VIDÉO - "Je lui demande juste de faire son métier de ministre" : Patrick Pelloux répond à Agnès Buzyn sur la grève des urgences

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RÉACTION - Alors que le mouvement de grogne des soignants des services d'urgences s'étend avec 95 services en grève ce mardi, le président de l'association des médecins urgentistes a réagi aux propos de la ministre de la Santé qui reconnait notamment qu'on manque de médecins en France mais qu'on ne les "fabrique pas en deux ans".

"On ne lui demande pas d'inventer les choses mais déjà de rendre plus attractif le monde hospitalier." Dénonçant une "vraie crise" liée à un "vrai burn out" et "une vraie difficulté sur l'attrait pour venir travailler dans les hôpitaux", Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes, a réagi ce mardi sur LCI aux propos de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. "Je ne sais pas inventer des médecins", a notamment déclaré cette dernière alors que le mouvement de grogne des soignants des services d'urgences, débuté en mars dernier au sein de l'hôpital Saint-Antoine à Paris, s'étend avec 95 services en grève ce mardi.

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"Je ne demande pas à la Ministre d'inventer les choses mais juste de faire son métier de ministre c'est à dire (donner) un sens politique", a insisté Patrick Pelloux, estimant qu'"on a besoin de réaffirmer des principes dans le système de santé et notamment le système hospitalier".

"On est arrivé au bout d'un système"

Réagissant par ailleurs au chiffre de la fréquentation des urgences qui a doublé en vingt ans, pour passer de 10 millions à à 21 millions de passages, l'emblématique président de l'Amuf a évoqué un "chiffre absolument cataclysmique d’autant que les structures d'urgence ont diminué". Selon lui, "on est arrivé au bout d'un système (...) il faut réorganiser les choses en profondeur." 

Parmi les principaux problèmes matériels rencontrés par les services d'urgences, ce dernier a notamment évoqué celui "des lits d'aval" ou le fait "de pouvoir hospitaliser les malades qui arrivent en urgence". Et de détailler : "or, ça c'est difficile car les hôpitaux sont tous avec des plans de retour à l'équilibre financier donc la seule solution ça a été de fermer les lits."

"Un problème avec le monde universitaire de la médecine"

Outre les problèmes matériels, l'urgentiste a dénoncé "un problème avec le monde universitaire de la médecine", estimant que "la vérité c'est que les politiques ont fait ce que le monde universitaire de la médecine leur a dit" et que "maintenant, on se retourne et on se rend compte que c'est une faute". Pour lui, vouloir "faire encore plus de spécialité et fragmenter encore plus la profession de médecins", impacte "la coopération entre les systèmes". 

Et de conclure : "Si vous n'avez pas de coopération, vous n'avez pas de modernité, si vous n'avez pas de médecins qui se sentent obligés de participer à la permanence des soins, personne n'y participe ce qui fait qu'il n'y a que le système des urgences qui fonctionne la nuit, les week-ends et les jours fériés."

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Le vrai du faux à propos des urgences

Pour rappel, alors que des manifestations sont prévues ce mardi en régions, et à Paris, devant le ministère de la Santé, au même moment, Agnès Buzyn, sera face aux sénateurs pour défendre son projet de loi "Ma Santé 2022", qui doit "redonner un souffle nécessaire à notre système de santé". 

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