"Syndrome de Stockholm" : imbroglio chez les Gilets jaunes après l’invitation de Joachim Son-Forget à Eric Drouet

"Syndrome de Stockholm" : imbroglio chez les Gilets jaunes après l’invitation de Joachim Son-Forget à Eric Drouet

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CONFUSION - Eric Drouet s'est vu reprocher ce dimanche la publication d'un sondage où il proposait de rencontrer des personnalités politiques et médiatiques susceptibles d'aider les Gilets jaunes. Une initiative vivement critiquée qu'il a fini par retirer au profit d'une charte, que chaque personnalité intéressée à la défense du mouvement devrait signer avant toute chose.

Éric Drouet a voulu jouer la carte de la transparence un peu trop rapidement. Après qu'il a été approché par le député Joachim Son-Forget, cette figure des Gilets jaunes a demandé ce dimanche aux membres de son groupe sur Facebook s’il devait "rencontrer en live" des personnalités "intéressées", dont l'ex-élu de LREM, pour aider le mouvement. Le sondage a été supprimé dans la soirée, notamment à cause de nombreuses critiques, et remplacé lundi 4 février par un autre proposant une "charte" aux personnalités extérieures au mouvement. 


Car le casting de cette liste est pour le moins surprenant et hétéroclite. Il mélange des représentants politiques, telles que Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Hulot, à des journalistes ou des personnalités étonnantes comme le rappeur Doc Gynéco et l’astrophysicien Aurélien Barrau.

Éric ne m’a pas posé la question, j’aurais bien voulu être consultéMaxime Nicolle, live Facebook du 3 février

Après la publication de la liste de personnes désirant aider le mouvement, les critiques ne se sont pas faites attendre. Notamment du côté de Maxime Nicolle, dont le nom apparaissait pourtant parmi les Gilets jaunes qui devaient être présents dans le cas où une entrevue était organisée. Dans la soirée de dimanche, le Breton mieux connu sous le nom de Fly Rider, a vivement désapprouvé l'initiative, expliquant qu’il n’avait pas été prévenu. "Éric ne m’a pas posé la question, j’aurais bien voulu être consulté, mais ce n’est pas le cas." Pour lui, il est hors de question de participer à cette rencontre, notamment à cause des nombreuses personnalités politiques présentes. Et d'invoquer le syndrome de Stockholm, ce phénomène psychologique qui voit des otages développer une forme d’empathie envers leurs geôliers. "On a des gens qui depuis des années nous allument la gueule et vous êtes en train de croire qu’on a besoin d’eux pour avancer. C’est le séquestré qui adore son séquestreur." Questionnée sur le sujet, Priscillia Ludosky a fait savoir d'un simple "NON" qu'elle ne se rendra pas au rendez-vous. 

Critiqué par ses proches de son propre aveu, Éric Drouet a donc préféré faire marche arrière. Tout en gardant le cap. Dans un "live" posté plus tard dans la nuit, il a lui-même admis que cette proposition ne l’enchantait pas, qu’il était "hermétique" aux appels des personnes extérieures au mouvement. Mais, après douze semaines de mobilisation, il a confessé avoir voulu "convier le groupe et les Gilets jaunes pour savoir ce qu’ils en pens[ai]ent". Consultation qu’il a faite trop précipitamment. "Je ne peux pas abandonner ce sondage maintenant qu’il a été fait. Ce qu’on peut faire maintenant c’est réduire les contres en peaufinant cette idée."

Le sondage est désormais introuvable sur le groupe "La France en colère !!!". Comme annoncé dans son direct, le Gilet jaune veut "refaire le truc différemment" et réduire les critiques afin d’aboutir à un sondage dans lequel "plus de 90% ou 80% d’avis sont favorables". Une initiative qui se fera en deux temps, précise le porte-voix. Ce lundi matin apparaît donc un questionnaire proposant une "charte". Celle-ci attestera que la personne signataire est pour l’instauration du RIC et une VIe République. Elle devra être ratifiée par toutes les personnes prêtes à "aider" le mouvement, qui devront par ailleurs prendre "l’engagement moral de ne pas se présenter aux premières élections découlant de l’instauration d’une VIe République". Éric Drouet annonce qu’une fois cette idée acceptée, "le choix de ces personnalités se fera ensemble et dans un second temps."


Pour le moment, le sondage récolte le succès espéré par l'organisateur du premier "acte". À midi, lundi 4 février, 95% des membres de "La France en colère" votait en faveur de cette nouvelle proposition. 

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