VIDÉO - Grève dans les transports : incidents entre grévistes et non grévistes

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CONFLIT - Ce lundi à la SNCF, 77,3% des conducteurs de train étaient en grève. Autrement dit, 22,7% d’entre eux ont bel et bien travaillé. Pour eux, cela revient à faire face à l'hostilité des grévistes, qui leur reprochent de ne pas participer au mouvement. Parfois de façon très virulente.

Depuis le début de la grève contre la réforme des retraites jeudi 5 décembre, les transports en commun en Île-de-France sont presque à l’arrêt. Presque, car certains fonctionnent malgré tout, tous les agents de la SNCF et de la RATP n’ayant pas arrêté le travail. Et pour ces salariés non-grévistes, difficile d’échapper au courroux de leurs collègues mobilisés.

Lundi matin, devant un dépôt de la RATP, c’est sous les huées que sont sortis les premiers bus. Des grévistes s’étaient rassemblés pour un blocage, et il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour que celui-ci soit levé. "Combien tu vas gagner pour faire ça ? T’as pas honte ? Tu vas pleurer après !" entend-on lancer un gréviste à un chauffeur non-gréviste.

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"Nettoie, chien"

"T’as pas honte ?", la question était aussi posée vendredi soir à ce chauffeur de tramway copieusement insulté à La Garenne-Colombes. Des poubelles ayant été renversées sur les rails, le chauffeur a dû sortir pour les enlever du passage, sous une pluie d’invectives. "Nettoie, chien", lui a-t-on ainsi lancé. La RATP a fait savoir depuis qu’elle allait déposer plainte.

Autre scène, autre lieu mais même tensions. Lundi, des grévistes étaient rassemblés sur les quais de la ligne du métro 4 pour interpeller leurs collègues non-mobilisés et leur reprocher de ne pas participer au mouvement. Jeudi 5 décembre, premier jour de mobilisation, des grévistes étaient venus applaudir ironiquement un conducteur de la ligne 7, directement sur les quais.

"Quand il y a des factures c'est pas eux qui sont là"

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Une pression difficile à vivre, d’autant que certains de ces salariés non-grévistes ont bel et bien arrêté le travail jeudi, parfois aussi vendredi, mais ont dû reprendre pour des raisons financières. Une conductrice de la RATP témoigne : "Il y aura toujours quelqu’un qui va essayer d’envoyer une pique mais personnellement je sais pourquoi je reprends. Quand il y a des factures c’est pas eux qui sont là, donc ça me passe au-dessus de la tête."

"Faire grève, ce serait mauvais pour le dossier", indique un chauffeur non-gréviste à LCI, qui précise que, embauché depuis un an, il préfère s'abstenir en vue de sa prochaine évaluation trimestrielle. Raisons économiques, pression de la hiérarchie, mais aussi de la part des collègues grévistes... qu'ils soutiennent le mouvement de grève ou non, la situation n'est pas simple pour les salariés non grévistes.

Pour l’instant les incidents ne sont que des actes isolés, mais révélateurs des fortes tensions entre grévistes et non-grévistes, qui pourraient bien s’accentuer si le mouvement dure.

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