VIDÉO - "J'ai eu très peur" : ciblés après de fausses rumeurs de rapts, les Roms entre colère et inquiétude

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"CHASSE AUX ROMS" - La rumeur d'enlèvement de mineurs par des Roms a été partagé par milliers sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, menant à de véritables vendettas contre cette communauté dans certaines villes d'Ile-de-France. Alors que des familles sont terrifiées, la porte-parole de l'association La voix des Roms demande à l'Etat de réagir.

"J'ai eu très peur et mes parents aussi", témoigne Rahela Constantin pour  LCI. Cette jeune femme habitant en France fait partie de la communauté Rom, cible de nombreuses violences depuis deux semaines. Suite à une folle rumeur d'enlèvements d'enfants qui s'est diffusée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, plusieurs Roms ont été agressés, lynchés en pleine rue. Les autorités - qui publient pourtant des démentis expliquant qu'aucun cas de rapt n'a été recensé - n'arrivent pas à se faire entendre. Pourtant, selon Anina Ciuciu, porte-parole de l'association La voix des Roms sur le plateau du "Grand décryptage" de LCI, l'Etat a tous les outils pénaux pour condamner les responsables.

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En cause notamment, des vidéos montrant des camionnettes, avec des plaques d'immatriculation roumaines bien lisibles, et dont les propriétaires sont accusés sans aucune preuve sur les réseaux sociaux d'avoir tenté d'enlever des mineurs. Ces images ont circulé sur Facebook, Twitter, Snapchat et autres, incitant à une véritable chasse à l'homme. Des groupes se sont ensuite rassemblés dans différents endroits d'Ile-de-France pour retrouver les "suspects" et se venger. Lynchages, attaques de campements, des actes violents envers des Roms se sont produits à Aubervilliers, Bobigny, Bondy, Colombes ou Clichy-sous-Bois. Rahela Constantin confie : "[Mes parents] ont eu peur de sortir, d'aller chercher à manger ou chercher autre chose, parce qu'on a tous des numéros d'immatriculation de Roumanie, et qu'on a eu peur d'utiliser les camions."

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"Chasse aux Roms" : "j'ai eu très peur", raconte une témoin

Des inquiétudes fondées, puisque même l'intervention de l'Etat ne change rien à la situation. Sur les réseaux, les vidéos continuent de tourner malgré les communiqués des préfectures appelant au calme. "Il n'y a pas de cas d'enlèvement de mineurs", a confirmé à LCI une source proche de l'enquête.

"Ce n'est pas possible que cela arrive, des choses comme ça", estime Liliana Hristache, présidente de l'association Rom Réussite interviewée par LCI. "Juste à cause d'une rumeur, alors qu'il y a eu plein d'informations claires et précises là-dessus : il n'y a pas eu de kidnapping", s'indigne-t-elle. "Nous demandons une prise de responsabilité politique et une sécurisation de la situation".

"C'est une rumeur et il est grand temps d'en finir avec ça"- Anina Ciuciu, porte-parole de l'association La voix des Roms

Sur le plateau de LCI, Anina Ciuciu, porte-parole de l'association La voix des Roms est revenue sur le racisme permanent subi par les Roms. "En réalité c'est un stéréotype très ancien et profondément ancré dans le subconscient collectif : 'le Rom voleur d'enfants'", explique-t-elle. "Ce n'est pas nouveau, ça fait appel aux peurs les plus profondes des gens, c'est pour ça que ça donne lieu à des réactions extrêmement violentes et graves qui n'ont pas lieu d'être. Mais c'est une rumeur fausse et je pense qu'il est grand temps d'en finir avec ça".

Anina Ciuciu rappelle gravement qu'en ce moment, "des hommes, des femmes et des enfants sont menacés dans leur vie et leur intégrité". Mais selon elle, "en dehors de la crise qu’on traverse actuellement et qui nécessite une réponse immédiate de protection, (...) nous devons réfléchir plus longuement sur les dysfonctionnements dans notre société qui permettent que cela puisse avoir lieu".

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Enfin, la porte-parole estime que "les autorités publiques ne sont pas démunies, des sanctions pénales existes pour punir les actes qui ont été commis". Les actes, ce sont les agressions mais aussi l'activité sur les réseaux sociaux, de la part de ceux qui ont participé à massivement partager "des appels au meurtre".  Regrettant amèrement l'absence de déclarations de la part du gouvernement malgré la gravité de la chose, Anina Ciuciu espère encore "qu’il y aura une réaction de l’Etat".

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