30 ans du réseau Envie : "Notre premier objectif, c'est de créer des emplois"

SOCIÉTÉ
INTERVIEW - Anémone Berès est la présidente du réseau d'entreprises Envie, qui emploie partout en France des salariés en insertion pour réparer, collecter et vendre des appareils électroménagers. A l'occasion des 30 ans de ce projet social, solidaire et environnemental, elle répond aux questions de metronews.

Selon un sondage OpinionWay réalisé à l'occasion des 30 ans d'Envie, 80% des Français attendent d'une entreprise rentable qu'elle ait aussi une mission sociale. Cela démontre-t-il selon vous la pertinence du modèle d'Envie ?
Cela le plébiscite largement. Le cœur de notre projet, loin de l'assistanat, a dès l'origine été l'insertion sociale : nous donnons aux personnes en situation d'exclusion un vrai contrat de travail, sur lequel l'entreprise paie des charges. Mais cela nous oblige à avoir une activité économique rentable. Toutes les entités Envie sont avant tout des entreprises solidaires. Aujourd'hui, on voit que cela répond à des attentes très fortes dans la population : il y a une adhésion massive au fait que les entreprises doivent avoir un rôle social, surtout quand elles gagnent de l'argent. Et elles ne le font probablement pas suffisamment aujourd'hui.

Lire ici le reportage "Au cœur d'une de ces entreprises de la seconde vie"

Votre réseau est-il à l'équilibre financièrement ?
Tout à fait. Il peut y avoir des structures qui se portent plus ou moins bien, et le réseau est là pour exercer une solidarité et aider à ce que les performances s'améliorent partout. Mais notre premier objectif, en plus de défendre l'environnement grâce au recyclage des déchets ménagers, c'est de créer des emplois.

Parmi les personnes en insertion que vous employez en CDD (plus de 2.000 sont accueillies et formées chaque année, 15.000 depuis 1984), combien trouvent ensuite un emploi durable ?
Sur l'ensemble du réseau aujourd'hui, environ un salarié sur deux a une sortie totalement positive au bout de 13-14 mois en retrouvant un emploi en CDI, en CDD ou une formation qualifiante.

Vous n'êtes paradoxalement pas implantés à Paris aujourd'hui. Est-ce l'un de vos objectifs de développement ?
Nous souhaiterions effectivement trouver une implantation à Paris, mais c'est difficile en terme d'emplacement. J'espère vivement que nous pourrons y travailler activement avec la Ville. Il s'agit de permettre aux nombreux Parisiens qui souhaitent recycler leurs déchets électroménagers et participer à cet effort solidaire de le faire. La collecte du recyclage est toujours plus difficile dans les grandes villes, avec des immeubles en hauteur. Mais nous y travaillons avec les éco-organismes.

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