VIDÉO - Grand débat national : "Notre pays est au bord du gouffre" : une maire interpelle Emmanuel Macron

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DÉBAT - L'intervention de Dominique Chauvel à Grand Bourgtheroulde a été particulièrement remarquée. Très émue, cette maire d'une commune de 4000 habitants s'est dit "déçue" d'Emmanuel Macron. Elle lui souhaite "de réussir" sa grande consultation nationale car "le pays va dans le mur des intolérances" et des "extrémismes".

Emmanuel Macron a donné ce mardi Grand-Bourgtheroulde, dans l'Eure, le coup d'envoi du Grand débat national, organisé en réponse à la fronde des Gilets jaunes. Le chef de l'Etat avait notamment proposé aux quelque 650 maires normands de les rencontrer pour un moment d'échange. Parmi eux : Dominique Chauvel, la maire de Saint-Valéry-en-Caux, "une commune de 4000 habitants" et dont le discours poignant a été vivement remarquée.


La sexagénaire, élue PS "depuis une trentaine d'années", s'est adressé au chef de l'Etat avec une grande sincérité commençant son intervention en lui avouant qu'il l'avait "décue". Mais son message était plus un cri de désespoir qu'une attaque personnelle. "Je suis une femme désabusée, lasse, déçue mais une femme qui a peur", a-t-elle lâché. L'objet de ses craintes ? Le délitement de la République, cette République qui a "tout donné" à cette fille d'un père mineur et d'une mère concierge.

"J'ai peur pour mon pays", a-t-elle avoué avec une grande émotion. "Mon pays il est féminin, il est masculin, il est jeune, il est âgé, il est toutes les couleurs, il est toutes les croyances et c'est ce pays là que j'aime, ce pays sur lequel on peut compter, ce pays qui laisse personne sur le bord du chemin." Mais ces dernières années, elle observe que ce pays "va dans le mur". Et de préciser : "il va dans le mur des intolérances, dans le mur des extrémismes, dans le mur où chacun va se refermer, où il n'y aura plus de collectif et ça je n'en veux pas pour mon pays."


Après avoir appelé à tendre la main à ses voisins, mais aussi "à ceux qui de l'autre côté de la Méditerranée sont en train de crever, à ces enfants dont on pleure le sort quand ils sont sur une plage italienne, mais pour lesquels on ne fait rien au jour le jour", elle a souhaité au Président de réussir. 


"Notre pays est au bord du gouffre et je crains que des fascismes, des heures noires nous attendent", a-t-elle regretté. "Car ceux qui en tirent profit (de la crise des Gilets jaunes, ndlr), ce n'est pas vous, ce n'est pas moi, ce n'est pas nous, ce sont les extrémistes de tous bords, ceux qui ne voient que leur propre intérêt et qui ne veulent surtout pas construire le vivre ensemble."

Sur les réseaux sociaux, certains internautes se sont empressés d'applaudir ce discours de fraternité. "Enfin on parle des Gilets jaunes", se félicite l'une d'entre eux. "Bravo", tweete un autre.


Ces Gilets jaunes, Dominique Chauvel espère qu'ils participeront à ce Grand débat national et s'en empareront.

Du côté du Rassemblement national, le discours n'a pas été perçu de la même façon.

Julien Bacou, délégué départemental, retient surtout le vote de l'édile en faveur de Macron au second tour de la présidentielle. "Les larmes aux yeux, elle les aura aussi le 26 mai", a-t-il taclé.

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