Retraites : fin de la grève, trêve de Noël ou durcissement du conflit ? Les trois scénarios d'une semaine décisive

Retraites : fin de la grève, trêve de Noël ou durcissement du conflit ? Les trois scénarios d'une semaine décisive
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SOCIAL - A quelques jours des fêtes de Noël, le gouvernement et les syndicats campent sur leurs positions. Une nouvelle journée de manifestations, mardi 17 décembre, devrait permettre aux grévistes de se compter. Et peser - ou non - dans les négociations qui se poursuivent avec Matignon. A l'issue : la fin de la grève, une trêve ou un durcissement du conflit.

Une semaine décisive pour mettre fin, ou non, à la grève avant les fêtes de fin d'année. Après onze jours de grève dans les transports, l'ensemble des syndicats appelle à se mobiliser ce mardi 17 décembre dans la rue pour tenter de faire fléchir le gouvernement. Celui-ci joue gros, entre sa volonté de maintenir sa réforme des retraites et sauver les déplacements durant les fêtes de Noël, menacées par une absence de trains.

A quelques heures d'une nouvelle journée de manifestations, les deux camps semblent irréconciliables. De plus en plus inquiet de ne pas voir assez de trains circuler à Noël, le chef du gouvernement a sévèrement critiqué dans Le Parisien dimanche les grévistes. "Noël c'est un moment important. Il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment", déclare-t-il. "Qui peut comprendre que, pendant les fêtes de Noël, pour essayer de se faire entendre, on va bloquer celles et ceux qui veulent passer ces moments familiaux ? Moi, cette idée m'est insupportable, je crois comme (pour) beaucoup de Français", a renchéri dimanche sur franceinfo le ministre du Logement Julien Denormandie.

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"Le gouvernement doit accepter de retirer l'âge d'équilibre"

Les cheminots grévistes, eux, ont déjà annoncé qu'ils n'envisageaient pas de "trêve" pour les fêtes de fin d'année. "Si le gouvernement veut que le conflit cesse avant les fêtes, il a toute la semaine prochaine pour prendre la décision de bon sens qui s'impose : le retrait de la réforme par points", a déclaré samedi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, leader des représentants salariés dans le rail.

Quelle est la marge de manœuvre du gouvernement ? "La porte est ouverte", n'ont cessé de répéter les ministres d'Edouard Philippe ce dimanche. Si un retrait de la réforme semble peu probable, des aménagements pourraient être trouvés. C'est en tout cas la volonté de Laurent Berger : le patron de la CFDT a esquissé une piste ce dimanche dans le JDD : "C'est très simple : pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer l'âge d'équilibre. Un point, c'est tout". 

Selon Laurent Berger, un "rendez-vous en janvier" pourrait être calé avec le gouvernement, afin d'obtenir gain de cause, après la manifestation de mardi. En attendant, le patron de la CFDT, qui se dit soucieux qu'il n'y ait "pas de blocage des transports à Noël", laisse entendre qu'il accepterait l'invitation de Matignon à une nouvelle concertation mais sans préciser de date. "L'âge pivot n'est pas un totem", a commencé à reculer Jean-Michel Blanquer, sur LCI. Une manière de sous-entendre que CFDT et gouvernement pourraient trouver un terrain d'entente... Le tout est à prendre avec des pincettes : d'abord parce que la CFDT et les autres syndicats favorables au système par points ont de nombreuses revendications à défendre sur la prise en compte de la pénibilité et le niveau du minimum retraite. Ensuite parce que rien ne se fera avant la grande manifestation de mardi.

Manifestation entre République et Nation, des secteurs interdits aux Gilets jaunes

Car la journée du 17 décembre s'annonce décisive. Cheminots, étudiants, employés de la fonction publique, professions de santé, avocats, magistrats, enseignants sont attendus dans la rue à l'appel de l'ensemble des syndicats. Des rassemblements sont attendus un peu partout en France. A Paris, le cortège doit s'élancer de la place de la République, direction la place de la Nation en passant par Bastille. La préfecture, inquiète d'assister à de nouveaux heurts, a d'ores et déjà prévenu les riverains, demandant de déplacer les véhicules. Les commerçants, eux, vont devoir baisser leur rideau comme ce fut le cas lors de la grande manifestation du 5 décembre et celle du 10 décembre. Un coup dur, à une semaine de Noël.

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La réforme des retraites d'Emmanuel Macron

Quant aux Gilets jaunes, qi s'étaient joints à la manifestation du 5 décembre dernier, ils seront une nouvelle fois interdits de rassemblement dans le secteur des Champs-Elysées. 

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