VIDÉO - Le coup de gueule du syndicat Alliance : "La police n'est pas raciste, on en a marre de l'entendre"

VIDÉO - Le coup de gueule du syndicat Alliance : "La police n'est pas raciste, on en a marre de l'entendre"
Social

RAS-LE-BOL - Remontés par les annonces de Christophe Castaner, des policiers réunis en intersyndicales se sont rassemblés devant le ministère de l'Intérieur pour exprimer leur colère.

Ils veulent faire entendre leur colère. À l'appel de plusieurs syndicats, Alliance, Synergie, SICP et Unsa, quelques dizaines de policiers ont manifesté sur les Champs-Élysées ce vendredi 12 juin, avant de rejoindre la place Beauvau, où se trouve le ministère de l'Intérieur. S'estimant stigmatisés par les accusations de racisme au sein de leurs corps, les forces de l'ordre sont venues exprimer leur mécontentement suite aux annonces de Christophe Castaner lundi, qui a prôné la "tolérance zéro" contre le racisme et annoncé l'interdiction de plusieurs techniques d'interpellation, sans proposer de méthodes alternatives. 

"La police nationale n'est pas l'éponge du gouvernement. Elle est là pour protéger et sécuriser les personnes et les biens. Mais elle n'a pas là, justement, pour s'essuyer les pieds dessus", a déclaré Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance Police. "Tout ce qu'on entend, sur la police raciste notamment, sur le fait des violences policières, j'ai juste à répondre que la police n'est pas raciste. On en a marre de l'entendre. La police est républicaine, elle l'a toujours été. La police fait son travail. Elle réprime quand elle a besoin de réprimer, mais forcément elle ne choisit pas sa délinquance, elle ne choisit pas la couleur de la délinquance", a-t-il ajouté, ulcéré par les accusations de racisme dans la police. "Elle interpelle l'individu. Et, en plus de réprimer, c'est son rôle, il ne faut pas l'oublier, elle protège et elle sauve des vies quelle que soit la couleur de peau de l'individu."

Macron "doit soutenir, respecter et considérer sa police"

Interrogé sur les violences policières, le syndicaliste d'Alliance Police a estimé que "les comportements inadaptés au sein de la police (...) ont toujours été sanctionnés". "Ce qui nous rend dingue, c'est que la police en France est la police la plus contrôlée au monde. Quand il y a certains dérapages, par une infime minorité, ne stigmatisez pas l'ensemble des policiers. Les policiers sont exemplaires et professionnels", a-t-il défendu, alors que la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc aux États-Unis, a ravivé les débats sur la discrimination raciale et les violences prêtées à la police en France. "On en a marre."

Lire aussi

Selon Fabien Vanhemelryck, "les propos malvenus de Christophe Castaner, c'est la goutte d'eau" qui a fait "déborder le vase". La colère des policiers trouve sa source dans "le climat social ambiant", avec "des manifestations qui devrait être interdites", en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, mais qui sont "autorisées" et "cautionnées" par le gouvernement. 

"Aujourd'hui, le gouvernement doit nous donner les moyens de travailler, les moyens qu'on soit considérés. Il doit faire en sorte de sanctionner ceux qui nous agressent, qui nous massacrent pour reprendre certains propos d'une certaine chanteuse (Camélia Jordana, ndlr). Il doit faire en sorte de mener à bien la mission qui lui est confiée, c'est-à-dire assurer la sécurité des personnes et des biens à travers sa police. La police est le rempart de la société, de la République. Ce n'est pas toujours facile, on a vécu un an et demi de Gilets jaunes avec une dangerosité de plus en plus accrue, avec un sentiment d'impunité de plus en plus prégnant. On ne va pas continuer comme ça", a-t-il affirmé. "Les collègues sont professionnels mais ils n'en peuvent plus."

Toute l'info sur

Mort de George Floyd : l'indignation mondiale

Alors que, dans les Hauts-de-Seine jeudi soir, plusieurs centaines de policiers se sont rassemblées devant la préfecture de Nanterre pour partager leur colère, scandant notamment à plusieurs reprises "Castaner démission !", le secrétaire d'Alliance Police a lui jugé qu'"appeler à la démission du ministre, c'est trop facile, (...) le ministre est un fusible". "Au-dessus du ministre de l'Intérieur, il y a le président Macron. Il ne faut pas l'oublier, c'est important", a-t-il poursuivi. "Aujourd'hui, on est venu lui dire qu'il doit soutenir, respecter et considérer sa police. (...) C'est pour ça que j'interpelle le président de la République. On lui demande d'être reçu parce que lui aussi pourrait parler un peu plus des policiers et dire qu'il est derrière eux et avec eux."

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent