Un syndicaliste de la SNCF radié malgré l'avis défavorable de l'inspection du travail

Un syndicaliste de la SNCF radié malgré l'avis défavorable de l'inspection du travail
Social

DÉCISION - Un cheminot de 53 ans, syndicaliste SUD-Rail, a été radié par la SNCF après autorisation du ministère du Travail, malgré l'opposition l'an dernier de l'inspection du travail. SUD-Rail dénonce une "répression antisyndicale".

Eric Bezou, un syndicaliste SUD-Rail de 53 ans, menacé de licenciement depuis des mois malgré l'opposition l'an dernier de l'inspection du travail a appris lundi soir que la SNCF avait décidé de le radier, après autorisation du ministère du Travail, a-t-il indiqué mardi à l'AFP. Ce dernier, qui compte "plus de 28 ans d'ancienneté à la SNCF", a été prévenu par "un cadre de l'entreprise, responsable du secteur de Mantes-la-Jolie", où travaille le syndicaliste, a-t-il précisé. Selon ce cadre, "un courrier est parti lundi", a ajouté Eric Bezou.

A l'époque des faits ayant conduit à une procédure disciplinaire à son encontre, ce cheminot était délégué syndical d'établissement et membre de la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT). "À l'évidence, le Covid-19 n'arrête pas la répression antisyndicale", "aujourd'hui, militer est un crime", a dénoncé dans un communiqué SUD-Rail, pour qui "la ministre du Travail et les patrons de la SNCF ont décidé de liquider un militant syndical". SUD-Rail proteste contre une "énième procédure d'exception" visant un syndicaliste, "alors que tous parlent de relancer le dialogue social".

Une sanction déjà rejetée l'an dernier

De son côté, la direction de la SNCF, contactée par l'AFP, a refusé de réagir. L'an dernier, la sanction de licenciement d'Eric Bezou avait été "contestée par des membres du jury du conseil de discipline, rejetée par tous les membres du comité social et économique, rejetée par l'inspection du travail", rappelle SUD-Rail. Le syndicat s'est également indigné de la décision de la Direction générale du travail (DGT) a validé "hors délai" le recours déposé en novembre par la SNCF, après que l'inspection du travail avait refusé en septembre d'autoriser la radiation du cheminot.

L'an dernier, Eric Bezou avait raconté à l'AFP s'être "agenouillé devant (sa) cheffe" en lui demandant "si c'était ça la posture d'agent de maîtrise" que sa hiérarchie lui reprochait de ne pas adopter, après un nouveau refus de promotion prononcé contre lui. Il avait fait de même plus tard devant un autre supérieur hiérarchique, mais s'était défendu d'une quelconque faute : "J'ai été désagréable, provocateur, impertinent, mais jamais insultant ni menaçant."

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Dans un mail reçu par Eric Bezou en mai dernier, la DGT "n'excluait pas" d'autoriser son licenciement, à cause de ses "propos et gestes inconvenants" vis-à-vis de supérieurs hiérarchiques, "revêtant un caractère fautif" et "d'une gravité suffisante pour justifier" une radiation, toujours selon la DGT.

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