"4.000 vélos déployés en un nuit !" : en affichant son insolente réussite, JC Decaux se moquerait-il de Smovengo ?

"4.000 vélos déployés en un nuit !" : en affichant son insolente réussite, JC Decaux se moquerait-il de Smovengo ?

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TRANSPORT - Alors qu’il a été éjecté de la capitale française, l’opérateur JC Decaux reste toute de même bien présent dans la plupart des grandes villes de France. Et semble, via ses communiqués faisant le point sur ses déploiement réussis à Lyon ou nantes, adresser des messages à son concurrent parisien.

Ne faudrait-il pas voir une pointe d’insolence ? Une petite pique, adressée à Anne Hidalgo ? En tout cas, chez JC Decaux, les affaires marchent bien. Car si l’opérateur a été éjecté de la capitale, la Ville de Paris lui préférant Smovengo, il reste bien présent dans la plupart des grandes villes de province, qui ont des vélos en libre-partage. Et JC Decaux continue de s’y déployer, et de renouveler son système. Après Nantes en juin, il vient d’installer à Lyon ses vélos nouvelles générations.


Et le géant des transports et de l’affichage veut monter qu’il sait faire les choses bien, vite et proprement. A Lyon, l’opération de remplacement des vélos était appelée "nuit des 4.000". Objectif affiché : changer la totalité des vélos en libre-service à Lyon entre mardi et mercredi. Un "challenge" pour le groupe JC Decaux, et... un vrai pied-de-nez au fiasco des Vélib' qui, six mois après, a vu dérailler déploiement de ses vélos. L'entreprise ne s'est pas privée d'enfoncer le clou, joyeusement.

Decaux enfonce le clou

Changer l'ensemble du parc en une seule nuit était "dans l'ADN de l'offre" présenté par JCDecaux à la Métropole de Lyon pour renouveler son contrat, afin qu'il y ait une "continuité" du service, a ainsi souligné Anthonin Darbon, directeur d'exploitation France de Cyclocity - filiale de JCDecaux - qui a lancé Vélo'v à Lyon en 2005. L’entreprise a insisté sur ce "vrai défi technique et industriel" et... bien communiqué sur sa réussite. 

Cette insolente réussite, largement affichée, fait paraître bien poussifs les efforts que Smovengo annonce sur les réseaux sociaux pour mettre en état le service Vélib'.

D'autant que pour JC Decaux, ce renouvellement de la flotte à Nantes et Lyon permet aussi d’installer les nouvelles fonctionnalités :  lancement d'une application numérique qui permet notamment de louer un vélo depuis un téléphone, nouvelles bornes qui permettront bientôt de déposer le vélo à proximité d'une station pleine, vélos hybrides en 2020... Autant de petit "plus" qui avaient permis à Smovengo d'emporter le marché à Paris. Et... qui ne marchent pas encore dans la capitale aujourd’hui.


Smovengo,  issu d’un groupement Smoove, Indigo, Mobivia et Moventia, a quant à  lui dû, sous la pression de la Ville de Paris, présenter un plan de sortie de crise. Le 11 juillet dernier, lors d’un nouveau point, l’opérateur parisien a promis mercredi 800 stations Vélib' opérationnelles fin août avant une nouvelle montée en puissance à l'automne. "Notre objectif est, au 31 août, d'avoir 800 stations en service commercial et 10.000 vélos réalisant 30.000 courses quotidiennes", avait affirmé Arnaud Marion, au nom du consortium à la manoeuvre du déploiement, très en retard, du dispositif de vélos en libre-partage à Paris et sa banlieue. Les vélos à assistance électrique, "coeur du projet" du nouveau Vélib', vont être réintroduits progressivement dès le 16 juillet, avec un objectif de 3.000 au 31 août, et l'effectif de régulation et maintenance triplé d'ici fin septembre à 313 personnes.

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