Salon de l'agriculture : que valent les vins médaillés ?

Salon de l'agriculture : que valent les vins médaillés ?

INTERVIEW - Décernées lors du Salon de l'agriculture, qui se tient cette année du 25 février au 5 mars, les médailles du Concours général agricole récompensent notamment les vins. En parallèle, une centaine de concours vinicoles donnent lieu tout au long de l'année à des distinctions qui peuvent être apposées sur les bouteilles. Sont-elles un gage de qualité ? Le sommelier Emmanuel Delmas nous répond.

La finale du Concours général agricole des vins  se tient chaque année au Salon de l'agriculture de Paris. Pour l'édition 2017 (programmée du 25 février au 5 mars), 16.338 vins, toutes appellations confondues, y seront jugés d'abord lors des pré-sélections en régions puis lors des finales à Paris. Si la proportion de récompenses reste la même que l'an dernier, un quart d'entre eux auront droit à une médaille (contenant une feuille de chêne) de couleur or, argent ou bronze. 

De leur côté, les concours vinicoles sont encadrés par la loi (arrêté du 13 février 2013). Actuellement, près de 120 manifestations (parmi tant d'autres Concours des Grands vins de France à Mâcon, Concours international de Lyon, Concours de Bordeaux-Vins d’Aquitaine) peuvent donner lieu à des médailles. Elles pourront, elle aussi, figurer sur les bouteilles. 

Ces distinctions sont-elles une garantie de qualité ? Emmanuel Delmas, sommelier et consultant en vins, a lui-même participé à certaines de ces manifestations. Il explique à LCI que ces médailles ne sont pas toujours pertinentes. 

LCI : Que valent les médailles décernées à certaines bouteilles, aussi bien lors du Salon de l'agriculture que sur les autres manifestations ?

Emmanuel Delmas : Tout dépend de ce que cherche le consommateur. Ces distinctions sont rassurantes pour quelqu'un qui ne s'y connaît pas et veut aller au plus simple. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver des grands vins mais plutôt des produits consensuels, manquant souvent de caractère, susceptibles de plaire au plus grand nombre.

LCI : Qui participe à ces concours ?

Emmanuel Delmas : Généralement, ces concours attirent les vignerons qui produisent d'importants volumes à écouler. A l'opposé, les très bons vins n'ont pas besoin de ce genre de publicité car ils se vendent tout seul. S'inscrire coûte cher, de l'ordre de 40 à 70 euros hors taxe par bouteille présentée. Cela fait miroiter au vigneron que son vin se vendra mieux. Mais c'est surtout à l'organisateur que ça rapporte ! Cela explique le nombre faramineux de concours.

Peu de professionnels dans les jurys

LCI : Qui évalue les vins ?

Emmanuel Delmas : La plupart du temps, le jury est très ouvert. Il peut se composer d'amateurs éclairés, des blogueurs en cuisine par exemple, et d'amateurs peu avertis, plus rarement de professionnels. Il est rare que ces amateurs connaissent bien l'identité du terroir. Or c'est essentiel pour évaluer un vin. Un problème qui s'explique par le fait que les dégustateurs ne sont pas payés, à quelques exceptions près, comme le Concours mondial de Bruxelles notamment. Du coup, à moins d'avoir du temps libre, les professionnels ne prennent pas part à ces manifestations. Ce qui fait baisser la qualité du jury.

LCI : Un conseil pour acheter du vin quand on n'a pas de repères ?

Emmanuel Delmas : Acheter du vin, c'est une démarche. Il convient de prendre conseil chez un caviste de proximité (en évitant les chaînes). A partir de 5 ou 6 euros, vous aurez de quoi vous faire plaisir. En revanche, à 3,50 euros au supermarché, même avec une médaille, il ne faut pas s'attendre à des miracles.

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Salon de l’Agriculture : à quoi sert une médaille du Concours Général Agricole ?

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ARCHIVES 2016 - Concours général agricole du Salon de l'agriculture : un gage d'excellence?

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