Vidéo virale sur les violences policières lors des manifestations : les victimes sont-elles toutes des Gilets jaunes ?

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A LA LOUPE - Depuis mercredi, une vidéo rassemblant des photos de Gilets jaunes blessés lors de manifestations est devenue virale sur les réseaux sociaux. On a voulu vérifier, image par image, si ces personnes étaient bien toutes des victimes de violences policières issues de ce mouvement. Bilan : presque un sans faute.

Postée ce mercredi 20 mars, une vidéo rendant hommage aux Gilets jaunes blessés lors des différentes manifestations est devenue virale. Rapidement partagée sur les groupes Facebook du mouvement, elle a été initialement postée par Alexis Simon, un street medic montpelliérain, autrement dit un militant qui apporte une aide médicale d'urgence aux blessés lors des manifestations. 


Les images, fortes, en noir et blanc, montrent la violence des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ( voir lien Youtube ci-dessous). Sur Facebook, la première vidéo postée a d'ailleurs été supprimée par la plateforme, comme l'explique lui-même le street medic. Un nouveau post est depuis visible mais la vidéo ne se lance pas automatiquement. Un message alerte : "Le contenu de cette vidéo peut être violent ou explicite". Il faut cliquer sur "voir cette vidéo" pour qu'elle se lance.


Rien que sur la page Facebook du street medic, la vidéo a été vue par 49.000 personnes en moins de 24 heures et comptabilise plus de 4.400 partages. A n'en pas douter, le relais sur les pages et groupes des Gilets Jaunes devrait multiplier cet impact.

Les violences policières sont avérées et l'objet de cet article n'est pas de les minimiser. Au moins 150 enquêtes ont été confiées à l’IGPN, selon nos informations. Le 7 mars, soit sans compter les "Actes" 15 et 16 des Gilets jaunes, le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, reconnaissait lui-même devant le Sénat que plus de 13.000 tirs de LBD avaient été effectués depuis le 17 novembre et que 2200 Gilets jaunes avaient été blessés. "Chaque tir étant précisément enregistré, nous savons qu'il y a eu 13.095 tirs de LBD depuis le début du mouvement", a-t-il ainsi indiqué précisément.


Pour autant, de nombreuses images détournées, anciennes et sorties de leur contexte, circulent toujours, de fausses informations donc bien souvent relayées sans connaissance de cause. "A La Loupe" a donc tenu a vérifier si les clichés compilés dans cette vidéo étaient véridiques.


Pour cela, nous avons récupéré les différentes images de victimes par une simple capture d'écran et les avons analysées via une recherche inversée sur Google. Au total, plus d'une vingtaine de blessés graves apparaissent : crânes ensanglantés, oeil "touché", main arrachée, hématomes liés à des tirs de LBD40...

Et l'on peut dire que le travail a été plutôt bien réalisé. Les images montrent des victimes, des premières manifestations (dès l'"Acte 3") aux plus récentes. On retrouve ainsi Guy Bernier, un Gilet jaune blessé le 1er décembre à Bordeaux par un tir de lanceur de balle de défense; Patrice Philippe, un chauffeur routier qui a perdu son oeil droit le 8 décembre et dont TF1 avait recueilli le témoignage. L'"Acte 4", marqué par de violents face-à-face entre manifestants et forces de l'ordre dans la capitale, est par ailleurs surreprésenté en termes de victimes présentes dans cette vidéo.


Figurent également un photographe blessé, porté à bout de bras par des manifestants - un cliché pris le 5 janvier; le jeune adolescent Lilian, 15 ans, blessé en marge d'une manifestation alors qu'il était parti faire ses courses le 12 janvier;  Olivier Beziade, pompier volontaire de 47 ans, un temps dans le coma suite à ses blessures là aussi survenues lors de l'"Acte 9", Jérôme Rodrigues, figure des Gilets jaunes qui a perdu l'usage de son oeil droit lors de la manifestation du 26 janvier ou encore Sébastien Maillet, le jeune homme dont la main a été arrachée le 9 février.

Certains clichés sont plus difficiles à authentifier, mais à chaque fois, on parvient à les retrouver sur la toile, publiés sur différents canaux, à des dates ultérieures au début du mouvement, jamais avant.


Seule une photo fait exception : celle d'un homme au sol, dans l'herbe et dont la main est ensanglantée. Ce n'est pas la première fois que la méprise est faite. Ce cliché montre bel et bien un manifestant français mais est antérieure au mouvement des Gilets jaunes. Il s'agit en réalité d'un incident survenue dans la ZAD de Notre-dame-des-Landes le 22 mai 2018. La photo avait été initialement publiée en commentaire du communiqué publié par le ministère de l'Intérieur, qui relatait le contexte dans lequel était survenu cette blessure grave. On retrouve également cette photo postée sur Reddit, ce même 22 mai 2018.

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