VIDEO - Liquidation de British Steel : quatre questions autour de la reprise d'Ascoval

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SOCIAL - Le sidérurgiste British Steel a fait faillite, ont annoncé les autorités au Royaume-Uni, plongeant des milliers de salariés dans l'incertitude. Parmi eux : ceux de l'aciériste français Ascoval, qui venait tout juste d'être racheté.

La joie aura été de courte durée. A peine une semaine après la reprise de l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord), les salariés ont appris mercredi 22 mai que leur repreneur britannique British Steel a été placé en liquidation judiciaire. Un coup dur pour le personnel qui, malgré le soutien du gouvernement, s’inquiète pour son avenir. 

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Que s’est-il passé mercredi ?

Les autorités britanniques ont annoncé que le sidérurgiste British Steel a fait faillite, plongeant des milliers de salariés dans l'incertitude. Les actifs de British Steel au Royaume-Uni vont être vendus pour payer les salariés et les fournisseurs. Pendant ce temps, l'entreprise devrait encore tourner. "Les employés seront payés et toujours sous contrat", a précisé l'administrateur officiel. British Steel disparaîtra une fois ceci bouclé. Les quelque 4.500 employés du groupe au Royaume-Uni pourraient alors perdre leur emploi si aucun repreneur ne se manifeste, notamment pour le site géant de Scunthorpe, dans le nord-est de l'Angleterre.

Pourquoi cette annonce est-elle une surprise ?

Si cette nouvelle a pris tout le monde de court, c'est que le gouvernement britannique avait sorti d'affaire British Steel le mois dernier en lui accordant un prêt de plus d'une centaine de millions de livres, destiné à payer aux autorités européennes une facture liée aux émissions de CO2. Mais de nouvelles discussions d'urgence se sont tenues ces derniers jours entre le sidérurgiste et le gouvernement, autour d'une nouvelle aide de quelques dizaines de millions de livres pour British Steel, qui se trouvait à cours de liquidités. C’est au cours de ces discussions que, découvrant les détails du prêt que demandait l’entreprise, le gouvernement a décidé de refuser celui-ci.

Pourquoi cela n’a-t-il pas (encore) de conséquences en France ?

La reprise d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord) n'est pas remise en cause. C’est en tout cas le discours entonné par le gouvernement français, qui a souligné que les financements pour les opérations britanniques et françaises de British Steel étaient distincts. "Cette procédure n'inclut pas l'aciérie de British Steel Saint-Saulve qui est détenue par une autre société du groupe", la société-mère du groupe British Steel, Olympus Steel Ltd, a détaillé Bercy. Le ministère a précisé que "le plan d'affaires" du site français, qui compte 271 salariés, ne dépendait pas des activités britanniques, "ni industriellement, ni pour son financement".

"Je suis sur ce dossier extrêmement prudent, mais assez optimiste, a déclaré dans la foulée Edouard Philippe. Je pense que nous pouvons y arriver".  Avant d’ajouter : "Je crois vraiment que les salariés d'Ascoval peuvent être rassurés sur le fait que le repreneur est déterminé à tenir les engagements qu'il a pris".

En outre, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand s'est entretenu par téléphone avec des représentants d'Olympus Steel, maison mère de Bristih Steel, et a assuré que le repreneur était "prêt à participer" aux réunions de travail pour "apporter des réponses" aux salariés rapidement, puis à "venir les rencontrer" la semaine prochaine.

Pourquoi les salariés préfèrent-ils rester prudents ?

Inquiets, les 270 salariés de British Steel Saint-Saulve, ex-Ascoval, ont décidé d'"arrêter" le four de l'aciérie ce mercredi. Celui-ci a été remis en route à l’issue d’un CE extraordinaire. "La direction a en partie répondu à nos questions", a rapporté sans plus de précisions à l'AFP Nacim Bardi, délégué CGT. Les salariés doivent être reçus d'ici la fin de la semaine à Bercy. Nul doute que les récentes déclarations du ministère seront évoquées : celui-ci a confié n’avoir "des assurances" et donc une visibilité que "sur les six prochains mois". En outre, à moyen terme, British Steel Saint-Saulve aura des "besoins de financement un peu plus lourds", s’il veut tenir son carnet de commandes, a reconnu Bercy, qui veut toutefois assurer du "soutien total de l’Etat" au site industriel.

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