Urgences en grève : les soignants manifestent à Paris, Buzyn tente d'apaiser la crise

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MANIFESTATION - A l'appel de l'Inter-Urgences, la coordination des services d'urgences en grève, une grande journée de mobilisation est organisée ce jeudi 6 juin, à Paris. Alors qu'Agnès Buzyn, a fait des annonces au salon des urgentistes Porte Maillot, des soignants manifestent à partir de 13h, entre Montparnasse et le ministère de la Santé.

Ils sont à bout et demandent des mesures immédiates. Depuis plusieurs mois, de nombreux services d'urgences sur le territoire français sont en grève pour demander davantage de moyens et une meilleure reconnaissance de leur travail aux urgences. Le 26 mai dernier, le collectif Inter-Urgences s'est réuni en assemblée générale à Paris. Les 200 personnels des urgences hospitalières de 33 villes de France ont décidé d'une grande journée nationale de mobilisation qui se déroulera ce jeudi 6 juin à Paris. 


La manifestation partira de Montparnasse à 13h30 pour rallier le ministère de la Santé. Le collectif est tombé d'accord sur les revendications : arrêt des fermetures de lits, hausse des rémunérations de 300 euros net et augmentation des effectifs. Cette manifestation est soutenue par trois centrales syndicales : la CGT, FO et Sud. 

"Les urgences sont en détresse, je le sais"

Ce mouvement a démarré le 18 mars dernier, à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. L'agression "de trop" d'un soignant a achevé de convaincre les personnels de se mobiliser. Depuis cette date et selon le dernier comptage effectué par Inter-Urgences, ce ne sont pas moins de 82 services d'urgences qui sont en grève. 

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a tenté d'apaiser la colère en faisant plusieurs annonces au cours du congrès des urgentistes qui se tenait jeudi matin au Palais des congrès à Paris. "Les urgences sont en détresse, je le sais", a-t-elle déclaré, en annonçant une mission de "refondation" des services au Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH) et au député (LaREM) Thomas Mesnier, auteur d'un rapport sur la prise en charge des soins non programmés. Elle devra remettre à l'automne un rapport comprenant des "propositions concrètes".


Agnès Buzyn a également indiqué, sans donner de chiffre, souhaiter "que l'on accompagne sur un plan financier, plus directement et plus spontanément, les établissements qui font face à un surcroît d'activité et à des afflux exceptionnels".

Les récentes déclarations de la ministre ces derniers jours, au sujet de la "désorganisation des urgences", avaient ulcéré les personnels grévistes et fait monter d'un cran la colère. Interrogée sur France Inter au sujet de la grève à Lariboisière durant laquelle, des personnels, à bout, se sont mis en arrêt maladie, la ministère de la Santé avait qualifié cette méthode de "dévoiement des arrêts maladie". 


Des propos polémiques que Sibeth Ndiaye a tenté d'éteindre, sans réel succès sur RTL, mercredi 5 juin. La porte-parole du gouvernement a assuré qu'Agnès Buzyn était disposée à recevoir des urgentistes. Mais la colère gronde encore. L'Ordre des médecins a, dans un communiqué, appelé à une "concertation d'urgence" entre les différents acteurs pour que la "souffrance face aux conditions de travail actuelles, [soit] entendue". 

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