devrait ainsi préciser si cela passera par l'âge pivot. Celui-ci devrait être établi à 64 ans. De quoi continuer à se mettre à dos la CFDT, syndicat réformiste dont l'appui est indispensable pour faire passer la réforme et qui ne veut pas entendre parler de cette mesure paramétrique.

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Ce mardi soir, alors que toutes les décisions n'ont pas encore été tranchées par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, l'entourage du Premier ministre a fait savoir à LCI que tout le monde ne serait pas traité de la même manière. "Il y aura forcément du sur-mesure. Par définition, il y a déjà 42 régimes différents donc les régimes particuliers existent et les avocats ne peuvent pas être traités tout à fait comme les cheminots.(...) Mais attention, on ne peut pas faire la clause du grand-père pour la SNCF et le contraire pour le privé, il faut quand même de la cohérence et de l’équité", indique-t-on à Matignon, qui précise également que toutes les problématiques (âge pivot, garanties de la valeur du point, pénibilité...) seront évoquées, mais "à des degrés plus ou moins précis". 

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