Tolbiac reconduit le blocage jusqu'à vendredi : "Comme les Gilets jaunes, nous sommes mobilisés contre la vie chère"

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UNIVERSITÉS - Les étudiants de la cité universitaire de Tolbiac ont voté, mardi 4 décembre, le blocus de l’établissement. Ils se mobilisent contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants hors UE, mais souhaitent également initier une convergence des lutte avec les Gilets jaunes. Le mouvement a été reconduit jusqu'à vendredi.

La colère grondait depuis quelques jours déjà. Ce mercredi 5 décembre, les étudiants passent la vitesse supérieure. Alors qu’une assemblée générale a voté, la veille, le blocus du site de Tolbiac (qui dépend de l’université Panthéon-Sorbonne Paris-1), le mouvement se structure peu à peu devant la cité universitaire du 13ème arrondissement. 


L’heure n’est pas encore à la révolution, en ce gris matin de décembre dans cette fac qui avait déjà été l'une des premières bloquées en avril dernier lors de la mobilisation contre la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur. Devant les grilles de l’établissement, l’ambiance est calme et bon-enfant. Certains étudiants, comme ce groupe de jeunes filles en deuxième année, ignorent encore s’ils se joindront au mouvement. Elles entendent et comprennent les arguments de leurs camarades plus politisés, mais veulent se laisser le temps de la réflexion. Pendant ce temps-là, sur le parvis bétonné de la fac, plusieurs dizaines de jeunes jouent les rabatteurs. La prochaine Assemblée générale, pour décider de la suite de la mobilisation, est prévue à 10 heures. 


A la base de leurs revendications, l’annulation d’une mesure très concrète, qui touche d’abord les étudiants étrangers. Le 19 novembre dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la hausse des frais d’inscription pour les étudiants résidant hors de l’espace économique européen. Ces derniers devront, dès la rentrée prochaine, débourser 2770 euros pour une année de licence et 3770 euros en master et doctorat (au lieu de prix oscillant entre 170 et 380 euros actuellement). 

"Comme les Gilets jaunes, nous sommes mobilisés contre la vie chère"

Mais il flotte dans l’air une autre petite musique. Comme une volonté de convergence des luttes, inspirée par l’actuel mouvement des Gilets jaunes. Josebiñe, 17 ans, est étudiante en première année de philosophie. Membre du collectif politique de Paris 1 " Le Poing levé", elle pose son mégaphone quelques instants pour répondre à nos questions : "Cette hausse des frais d’inscription, c’est le début d’une sélection massive entre tous les étudiants, pas seulement les étrangers", détaille-t-elle. "C’est contre cela que nous nous battons. Mais plus généralement, il faut aussi que les étudiants rallient les Gilets jaunes. Ils luttent contre la précarité et le gouvernement de Macron. Comme eux, nous sommes mobilisés contre la vie chère." 

Un de ses camarades, plus loin, déroule son discours devant les caméras venues en masse ce matin : "Il y a un ras-le-bol de la vie chère parmi les étudiants. Nous souhaitons une mobilisation importante contre le mépris du gouvernement", explique-t-il. 


A la mi-journée, les étudiants réunis en assemblée générale ont voté la reconduite du blocage jusqu'à vendredi. 

A l’intérieur de la cité universitaire, selon des étudiants qui souhaitaient se rendre à la bibliothèque, les accès aux ascenseurs et escaliers sont pour l’instant condamnés. Un cortège étudiant est également d’ores et déjà prévu pour la manifestation du 8 décembre, à Paris, aux côtés des Gilets jaunes. 

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