300 Roms évacués par semaine en France en 2014

300 Roms évacués par semaine en France en 2014

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ÉTUDE - En 2014, 14.500 Roms ont été expulsés de leur campement, selon une étude réalisée par la ligue des Droits de l'homme (LDH) et présentée ce mardi. Si ces chiffres sont moins élevés qu'en 2013, 80% des Roms vivant en camp ont été concernés.

Chaque semaine, en France, 300 Roms sont expulsés de leur bidonville. Soit un camp tous les trois jours. Un habitat précaire, certes, dépourvu d'eau chaude ou d'électricité, mais qui représente souvent le seul toit possible pour des milliers de familles. Selon la ligue des droits de l'homme (LDH), 14. 500 Roms ont ainsi été expulsés par les autorités en 2014. C'est moins qu'en 2013 (21.500), mais plus que les années précédentes. Et surtout, 80% de la population Rom vivant en bidonvilles a été touchée.

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Deux régions regroupent la plus grande majorité des évacuations : l'Île-de-France (67%) et Rhône-Alpes (17%). "On assiste à un véritable harcèlement de la population Rom dans certaines régions", dénonce Philippe Goossens, de la LDH, qui pointe aussi le fait que les évacuations sont constantes, peu importe la saison. "Il n'y a pas de trêve hivernale pour les Roms", déplore-t-il. D'autant plus que  la circulaire d'août 2012 , qui impose des solutions durables de relogement, n'est souvent, selon les associations, destinée qu'à "un nombre réduit de familles pour une durée d'hébergement qui varie de quelques nuits à plusieurs semaines." 

"Aujourd’hui, les camps peuvent être évacués en 48 heures"

L'association réclame l'arrêt des évacuations forcées sans alternative au relogement. "Détruire le lieu de vie n'est pas une manière ni efficace, ni digne, de régler le problème des bidonvilles, analyse Philippe Goossens. Cela conduit à la construction de nouveaux lieux insalubres, souvent juste à côté de ceux qui ont été détruits."

L'année 2014 a également vu un nouvel obstacle se dresser devant les associations. Car si, auparavant, les décisions d'expulsions pouvaient prendre plusieurs mois, les maires ont trouvé une combine juridique. "Aujourd'hui, les arrêtés municipaux sont devenus la formule magique, dénonce Manon Filloneau, de l'association European Human Right Center. En 48 heures, un maire peut être assuré de l'évacuation si le tribunal administratif valide sa demande. Nous avons beaucoup de mal à contrer cette procédure".

En septembre dernier, après une visite en France, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, avait demandé que la France puisse "mettre fin aux évacuations forcées de bidonvilles non accompagnées de solutions durables d'hébergement". Il doit remettre officiellement son rapport le 17 février prochain.

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