Usine Ford de Blanquefort : Bruno Le Maire n'écarte pas un rachat provisoire par l'État

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DUEL - L'usine Ford de Blanquefort (Gironde), plus que jamais menacée de fermeture après le refus par le groupe américain de l'offre de reprise de l'entreprise franco-belge Punch, fait l'objet d'un bras de fer entre le gouvernement et le constructeur automobile.

Après la "trahison" de Ford, une nationalisation temporaire pourrait-elle être envisagée pour l'usine de Blanquefort ? Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire n'a pas écarté, mercredi 19 décembre, l'idée que l'Etat rachète provisoirement le site du constructeur américain, après le refus de Ford d'accepter l'offre de rachat de l'usine du groupe franco-belge Punch Powerglide.

Le ministre, très remonté la semaine passée, s'est dit ouvert "aux solutions les plus originales" pour sauver ce site spécialisé dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui emploie actuellement environ 850 salariés. Interrogé sur RMC à propos d'un éventuel rachat par l'État, qui permettrait ensuite une revente à Punch, Bruno Le Maire a répondu : "Pourquoi pas ? Je suis prêt aux solutions les plus originales pour garantir qu'un site industriel performant, qui a un repreneur de qualité et des salariés qui sont totalement engagés, puisse survivre."

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Le plan de reprise de Punch

"Pour Blanquefort, croyez-moi, je n'ai pas encore baissé les bras", a affirmé le ministre, promettant que "la partie n'était pas finie". Une semaine auparavant, il dénonçait la "trahison" du groupe américain, après son rejet de l'offre de reprise de l'usine par Punch Powerglide, qui avait l'appui du gouvernement français et de 3 des 4 syndicats de Ford Blanquefort, qui avaient accepté un gel de salaire pendant 3 ans, la perte de 3 jours de repos par an et une modulation du temps de travail dans le cadre d'un plan de rachat. Dans la foulée, Emmanuel Macron avait par la suite qualifié d'"hostile et inacceptable" la décision de Ford.

Le plan de Punch, qui avait déjà repris l'usine de boîtes de vitesse de General Motors à Strasbourg en 2013, prévoyait notamment de sauver 400 emplois, le reclassement de 100 à 150 salariés dans l'usine Getrag Ford Transmissions (GFT) voisine de Ford Aquitaine Industries (FAI), dont Ford est co-actionnaire et client unique, et des départs volontaires en pré-retraite de 300 à 350 autres.

Mais Ford a jugé ce plan de reprise trop fragile. L'entreprise a affirmé ce mardi dans un communiqué que sa priorité avait été "de trouver un repreneur fiable", présentant un "plan d'entreprise viable" et qu'un tel plan "aurait nécessité, par exemple, des garanties apportées par des clients contractuellement engagés afin d'assurer un volume durable de production continue sur une période donnée, ainsi que les liquidités nécessaires pour maintenir la viabilité de l'entreprise au cours des premières années."

Le plan social de Ford

Ford confirme ainsi sa volonté de mener à son terme un "plan de sauvegarde de l'emploi" (PSE), qui implique un licenciement des salariés d'ici au 31 août 2019, et qui comprend notamment un congé de reclassement d'une durée étendue à compter d'octobre 2019, un plan de cessation anticipée d'activité, un redéploiement chez GFT, ainsi que des mesures censées aider les salariés à changer de carrière. Ce PSE doit être homologué par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi).

Dès février, Ford avait annoncé sa décision de ne plus investir dans son usine de Blanquefort. Le constructeur avait déjà cédé en 2000 cette usine à HZ Holding, une entreprise allemande, qui n'était pas parvenue à y maintenir une activité suffisante. L'entreprise américaine, sous la pression des pouvoirs publics et des syndicats, avait alors repris le site en 2011 et s'était engagé en 2013 à maintenir 1.000 emplois jusqu'à mai 2018 sous condition de versements d'aides publiques.

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