VIDÉO - Antisémitisme : "Nos ennemis sont à l'intérieur, c'est une cinquième colonne", alerte le fils de Mireille Knoll

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INTERVIEW - Daniel Knoll dont la mère, 85 ans et rescapée de la Shoah, a été poignardée en mars dernier, a réagi ce lundi sur LCI, aux injures antisémites adressées samedi au philosophe et académicien Alain Finkielkraut ainsi qu'à l'explosion des menaces et violences visant les Juifs en 2018.

"Je suis comme tous les Juifs extrêmement choqué qu'on puisse aujourd'hui en arriver là". "Choqué" mais "pas étonné", a affirmé Daniel Knoll, invité sur LCI ce lundi pour réagir aux injures antisémites adressées samedi au philosophe et académicien Alain Finkielkraut. "Je ne suis pas étonné puisque depuis des années on voit cette montée et que les pouvoirs publics sont complètement absents", a déploré le fils de Mireille Knoll, 85 ans et rescapée de la Shoah, qui a été poignardée en mars dernier. Le caractère antisémite avait été retenu par la justice.

Et de poursuivre : "ils disent des choses intéressantes et finalement il ne se passe rien, ils ne comprennent pas qu'il y a cette montée d'une minorité musulmane." Selon lui, "dans toutes les banlieues, il y a des gens qui ne comprennent rien à rien, même pas leur propre religion, et qui au nom d'une religion se permettent d'insulter les autres."

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"Nous sommes les sentinelles"

Alors que les menaces et violences visant les Juifs ont augmenté de 74% en 2018, selon un bilan du ministère de l'Intérieur publié mardi, Daniel Knoll a estimé qu'"il y a un grand danger en France qui se développe et nous sommes les sentinelles, les premiers attaqués." Et de détailler : "nos ennemis sont à l'intérieur, c'est une cinquième colonne qui est en train de ronger la société française et qui la rend malade encore plus". Invité à préciser ce qu'il entend par "cinquième colonne", il a évoqué "un extrémisme qui se développe" au sens large.

"On est en train d'aller dans un avant qui est regrettable, insupportable, qui risque de nous mener à une guerre civile et ça vraiment il faut que les gens en prennent conscience", a-t-il encore estimé, invitant à dire "stop" et à être "extrêmement sévères", car selon lui, "tant qu'on ne le sera pas, ça continuera pour le pire".

"A chaque fois, on a des belles paroles"

Au sujet du rassemblement contre l'antisémitisme prévu mardi à 19h place de la République à Paris, Daniel Knoll a indiqué ne pas savoir encore s'il s'y rendrait. "Mon frère et moi sommes en train d'en discuter", a-t-il indiqué, avec la crainte que "derrière il n'y aura pas d'effet" et qu'il ne s'agisse d'une action "trop symbolique". Et d'argumenter : "à chaque fois, on a des belles paroles qui n’empêchent pas que des gens se permettent d’assassiner une femme de 85 ans en disant 'Allah Akbar' ou qu'on coupe la gorge à un jeune Français qui se balade à Paris." En tout état de cause, il considère que cette manifestation doit être "ouverte à tout le monde", y compris à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon "n'étant plus les pires" à ses yeux aujourd'hui.

Estimant que "nous sommes dans une démocratie très faible" où l'"on juge les gens et on les relâche" leur donnant "l'impression d'une impunité complète",  il a conclu : "il faut vraiment taper du poing sur la table et que la justice rende ses verdicts de façon implacable."

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