Sophrologie, arbre de la confiance et lecture : trois initiatives pour aider les élèves à combattre l'échec scolaire

Sophrologie, arbre de la confiance et lecture : trois initiatives pour aider les élèves à combattre l'échec scolaire

ECOLE - La Journée du refus de l'échec scolaire, organisée mercredi 20 septembre, va braquer une nouvelle fois les projecteurs sur les 100.000 jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme, ni qualification. Pour autant, des dispositifs et des actions existent pour enrayer ce décrochage. Petit florilège.

On leur dit souvent qu'ils sont "bons à rien, nuls, sans avenir". Ces élèves qui trébuchent et que rien ni personne ne parvient à remettre debout dans leur établissement, même dans leur famille. Ces "décrocheurs" qui sortent du système scolaire sans diplôme, ni qualification. Ils étaient 140.000 en 2011, et encore près de 100.000 en 2016, selon les chiffres de l'Education nationale

La Journée du refus de l'échec scolaire, initiée par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), contribue à sensibiliser l'opinion publique à cette problématique. Pour sa 10ème édition, ce mercredi, elle explore le thème du climat scolaire. Un enjeu important puisque, comme le rappelle le pédagogue Eric Debarbieux, la relation entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves est aujourd’hui bien établie. "Il affecterait puissamment la motivation à apprendre, favoriserait l’apprentissage, la cohésion du groupe, le respect et la confiance mutuels", explique ce spécialiste de la violence scolaire.

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Dans cette optique, LCI a exploré trois initiatives locales faites pour améliorer cet environnement scolaire, si important pour l'équilibre de nos chères têtes blondes.

Un baromètre de la confiance

Améliorer la confiance entre les professeurs et les élèves, voilà justement la démarche initiée, depuis la rentrée, par le collège Robespierre de Goussainville (Val-d'Oise), classé en zone d'éducation prioritaire. "Un établissement particulièrement difficile,  et dont 99% des élèves sont issus de l'immigration", rappelle à LCI Pierre Winicki, le président de TrustInside, à l'origine du projet. De quoi s'agit-il ? "Nous avons mis en place au sein de l'établissement un baromètre, ainsi qu'une application à installer sur les mobiles, afin d'évaluer la confiance qui existe entre les élèves, les enseignants, les parents et le chef d'établissement", explique Pierre Winicki.

"Cet outil aide à détecter de manière aussi précoce que possible parmi les jeunes et les familles, ceux qui peuvent manifester de manière explicite ou implicite certains comportements de défiance, défiance vis-à-vis d’eux même (confiance en soi), de leur entourage, des institutions publiques..." détaille Angélique Sanzé, la principale du collège. "Sur la base de ce diagnostic, nous pouvons accompagner les enfants plus fragiles. Je considère en effet que la confiance est une valeur indispensable pour que nos jeunes se construisent avec des bases solides et deviennent des futurs citoyens épanouis. Il est essentiel qu’ils développent un niveau suffisant de confiance en eux et en la société", analyse-t-elle.

La relaxation plutôt que la punition

Toujours dans cette optique, certains établissements ont fait le pari de préférer la concentration et la réflexion à la punition. Une pratique très répandue dans certaines écoles américaines et nordiques où on ne colle pas les enfants perturbateurs, on leur fait faire à la place des exercices de méditation. Cette démarche, Marie-Aude Lanniaux s'en est inspirée pour les cours de français qu'elle donne au collège de Gaulle de Jeumont, près de Maubeuge (Nord). Elle a décidé il y a deux ans de commencer chaque semaine un cours par 5 à 10 minutes de méditation. Et le résultat ne s'est pas fait attendre : "Cela a permis à des élèves réfractaires à tout (l'apprentissage, l'autorité) de se calmer, se recentrer sur eux-mêmes, et du coup d'être ensuite beaucoup plus réceptifs", explique-t-elle sur France Inter

Même son de cloche de la part de Christine Demeure, sophrologue, qui intervient régulièrement en milieu scolaire. "Tout a commencé un jour en discutant avec le professeur de mes enfants intrigué par tout ce que l'on raconte sur cette discipline", raconte-telle. "Je suis donc intervenue dans la classe, avec des exercices courts et ludiques. J’insistais sur la présence du corps et le ressenti pour leur permettre petit à petit de se poser, de découvrir leur corps différemment. Les enfants étaient plus calmes, ils étaient capables de se concentrer plus facilement. En fin d’année, le programme scolaire a été terminé sans problème et surtout la maîtresse a mis en avant les liens qui se sont créés entre les enfants, les valeurs partagées, et l’ambiance chaleureuse de la classe".

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Les "ambassadeurs du livre"

Autre démarche, l'association Afev a lancé il y a deux ans dans les écoles de Lyon un dispositif original : les "ambassadeurs du livre". Ce sont une centaine d'étudiants qui assurent dans toutes les écoles primaires de la ville des ateliers et des activités de lecture, 24 heures par semaine, une première en France à cette échelle. Âgés de 18 à 25 ans et recrutées dans le cadre du service civique, ces jeunes animent des ateliers ou des séances de lecture sur le temps scolaire et périscolaire. 

"J’ai le sentiment d’avoir aidé certains enfants à prendre du plaisir à lire, à aimer venir dans une bibliothèque. Et j’ai la conviction que ce premier pas qu’ils ont fait les aidera pour leurs années scolaires suivantes et pour toute leur vie. Je pense particulièrement aux enfants pour lesquels le livre n’a pas une place importante à la maison. De cette façon, je pense avoir joué un rôle dans la lutte contre les inégalités scolaires", témoigne ainsi Laura, l'une de ces nombreuses volontaires.

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