"15 minutes pour faire 200 m, du délire !" : pro et anti-voiture à Paris s’affrontent lors d’une manifestation virtuelle

"15 minutes pour faire 200 m, du délire !" : pro et anti-voiture à Paris s’affrontent lors d’une manifestation virtuelle

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PAS CONTENTS - L'association 40 millions d’automobilistes lance ce lundi la première manifestation téléphonique "Dis-le à Anne" pour protester contre les multiples mesures prises à l’encontre des automobilistes par la maire de Paris, Anne Hidalgo. Les pro-vélo n'ont pas tardé à répliquer.

"Dis-le à Anne." Voilà le mot d’ordre de ce lundi sur Twitter. Anne, c’est Anne Hidalgo la maire de Paris, qui concentre en ce début de semaine la fureur des automobilistes franciliens. L’association 40 millions d’automobilistes appelle en effet les "12 millions de Parisiens pris en otage" à appeler un numéro à la mairie de Paris pour témoigner des embouteillages ou nuisances sonores subies en raison du plan de déplacement parisien. Ils sont aussi appelés à réagir sur les réseaux sociaux, via le mot-dièse #DisleaAnne.


Depuis le début de son mandat, l’élue a en effet entrepris une vaste réforme sur la place de la voiture en ville. L’idée est assez claire : limiter, autant que faire se peut, sa place. Comme beaucoup d’autres grosses métropoles françaises, Paris veut en effet privilégier les déplacements doux (bus, vélos...) en repoussant les véhicules à moteur hors de son coeur. 

Plan vélo

A Paris, cela a pris la forme de plusieurs mesures phares, chacune très controversée en leur temps  : fermeture des voies sur berge à la circulation automobile, bannissement des vieilles voitures, suppression des places de stationnement. Plus récemment, une autre mesure a aussi fait parler, celle de la création d’une piste cyclable sur la voie Georges-Pompidou, au détriment d'une voie réservée aux voitures. Et à chaque fois, ces ajustements soulèvent les hargnes des Parisiens, parfois contraints de se déplacer en voiture. Sur ce dernier exemple, les protestations ont été nombreuses, d’internautes publiant des photos de la voie voiture engorgée et de la voie cyclable... vide.

Et si la solution avancée est toujours celle d'utiliser les modes de transports doux, comme le suggère un internaute à Marie Fugain, la réponse est cinglante.

Ce plan vélo, Anne Hidalgo l’a, il est vrai lancé, à marche forcée. En novembre, 168 maires de Paris et de banlieue lui avaient envoyé une lettre ouverte pour dénoncer "le blocage général de la circulation à Paris" et ses "effets bien au-delà de la capitale". Mais la maire de Paris est restée sourde aux protestations.  Et c’est aussi cela que lui reproche 40 millions d’automobilistes : "Il est inacceptable de refuser systématiquement d’entendre les personnes dont c’est le métier", écrit l’association, qui affirme avoir  formulé de nombreuses demandes de rendez-vous pour "proposer des mesures qui ne pénaliseraient personne", et qui sont "toutes restées sans réponse". "Anne Hidalgo ne peut plus continuer à diriger la capitale sans tenir compte de l’avis de ceux qui y vivent et viennent y travailler." Mais, jeudi dernier, la maire de Paris a dit ce qu’elle pensait des opposants à sa politique de vélo : ce sont des "réacs" ou des "gros machos", a-t-elle asséné sur BFM.


Et, depuis ce lundi matin, le mot est donc lancé sur Twitter. Coup de gueule, humour, voire insulte, chacun y va de sa méthode pour dénoncer la circulation à Paris. "Moi j'adore polluer ! Merci les bouchons, c'est super pour ça !", écrit ainsi un internaute. "Ne fluidifiez pas, et mettez un max de bagnoles sur les axes secondaires !"


Il y a donc, ceux qui parlent des faits, rien que les faits.

Ceux qui pointent des conséquences économiques.

Ceux qui pointent l'impossiblité de se mettre au vélo ou au RER... à cause de leur situation géographique.

D'autres, encore, pointent la stratégie entreprise, et le fait que les bouchons et moteurs qui tournent au ralenti créent à l’inverse de la pollution.

Les pro-vélo contre-attaquent

D’autres, enfin, ne digèrent pas le manque d’écoute de la maire de Paris à leur endroit. Et la remarque de la maire vendredi, qui a donc évoqué des "réacs" et des "gros machos", n’a fait qu’allonger la sauce. En témoigne cette tribune de l’humoriste Jean-Yves Lafesse sur Facebook, qui n’a pas vraiment digéré "de se faire traiter de facho par quelqu'un qui nous a empoisonné l’air de Paris depuis des années, qui m’a amené à quitter cette ville, parce que je n’y respirais plus, allergique aux particules fines, ça va quoi !" Voulant élever le débat, il dénonce notamment "les voitures contraintes de tourner au ralenti, les voies cyclables, qui sont disposées n’importe comment, en dépit du bon sens de la circulation et de la sécurité des cyclistes et du piéton."

"Qu’on nous donne les vrais chiffres : l’augmentation de la pollution dans Paris ET la banlieue, depuis que celle qui nous traite de fachos est au pouvoir et s’est lancée dans ce chantier de l’enfer !", écrit-il encore. "Les vrais chiffres sur l’asthme et la pollution aux particules fines, depuis le début de ce chantier ! Les vraies chiffres des accidentés à vélo, qui empruntent des voies à contre sens, brûlent des feux, et aussi des jeunes cyclistes morts dans l’effort, en inhalant des particules polluantes !"


Mais sur les réseaux sociaux, les pro-vélo occupent aussi le terrain, en écrivant, eux aussi, leurs "Dis-le à Anne".  

A noter que pour l'heure, cette manifestation virtuelle doit rassembler, à vue de nez sur Twitter... une centaine de participants.

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