VIDÉO - Grand débat : penser améliorer la situation des Gilets jaunes en rétablissant l'ISF, "c'est de la pipe" pour Macron

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Grand débat national : l'heure des annonces

GRAND DÉBAT - Dans l'Eure, pour le lancement du Grand débat national, le président a à nouveau expliqué pourquoi un rétablissement de l'ISF, au cœur des revendications des Gilets jaunes, serait inutile. Selon lui, cette question n'est "pas du tout un tabou, ni un totem".

Lors du lancement du Grand débat national à Grand Bourgtheroulde (Eure), Emmanuel Macron a donné son avis sur un possible rétablissement de l'ISF, lui qui dans sa lettre aux Français avait sous-entendu qu'il n'y aurait pas de retour dessus. Il a affirmé devant 600 maires que penser que le retour de l'ISF permettra que "la situation d'un seul gilet jaune s'améliore, c'est de la pipe".

"Il ne faut pas raconter des craques : c'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d'un seul Gilet jaune s'améliorera. Ça, c'est de la pipe", a déclaré le chef de l'Etat, alors que l'indice de Gini, qui évalue l'efficacité des différents prélèvements, fait de l'ISF le plus performant en matière de redistribution et donc, d'égalité. "Ce que je sais, c'est que si je le faisais demain, les quelques-uns qui étaient en train de revenir et de créer de l'emploi diraient: 'On a compris, celui-là il est comme les autres, dès qu'il y a un coup de grisou, lui, il remballe ses idées et il est reparti.' Non ! Non !", s'est défendu le président.

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La question de l'ISF, mise en avant par de nombreux Gilets jaunes, n'est "pas du tout un tabou, ni un totem", répond Emmanuel Macron - quand bien même, dans sa lettre aux Français, il a exclu de remettre en question cette mesure économique symbolique. Il reconnait d'ailleurs qu'il "doit faire partie de ce débat" et que "si des mesures ne sont pas efficaces, elles seront corrigées". Une concession qui rappelle la promesse de certains ténors de la majorité, à l'automne, de procéder à l'évaluation de cette mesure, qui ponctionne les recettes de l'Etat d'un peu plus de 3 milliards d'euros chaque année, et qu'il n'existait pas de contraintes pour diriger les sommes préservées par ses anciens contributeurs vers "l'économie réelle".

Pour autant, martèle-t-il : "Le gouvernement a pris des textes et le parlement a voté ce sur quoi en tant que candidat je m'étais engagé. Donc il n'y a pas de surprise, il n'y a pas de tromperie. Et ça me semble être une bonne règle démocratique de faire ce sur quoi on s'est engagé auprès de ses concitoyens", a expliqué le chef de l'État.

"Beaucoup de gens disent : il faut remettre l'ISF comme ça on serait juste (...) D'abord je leur demande : est-ce qu'on vivait mieux avant ? Ben non. Beaucoup de problèmes dont ils nous parlent, pardon de le dire, y compris quand il y avait un ISF très important, il n'étaient pas réglés, leurs problèmes", a-t-il développé, avant d'ajouter, manifestement interpellé par l'assistance: "Ça ne les a pas résolus de le supprimer non plus".

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"Les gens qui étaient vraiment fortunés, ça fait bien longtemps qu'ils étaient partis [sans qu'aucune étude n'ait permis d'établir véritablement si l'ISF avait joué un rôle dans leur départ, ndlr]. (...) Ils faisaient des holding, ils faisaient de la dette et ils ne le payaient pas. Donc qui payait l'ISF ? Les gens qui n'étaient pas assez riches pour ou créer de la dette, ou pour partir. Et la plupart du temps ce sont des gens qui créaient de l'emploi chez nous. C'est ça la réalité", a-t-il dit, applaudi par une partie de la salle.

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