Saint-Saulve : quel avenir pour l’aciérie Ascoval et ses 281 salariés ?

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EMPLOI - Alors que les salariés d’Ascoval redoutent toujours la fermeture de l’aciérie, une réunion se tient ce vendredi à Bercy pour tenter de trouver un accord entre Vallourec et Altifort pour la reprise du site.

L’avenir des 281 salariés d'Ascoval, située à Saint-Saulve, dans le Nord, reste plus que jamais incertain ce vendredi. Mercredi 24 octobre, le tribunal de Strasbourg a accordé un sursis de deux semaines à l'aciérie, actuellement placée en redressement judiciaire. La chambre commerciale du tribunal s’est en effet accordé un délai de deux semaines pour statuer sur le sort, alors que l'entreprise est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Ascq Industries.


Créée en 1975 par Vallourec, l'aciérie de Saint-Saulve, spécialisée dans les aciers spéciaux, est devenue Ascoval en 2017. Vallourec, dont l'État est actionnaire à 17%, en a cédé 60% au groupe Ascq Industries, en conservant 40% avec des engagements de commandes. Or, depuis la liquidation judiciaire de son actionnaire principal, Ascoval peine à trouver un repreneur. 

Un répit de deux semaines, mais après ?

Le délai accordé par le tribunal de Strasbourg doit permettre à la fois de valider l'offre de reprise formulée par le groupe franco-belge Altifort et de trouver un accord avec Vallourec. Basé dans la Somme, Altifort a présenté une "offre ferme" de reprise, s'engageant à maintenir l'ensemble des emplois et à en créer des nouveaux. En contrepartie, l’entreprise demande à Vallourec de maintenir pendant un an et demi son niveau actuel de commandes. Sauf que Vallourec a refusé en début de semaine cette requête, la jugeant "contraire à la préservation (de ses) intérêts", ce qui n’a pas manqué de susciter la colère des syndicats. 


Depuis, l’Etat est monté au créneau afin d’éviter la fermeture du site. Ce mercredi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit "prêt à ce que l'État mette un euro d'investissement sur Ascoval, dès lors qu'un euro d'investissement privé aura été trouvé pour un projet qui soit durable". Si cette promesse a quelque peu redonné de l’espoir aux salariés de l’aciérie, ils ont été refroidis dès le lendemain par la volonté du gouvernement d’effectuer une évaluation indépendante de la situation économique du site.


Le cabinet Roland Berger a en effet été mandaté jeudi 25 octobre pour réaliser ce travail. Selon une source proche du dossier, cette décision vise à donner au gouvernement un autre point de vue que les études présentées par les syndicats, dressant le portrait d'un site en bonne santé et crédibilisant donc le projet d'Altifort.

"Le gouvernement réagit dans la panique"

De leur côté, les syndicats jugent l'initiative du gouvernement bien trop tardive "à quelques jours de la mort d'un site", selon les mots de Bruno Kopczynski, porte-parole de l'intersyndicale, pour qui "le gouvernement réagit dans la panique". Dans l’attente de savoir de quoi sera fait leur avenir, les 281 salariés d’Ascoval, ont bloqué ce vendredi à Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge, toutes les entrées de production du site de Vallourec, afin de faire pression sur son actionnaire mais aussi sur le gouvernement qui réunissait ce vendredi à Bercy les acteurs du dossier.


Avant cette réunion, la secrétaire d'État Agnès Pannier-Runacher a réaffirmé la volonté du gouvernement de trouver un accord avec Altifort. Mais "c'est un projet que l'on doit examiner pour être sûrs que la solution est pérenne", a-t-elle expliqué. "On ne peut pas revenir devant les salariés dans un an en leur disant finalement que ça n'a pas marché". A l'issue de cette réunion, elle  fait savoir dans un communiqué qu'"Altifort va compléter son plan d’affaires sur les volets industriel, commercial et financier".

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