Comment les problèmes de couple d'un agent-double ont failli faire rater le Débarquement

Comment les problèmes de couple d'un agent-double ont failli faire rater le Débarquement

HISTOIRE - D'anciens documents classés confidentiels ont été publiés mercredi sur le site des archives nationales britanniques, dévoilant comment la femme de Juan Pujol Garcia, un agent-double ayant contribué au Débarquement des Alliés en 1944, a mis en péril la couverture de son mari.

Juan Pujol Garcia est l’un des plus célèbres agents-doubles du XXe siècle. Car si l’Espagne demeura neutre pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est bien un Espagnol qui joua un rôle clé dans l’organisation du Débarquement, le 6 juin 1944. Engagé auprès du MI5, les services de renseignement britanniques, sous le pseudonyme de "Garbo" et au sein de l'Abwehr, le service de renseignement allemand, sous le nom de code  "Arabel", il est parvenu à induire en erreur l’ennemi, lui faisant croire que le Débarquement aurait lieu sur les côtes nordistes, plutôt que normandes. Manipulant les Nazis, qui déployèrent toutes leurs unités armées dans le Pas-de-Calais, Juan Pujol Garcia a contribué purement et simplement à libérer la France, puis l’Europe.

L'instabilité de sa femme met en danger la libération de la France

Mais les problèmes de couple de l'agent, aurait pu conduire à une issue moins heureuse. Selon des documents déclassifiés par le MI5 et publiés mercredi sur le site des archives nationales britanniques, sa femme Araceli Gonzalez, aurait pu tout faire capoter en révélant sa double-couverture. A l’époque, la jeune femme se sent seule, enfermée dans une maison londonienne placée sous haute sécurité avec son mari et son fils. Juan Pujol lui interdit de fréquenter des ressortissants espagnols, de peur qu’elle ne révèle sa double vie. "Elle détestait le climat anglais. Elle était aussi dégoûtée par la nourriture britannique, se plaignant de trop de macaronis, trop de pommes de terre, pas assez de poisson", raconte The Guardian, qui a examiné les documents.     

"Je ne veux pas vivre cinq minutes de plus avec mon mari", s’était-elle plainte auprès de Tomas Harris, le responsable du M15. A bout, Araceli Gonzalez menace même de révéler la double-couverture de son mari à l’ambassade espagnole s’il ne l’autorise pas à aller en Espagne voir sa mère. "Même s’ils me tuent, je vais à l’ambassade", a-t-elle menacé selon un rapport de Thomas Harris, baptisé "Le mal du pays aigu de madame G".

Le plan du MI5 pour faire taire Araceli Gonzalez

Pour éviter le pire, Thomas Harris met en scène l’arrestation et l’incarcération de Juan Pujol Garcia, en raison des menaces proférées par sa femme. Pour rendre le canular réel, une visite est organisée dans un centre d'interrogatoire des services secrets où est emprisonné l’agent-double. Araceli Gonzalez présente alors ses excuses et signe un document promettant de garder le secret de son mari, en échange de sa remise en liberté. Ce scénario digne d’un film hollywoodien a sans doute contribué au bon déroulement de l’Opération Fortitude, la mission de Pujol qui consistait à désinformer les Nazis pour faciliter le débarquement des Américains. Après la guerre, le double-agent a simulé sa mort en Amérique latine et s’est en réalité éteint en 1988 à l’âge de 76 ans. Selon El Mundo, Araceli Gonzalez, elle, est retournée vivre à Madrid deux ans plus tard. 

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