Ultradroite : le groupuscule identitaire Bastion Social officiellement dissous

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DISSOLUTION - La dissolution du groupuscule "Bastion social" a été prononcée en conseil des ministres ce mercredi. Une décision prise "pour mettre fin aux exactions répétées commises" en marge des rassemblements de voie publique, indique un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Accusé d’appeler à la haine, aux discriminations et aux actions violentes, le Bastion social a été dissous ce mercredi en Conseil des ministres, a annoncé le ministre de l’intérieur Christophe Castaner. Le président Emmanuel Macron s’était engagé devant le Conseil représentatif des institutions juives de France, fin février, à la dissolution du groupe. Cette décision a été prise "pour mettre fin aux exactions répétées commises" en marge de rassemblements de voie publique, a précisé le ministère dans un communiqué.  


"On sait la réalité de ce qu'est le bastion social, c'est un mouvement antisémite, raciste qui multiplie les coups et qui au fond poursuit des thèses que nous condamnons", a commenté Christophe Castaner à la presse en marge d'un déplacement, évoquant "l'honneur", "presque le plaisir" de proposer la dissolution du groupe.


 " Cette dissolution, c'est pour essayer de casser toute volonté populaire de soulèvement ", a réagi auprès de l'AFP Steven Bissuel, ex-leader du mouvement. Le Bastion social n'a pas caché sa sympathie pour les Gilets jaunes né et certains de ses militants ont été vus dans des cortèges. "Je suis solidaire depuis le début avec les Gilets jaunes. C'est une réaction très saine des Français, de la vraie France périphérique qui n'a pas envie de subir le remplacement de la population et ne veut plus payer trop d'impôt", a-t-il ajouté. 

Plusieurs membres condamnés pour violences

Steven Bissuel a été condamné pour l’agression de deux manifestants en 2011 lors d’un rassemblement contre le député européen Front national Bruno Gollnisch. En 2017 il avait publié sur les réseaux sociaux un dessin sur lequel on voyait des ananas portant des étoiles jaunes et des pyjamas rayés, évoquant les prisonniers de camps de concentration, avec en sous-titre la mention "teneur garantie: 6 millions au Zyklon B". Le tout était assorti de la mention "Joyeux anniversaire Auschwitz. 70 ans de business, ça commence à faire". Il s'était ensuite retiré du mouvement. 

 D'autres membres du Bastion social ont déjà eu affaire à la justice comme Logan Dijan, il a passé une partie de 2017 et 2018 en prison suite à des agressions commises sur une journaliste, une photographe et neuf Femen pendant des rassemblements de la Manif pour tous.

Un mouvement né des cendres du GUD

La Bastion social est apparu suite à refondation du "Groupe-Union Défense" (GUD) , une organisation étudiante d’extrême droite née dans les années 1970. Les anciens du GUD ouvrent en mai 2017 un bar associatif dans Lyon, il devient alors le QG de leur nouveau mouvement, le Bastion social. Il s’inspire du groupe italien CasaPound et adhère aux thèses du "grand remplacement", qui prophétisent la disparition des " peuples européens ". Avec ce bar associatif, le Bastion social entend aider des SDF "français de souche". La municipalité de Lyon obtient rapidement un arrêté de fermeture administrative du lieu. Mais cela n’empêche pas l'ouverture de locaux dans plusieurs villes de France : Chambéry, Strasbourg, Aix-en-Provence, Clermont-Ferrand et Marseille. Le Bastion social est resté très discret sur le nombre de personnes qui composent le mouvement, mais  il s’impose rapidement comme un des principaux groupuscules d’extrême droite comme l’Action Française ou Génération Identitaire. 


La disparition de ce mouvement intervient au moment où le gouvernement étudie, justement, les moyens de dissoudre  Génération Identitaire. "J'ai dans mon viseur d'autres associations qui colportent de la haine et de la violence", a ainsi indiqué Christophe Castaner.

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