"Aucun signe avant-coureur" : les salariés de Smart sous le choc après l'annonce de la vente de leur usine

"Aucun signe avant-coureur" : les salariés de Smart sous le choc après l'annonce de la vente de leur usine
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RESTRUCTURATIONS - Le groupe Daimler a annoncé la mise en vente de l'usine Smart à Hambach (Moselle). Une décision que les 1 600 salariés ne comprennent pas.

Inaugurée en 1997 par Helmut Kohl et Jacques Chirac, l'usine emblématique de la collaboration franco-allemande Smart à Hambach (Moselle) vient d'être mise en vente. Dès cette annonce, les visages des 1600 salariés se sont fermés. Le choc est d'autant plus terrible qu'ils ne s'y attendaient pas. "On pensait qu'on avait vraiment un avenir ici", avance ainsi Kevin face aux caméras de TF1, dans le reportage en tête de cet article. 

Le groupe Daimler, propriétaire des marques Mercedes-Benz et Smart, cherche désormais un repreneur. Une décision qui en laisse plus d'un dubitatif. "Vu cette crise actuellement, comment pourrait-il y avoir un repreneur ? On a un petit doute quand même", souligne de son côté le délégué syndical CGT Thomas Di Francesco.

Un avenir tourné vers l'électrique

Et ce choix est bien difficile à avaler au vu des efforts de compétitivité fournis par le passé. En 2015, les salariés ont notamment approuvés lors d'un référendum consultatif le "Pacte 2020", un retour progressif aux 39 heures de travail hebdomadaires, payées 37, avec un rétablissement des 35 heures en 2020.

De plus, depuis l'inauguration de l'usine, plus de  deux millions de Smart ont été assemblées et l'avenir semblait prometteur, puisqu'en 2018 Mercedes avait annoncé investir 500 millions d'euros pour que le site se tourne vers les véhicules électriques. "On était en plein dans nos projets. On allait commencer à produire des véhicules  d'ici la fin du mois pour Mercedes. Il y avait les travaux qui étaient en cours. Aucun signe avant-coureur ne pouvait nous faire croire que cela allait s'arrêter du jour au lendemain", explique Emmanuel Benner, délégué syndical CFTC. 

Le maire abasourdi

La pilule est également difficile à passer pour le nouveau maire d'Hambach, Daniel Muller, qui est tout aussi abasourdi. Sa commune croyait en cette mutation vers l'électrique. Elle a même financé de nouvelles infrastructures pour l'accompagner. "On est scotché, indigné. C'est très mauvais pour le bassin de Moselle-Est par rapport aux emplois. Ça va même peut-être jeter un froid par rapport aux futures entreprises qui devaient s'implanter", déplore-t-il.

L'inquiétude gagne aussi les rues de la commune. Il faut dire qu'ici, les commerçants dépendent de l'activité de l'usine Smart. "C'est vrai que la région a été très impactée depuis quelques années. C'était remonté grâce à une entreprise comme la Smart, et d'autres entreprises qui sont dans le coin, mais ça va faire une sacrée perte au niveau des commerces", indique par exemple Angelo Porcu, le gérant d'une pizzeria.

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Dans un communiqué diffusé vendredi, l'entreprise dit envisager de mener des entretiens concernant la vente de l'usine. Mais pour l'instant, aucun repreneur ne s'est publiquement manifesté. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé pour sa part Daimler "à garder toute les options ouvertes, y compris celle de conserver le site". "Je souhaite que l'avenir de ce site moderne et exemplaire qui a fait le choix de la transition écologique en produisant notamment des véhicules électriques soit assuré", a-t-il affirmé dans une déclaration, rappelant que l'usine "est un site symbolique de la relation industrielle franco-allemande".

Un comité social et économique (CSE) extraordinaire est prévu mercredi.

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