Suicide de Christine Renon : 75% des directeurs d'école submergés par les tâches administratives

TÉMOIGNAGE – Laurence était devenue directrice d’école dans l’Hérault par passion. Elle raconte la pression infernale de ce métier en première ligne auprès des enfants et le burn out qu’elle croyait impossible.
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ÉDUCATION NATIONALE - Une enquête a révélé la surchage administrative subie par les directeurs d'école. Ces derniers dénoncent le stress, la fatigue, et le nombre de tâches administratives. Un directeur sur deux est favorable à la mise en place d'une aide.

Les directeurs d'école dénoncent la surcharge administrative. Leurs pistes de réflexion ? Alléger les tâches et leur apporter un accompagnement humain. Près de 30 000 directrices et directeurs d'école ont répondu du 13 novembre au 1er décembre à cette consultation en ligne, soit 64% de la profession. Cette enquête a été lancée par le ministère de l'Education nationale après le suicide sur son lieu de travail à Pantin, en Seine-Saint-Denis, de Christine Renon, qui avait dénoncé dans une lettre ses conditions de travail, avec l'objectif d'établir un état des lieux sur leurs conditions d'exercice et leurs besoins.     

Les résultats montrent la perception qu'ont les directeurs de leur métier : pour 25% d'entre eux, il se caractérise par une grande polyvalence. Ils sont aussi 10% à le trouver "chronophage" et à évoquer du stress et de la fatigue. Les directeurs assurent aussi investir trop de temps sur des tâches administratives, qu'ils ne considèrent pas comme le cœur de leur métier à  savoir le suivi pédagogique.

Mieux répartir les tâches ?

Interrogés sur leurs besoins, ils sont 52% à souhaiter un appui pour gérer les accès à l'école en dehors des heures d'entrée et de sortie, et 48% à vouloir une aide pour traiter les messages téléphoniques. Quand on leur demande spontanément d'exprimer des pistes d'amélioration, 35% d'entre eux expriment le besoin d'une aide humaine pour la gestion des tâches administratives. Ils souhaiteraient globalement un allègement de tâches, avoir moins d'enquêtes à remplir, éviter des demandes redondantes...

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Seuls 11% disent vouloir un véritable statut de directeur, de chef d'établissement. Ces résultats vont maintenant être transmis aux organisations syndicales pour l'ouverture de négociations sur l'évolution du métier, qui débuteront le 14 janvier et seront consacrées à la question de l'allègement des tâches. "Un certain nombre de tâches ne doivent plus être faites par les directeurs d'école", indique-t-on d'ores et déjà au ministère.

D'autres pistes sont à l'étude, comme la hausse des temps de "décharge",  qui permettent aux directeurs de ne pas avoir à tenir une classe pendant une certaine période, ou bien l'embauche d'un agent pour les aider dans la gestion du quotidien.

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