VIDEO - Grève à l'Opéra de Paris : les danseuses interprètent "Le Lac des cygnes" sur le parvis contre la réforme des retraites

VIDEO - Grève à l'Opéra de Paris : les danseuses interprètent "Le Lac des cygnes" sur le parvis contre la réforme des retraites
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ETOILES EN GRÈVE - L'Opéra de Paris est en grève depuis 15 jours contre la réforme des retraites. Visés par la fin des régimes spéciaux, danseuses, musiciennes et musiciens grévistes ont proposé gratuitement une partie du "Lac des cygnes" mardi sur le parvis de l'Opéra Garnier pour manifester leur désaccord.

En grève, mais sur les pointes. Mardi 24 décembre, des salariés de l'Opéra de Paris ont manifesté sur le parvis du palais Garnier contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. À quelques heures de Noël, sous un ciel gris, une quarantaine de danseuses du corps de ballet ont donné un mini-spectacle improvisé devant des affiches "Opéra de Paris en grève" et "La culture est en danger". Les danseuses ont choisi l'acte 4 du "Lac des cygnes" de Piotr Ilitch Tchaïkovski, "l'un des ballets les plus difficiles" qu'elles ont dansé "sur du marbre dans le froid", sous les applaudissements de la foule.

L'Opéra de Paris est touché par la grève depuis 15 jours, ce qui a entraîné l'annulation de nombreuses représentations - dont celle prévue mardi du ballet Le Parc. "Même si on est en grève, on a voulu offrir pour le 24 décembre un moment de grâce", a déclaré à la presse le danseur et élu à la caisse des retraites Alexandre Carniato. "Malgré un temps extrêmement frais, les filles ont voulu relever le défi et les musiciens les accompagner", a-t-il ajouté. "Ce que les filles vous ont montré, c'est 15 ans de sacrifices, et c'est du travail quotidien. Et pour arriver à ça, il y a une limite, une contrainte. Si on veut continuer à voir de jolies danseuses ou de jolis danseurs sur scène, on ne pourra pas continuer jusqu'à 64 ans, ce n'est pas possible."

"C'est notre art qui est mis en danger", a poursuivi Héloïse Jocqueviel, danseuse du corps de ballet qui a participé au spectacle improvisé sur le parvis de l'Opéra. "Je suis entrée à l'école de danse à 8 ans, j'ai quitté ma famille et aménagé ma scolarité. Avec 5 heures de danse par jour, à 17-18 ans, on est nombreux à avoir des blessures chroniques, des tendinites, fractures de fatigue, douleurs au genoux (...) On est nombreux à ne pas avoir notre baccalauréat", énumère l'artiste de 23 ans.

Un régime spécial qui date de Louis XIV

L'Opéra comme la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement. Le régime spécial de l'Opéra est l'un des plus anciens de France, puisqu'il date de 1698, sous Louis XIV. Ce régime permet de tirer sa révérence à 42 ans, compte tenu de la "pénibilité" du métier, des risques de blessure, et du fait que la majorité des danseurs peut difficilement continuer à danser les grands ballets au-delà de cet âge avec le même niveau d'excellence. Un départ à la retraite entre 50 et 57 ans pour les artistes de chœur, et entre 55 et 62 ans pour les techniciens selon leur embauche.

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"Croyez que pour en arriver à toutes ces annulations, il faut vraiment que nous soyons poussés à bout", a déclaré le ballet de l'Opéra de Paris dans un long communiqué. "L'élimination de notre caisse de retraite, qui incarne l'union entre toutes les générations de nos plus de 70 métiers, pour nous faire rentrer de force dans un régime qui ne nous correspond pas du tout, achèverait de détruire l'équilibre fragile de notre collectif de travail", soulignent dans ce texte les danseurs. 

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