Ségur de la Santé : un projet d'accord pour une augmentation de 180 euros mensuels net pour les soignants

Depuis le début de l'épidémie, les infirmiers et aides-soignants sont en première ligne. Leurs salaires vont bientôt augmenter de 180 euros nets mensuels. En plus des personnels hospitaliers, 130 métiers sont également concernés au total.
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PROJET D'ACCORD - Un projet d'accord sur une hausse "au minimum" de 180 euros net mensuels, pour les personnels hospitaliers du secteur public a été trouvé après des semaines de négociations tendues. Elle devrait se faire en deux temps. Reste maintenant à le valider.

Des négociations laborieuses mais elles ont, semble-t-il, avancé. Selon l'AFP, un projet d'accord sur une hausse "au minimum" de 180 euros mensuels net pour les soignants du secteur public, hors médecins qui bénéficient d'une négociation à part, a été trouvé, indique une source à l'AFP. Reste désormais à valider ce projet d'accord. 

Cet accord, présenté aux syndicats dans la nuit de mercredi à jeudi, au terme d'une ultime négociation marathon, prévoit une hausse de salaire en deux temps, avec une première revalorisation de 90 euros net en septembre et une seconde de 90 euros net en mars, a précisé l'une de ces sources.

Hausse de salaire, refonte des grilles et 15.000 emplois à la clé

L'ensemble des salariés paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et non médicaux (techniciens, brancardiers, etc.) des hôpitaux et des Ehpad publics sont concernés par cette mesure, à l'exception des médecins hospitaliers, qui font l'objet de négociations séparées. Le protocole d'accord, dont la version définitive doit être envoyée jeudi midi aux syndicats, prévoit également une refonte des grilles, c'est à dire des salaires prévus selon le déroulé des carrières, pour certains métiers soignants et médico-techniques, ont précisé ces sources à l'AFP. 

Comme annoncé mardi, il comprend également un volet sur l'emploi, avec 15.000 embauches dans les établissements publics, dont la moitié correspondent à des créations de postes et l'autre moitié à des recrutements de personnels qui n'étaient jusque-là pas pourvus. Ce projet de protocole d'accord "conduit en l'état à une revalorisation significative des métiers hospitaliers", a réagi auprès de l'AFP Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF), évoquant "une occasion à saisir".

Ces négociations dans le cadre du Ségur de la Santé se sont poursuivies toute la semaine, avec notamment, les annonces de Jean Castex, sa présence surprise, mardi dernier, à la table des négociations, et une enveloppe rallongée de 1,1 milliard d'euros, portant à 7,5 milliards l'enveloppe proposée pour le secteur. "Un effort considérable", a estimé le Premier ministre. Ces hausses de salaire constituent le principal point d'achoppement entre les deux parties avec d'un côté, les syndicats qui ont maintenu la pression toute la semaine et de l'autre, un gouvernement qui a souhaité avancer très rapidement sur ce dossier, pour le boucler dans les prochaines heures. 

Les syndicats, qui réclamaient initialement une hausse mensuelle de 300 euros pour l'ensemble des personnels du secteur public, devront se prononcer dans les prochains jours sur cet accord, dont le montant global atteint 7,5 milliards d'euros. Pour les médecins, ui bénéficient d'une négociation à part, aucun projet d'accord n'a en revanche été présenté à ce stade, les discussions menées mercredi avec les syndicats de praticiens hospitaliers demeurent bloquées faute d'avancée sur l'enveloppe promise par le gouvernement, selon les sources syndicales.

La semaine dernière, Olivier Véran avait proposé une enveloppe de 600 millions d'euros pour leurs rémunérations, dont 400 millions pour les médecins et 200 millions pour les internes et étudiants. Les syndicats espéraient une rallonge pour financer de nouveaux échelons en fin de carrière et une hausse des indemnités de gardes et astreintes.  Dans ce contexte, la principale organisation d'internes en médecine, l'Isni, a déposé un préavis de grève pour ce jeudi 9 juillet et prévoit plusieurs rassemblements, dont un à 15H00 devant le ministère de la Santé.

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Les syndicats ont maintenu la pression, toute la semaine

Toute la semaine les négociations ont eu lieu, avec des syndicats qui ont donc maintenu une pression constante sur l'enveloppe et les moyens alloués à ce projet. Ce mardi, le montant prévu pour cette augmentation générale avait été arrêté à 165 euros par mois, selon plusieurs participants au "Ségur". Un niveau toujours insuffisant aux yeux des syndicats, qui réclamaient un chiffre plus proche des 300 euros net revendiqués de longue date à l'hôpital public. 

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Sur France 2, le patron de la CFDT Laurent Berger a reconnu qu'un "effort" avait été fait, tout en disant espérer monter à huit milliards pour obtenir une hausse de salaire "qui aille au-delà de 200 euros pour les soignants, et qui se rapproche de 200 euros pour les non soignants". "Le nœud du problème, c'est de savoir exactement ce qui concerne spécifiquement le secteur public", et plus largement "le secteur privé", a expliqué à l'AFP Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF).  

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