VIDÉO - "Vous n'allez pas m'en remettre tous les samedis ?" Rencontre animée entre Macron et des Gilets jaunes

Mardi, des Gilets Jaunes qui participaient à la manifestation des soignants, tombent par hasard sur Emmanuel Macron au jardin des Tuileries. Au son de "Macron démission", le Président finit par venir à leur rencontre. S'en suit un échange plus qu'inattendu sur les violences policières et la réforme des retraites.
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DISCUSSION - Le président de la République a échangé ce mardi avec un groupe de Gilets jaunes qui l'interpellaient au jardin des Tuileries. Plaidant pour discuter dans un climat plus serein, il a dit "entendre" la colère des manifestants.

Un échange aussi symbolique qu'inattendu. Alors qu'il reconnaissait lors de son interview une "détestation" d'une partie de l'opinion à son égard, le chef de l'Etat a croisé, quelques heures plus tard, certains de ces Français en colère. En promenade avec Brigitte Macron dans le jardin des Tuileries, le président de la République a été directement interpellé par des Gilets jaunes, ce mardi 14 juillet, en fin d'après-midi. 

Ignorant dans un premier temps les appels, le chef de l'Etat a finalement échangé avec eux. Une discussion qui a duré environ six minutes et lors de laquelle de très nombreux sujets de crispation ont été abordés. 

"Je suis prêt à écouter les gens"

La séquence a été filmé par l'un des Gilets jaunes, qui était en plein "direct" sur Facebook. Au premier abord, l'échange s'annonce houleux. Accueilli aux sons des slogans de ce mouvement social, Emmanuel Macron choisit dans un premier temps de s'approcher du groupe uniquement pour souhaiter un "bon 14 juillet". Mais à force d'être hué, il finit par s'arrêter. Le vidéaste amateur lui crie à de nombreuses reprises "arrêtez avec la Brav, virez la Brav", en référence à ces Brigades de répression de l'action violente, déployées pour la première fois en mars 2019 pour éviter que les violences survenues pendant certaines manifestations ne se reproduisent. 

Rappelant que "ce n'est pas le président de la République" qui s'occupe de ces questions et que ce dispositif a été mis en place pour répondre à la casse, Emmanuel Macron demande à plusieurs reprises aux manifestants d'être "cools" et de parler moins fort. "On est un jour férié, je me balade, je suis respectueux."

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La discussion finit par reprendre sur ces unités qui "frappent et sont irrespectueuses", selon les termes de l'un des Gilets jaunes présents. Ses interlocuteurs lui demandent à ce que "ces gars en moto" ne soient plus déployés afin que les manifestations se déroulent "mieux". Une requête qui fait immédiatement réagir le président. "Non mais vous allez pas m’en remettre tous les samedis ? Parce qu'ils en ont marre les gens le samedi !", souligne-t-il, citant en exemple le ras-le-bol des "commerçants" et des "forains" dont l'activité a pu être impactée par les différents "actes" du mouvement. Lui est alors rétorqué que c'est la seule façon de montrer qu'il y a des "problèmes". Un message que semble entendre le président, qui estime cependant qu'ils ne se "régleront pas comme ça"

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La colère des Gilets jaunes

Le locataire de l'Elysée évite plusieurs questions, dont celle sur la nomination controversée de Gérald Darmanin : "J'ai déjà répondu. Vous n'êtes pas juge. Bah moi non plus". Balayée aussi, celle sur la réforme des retraites dont "on entend déjà parler alors qu'on sort à peine du coronavirus", qu'il écarte en soulignant avoir mis "8 milliards d'euros sur la table pour les soignants". Il répète néanmoins qu'il "entend" ce qui lui est dit, notamment sur les questions de pouvoir d'achat et de justice sociale, assurant tout faire pour aller dans ce sens. "Mais je me bouge, je me bouge, vous pouvez pas m'enlever ça !"

Tout en rappelant avoir organisé le grand débat national et assurant être "prêt à entendre les revendications", Emmanuel Macron regrette toutefois que "ça monte dans les tours comme ça". En contre-partie de ces quelques minutes d'attention, le chef de l'Etat réclame à ses contradicteurs un "engagement", celui d'être "un peu cool". Et de conclure : "Franchement, si tout le monde est cool, il n'y aura pas de problèmes."

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