Des steaks hachés frauduleux fournis à des associations : "Visiblement, les contrôles sont très largement insuffisants"

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INTERVIEW - Des steaks hachés de très mauvaise qualité ont été fournis en France à des associations d'aide aux plus démunis. Un scandale de plus, selon l'UFC- Que choisir.

De l'amidon, du soja et de l'excès de gras à la place du muscle de bœuf : des steaks hachés de très mauvaise qualité ont été fournis en France à des associations d'aide aux plus démunis, ont confirmé ce vendredi les autorités. Une "tromperie" qui, si elle ne présente pas de risque pour la santé, croule sous les critiques. Notamment celles de l'UFC - Que Choisir. LCI a interrogé Olivier Andrault, chargé de mission alimentation.

LCI : Comment se fait-il que ces produits ne soient pas contrôlés entre leur départ de Pologne et leur arrivée entre les mains des associations ?

Olivier Andrault : Ce scandale supplémentaire révèle les défauts qu'il y a au niveau des obligations des opérateurs, les professionnels comme les Etats. En théorie, en vertu d'une réglementation européenne - plutôt bien faite par ailleurs -, ils sont censés faire des contrôles sur la marchandise qui leur arrive, mais aussi des audits de leurs fournisseurs. Et là, visiblement, ces contrôles sont très largement insuffisants. Si l'importateur français n'est pas celui qui est à l'origine de cette fraude, puisqu'elle a été réalisée par son producteur, on peut au moins lui reprocher de ne pas avoir réalisé de contrôles sur son fournisseur.


Le Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est-elle incriminable ?

Les effectifs de la DGCCRF n'ont pas cessé de fondre ces dernières années. Alors que, parallèlement, les échanges intracommunautaires ou extracommunautaires n'ont cessé d'augmenter. On marche sur la tête. Ce n'est pas seulement l'avis de l'UFC-Que Choisir : la Cour des Comptes, dans son rapport de février dernier, a estimé que, dès lors qu'il y a moins de contrôleurs, il y a moins de contrôles. Entre 2013 et 2017, il y a eu 20% de contrôles en moins sur l'ensemble de la chaîne sanitaire. Il y a des trous dans la raquette, que ce soit pour les professionnels ou les autorités. 


La traçabilité des produits est-elle défaillante ?

Il y a de multiples problèmes. Le texte européen définissant tout ce qui devrait être fait est très correct. Mais c'est dans son application qu'il y a des problèmes. Notamment la complexité des procédés d'approvisionnements : il y a une très grande diversité dans l'agroalimentaire. Souvenons-nous du scandale de la  viande de cheval : d'une semaine sur l'autre, un fabricant n'a pas forcément les mêmes fournisseurs. Dans ces conditions, comment peut-on s'assurer de la fiabilité de son producteur ? 

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