Sans abri : 14.000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires cet hiver

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HIVER - Pour mettre à l'abri les SDF cet hiver, l'Etat prévoit de créer 14.000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires, en plus des 146.000 déjà existantes. Un dispositif très en deçà des besoins, selon les associations.

Un plan d'urgence pour une situation d'urgence. Ce mercredi 30 octobre sur France Info, Julien Denormandie, ministre du logement a annoncé que 14.000 places d'hébergement d'urgence allaient être créées, pour mettre les SDF à l'abri. Ces places se rajoutent ainsi que 146.000 places existantes tout au long de l'année. 

Cette dizaine de milliers de places seront mobilisables entre le 1er novembre, début de la trêve hivernale, et le 31 mars prochain. Un dispositif d'ampleur similaire à celui de l'an dernier, qui doit atteindre son plein régime en cas de grand froid. Parmi ces 14.000 places ,7.000 seront installées en Île de Fance, région la plus touchée. 

Un dispositif "insuffisant par rapport à l'étendue des besoins"

Autre mise en place pour cet hiver, le déblocage de cinq millions d'euros pour les associations qui maraudent et quatre millions d'euros pour "améliorer les accueils de jour", précise le ministère du Logement. Le but est d'aller vers les très grands exclus de la société : ces sans-abri qui ont renoncé à faire appel au 115 pour demander un hébergement et qui sont parmi les plus exposés. Face à l'urgence, le ministère insiste sur la "priorité donnée aux familles, aux femmes et aux enfants", qui ne doivent pas rester à la rue. 

Une pratique qui viole le principe d'inconditionnalité de l'accueil, mais déjà à l'oeuvre, selon certaines remontées des travailleurs sociaux, qui dénoncent également une situation "critique" dans de nombreuses villes avec des numéros d'appel d'urgence débordés. A Paris, avant l'hiver, 1.600 personnes appellent chaque jour le 115 sans obtenir de solution, soit trois fois plus qu'il y a quatre ans. Les hôtels sociaux, censés pallier les manques des centres d'hébergement d'urgence, sont saturés, explique le collectif des associations unies.

"Par rapport à l'étendue des besoins, il y a de fortes chances que beaucoup de personnes restent à la rue cet hiver", estime auprès de l'AFP Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre et porte-parole du Collectif des associations unies (CAU). A noter que durant la trêve hivernale, les locataires en difficulté ne peuvent pas être expulsés de leur logement, sauf exception. Malgré les cinq mois de répit à venir, les expulsions locatives atteignent chaque année de nouveaux records.

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