VIDÉO - Les images des dégâts au lendemain de la manifestation des Gilets jaunes à Paris

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DÉGÂTS - Réveil difficile pour certains commerçants et habitants de Paris. Magasins pillés, devantures cassées, mobilier urbain arraché : la manifestation des Gilets a fait de nombreux dégâts. Ce dimanche matin, les équipes de nettoyage tentaient d'effacer les stigmates de ces événements.

Quatrième semaine de mobilisation des Gilets jaunes, quatrième samedi mouvementé dans la capitale. Si la journée était moins chaotique que le 1er décembre, la mobilisation des Gilets jaunes ne s'est pas faite sans dégâts à Paris. Sur les Champs-Elysées, dans les quartiers chics, mais aussi à proximité de la gare Saint-Lazare ou de la place de la République, des "casseurs" s'en sont pris aux magasins, aux voitures et au mobilier urbain.


"Je suis dégoûté", lâche ce dimanche matin un commerçant de la gare Saint-Lazare. "Pour moi, ce sont des gestes gratuits qui ne servent à rien." Devant une devanture cassée, il avoue avoir "envie de chialer". "Je suis écœuré quand je vois le quartier comme ça, rien ne justifie ça", ajoute-t-il. Un habitant du quartier condamne également les violences "quelque soit le bien-fondé de la manifestation". "C'est un peu triste", dit-il au micro de LCI.

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"Je suis dégouté, pour moi ce sont des gestes gratuits", lâche ce dimanche matin un commerçant situé à proximité de la gare Saint-Lazare

Les scènes de pillages, rapides et violentes, ont touché plusieurs quartiers parisiens. Les Champs-Elysées - où les forces de l'ordre étaient en nombre et où les commerçants, refroidis par les événements des semaines précédentes, s'étaient barricadés - ont été plutôt épargnés, de ce point de vue là. 


Ailleurs, les pilleurs ont attaqué les vitrines qui n'avaient pas de protection. Quelques pavés, quelques coups de bâtons ou de barres de fer : cela ne durait que quelques secondes, a détaillé une journaliste de l'AFP. Un homme vêtu de noir, visage couvert, a expliqué s'être "régalé" à "piller des trucs". "J'avais des chemises genre 300-400 euros mais après j'ai perdu mon sac, je suis 'dég'", explique-t-il. À l'image de ce jeune homme, les pilleurs sont souvent âgés d'une vingtaine d'années, habillés de noir, masqués, avec une capuche sur la tête. Ils ne lancent pas de slogans.


Sur le boulevard Malesherbes, en fin d'après-midi, un groupe très mobile de dizaines de jeunes, se sont attaqués à coups de pierres à un Franprix, après avoir dévalisé un magasin d'alcools. Tard dans la nuit, un magasin de sport a été fracturé place de la République, alors que les derniers Gilets jaunes avaient quitté les lieux depuis plusieurs heures déjà. Les voleurs sont repartis avec des maillots de football ou des baskets.

La maire de Paris a déploré "des scènes de chaos". "Des dizaines de commerçants ont été victimes des casseurs, dans de nombreux quartiers. Une fois encore... C'est déplorable", a-t-elle indiqué dans un tweet posté samedi soir, saluant notamment le travail des agents de la propreté. 


La semaine dernière, Anne Hidalgo chiffrait déjà entre 3 et 4 millions d'euros le coût des dégâts dans sa ville, sans compter ce qu'avaient subi les commerces. Le nouveau bilan reste inconnu mais le président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), François Asselin, redoute "10 milliards d'euros de pertes" pour l'économie française.  "Il y aura beaucoup plus de dégâts suite à la journée d'hier qu'il y a une semaine", selon Emmanuel Grégoire, l'adjoint à la mairie en charge du budget de la capitale, et "un coût économique beaucoup plus important", dû notamment aux très nombreux commerces restés fermés dans ce qui est traditionnellement un temps fort des achats avant les fêtes.

Les forces de l'ordre, déployées en masse, ont procédé à plus de 1150 interpellations à Paris, un nombre qui devrait augmenter suite aux enquêtes ouvertes après les pillages.

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