40 millions d'automobilistes : ruban blanc pour colère noire

40 millions d'automobilistes : ruban blanc pour colère noire

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SÉCURITÉ ROUTIÈRE – La diminution attendue de la vitesse maximale autorisée sur le réseau secondaire, de 90 à 80 km/h, n'est pas du goût de l'association 40 millions d'automobilistes, qui a lancé lundi une opération ruban blanc pour faire part de son ras-le-bol contre la répression routière. Explications avec son président, Daniel Quéro.

C'est un ruban blanc d'un nouveau genre qui pourrait fleurir sur les routes de France. Si, jusqu'à présent, ce bout de tissu témoignait généralement d'une invitation à un mariage, voilà désormais qu'il symbolise, accroché au rétroviseur gauche d'un véhicule, une colère noire, celle des automobilistes. L'association 40 millions d'automobilistes a en effet lancé lundi l'opération "ruban blanc" pour dénoncer à sa manière un projet qui pourrait voir le jour dans les prochains mois : la diminution de la vitesse de 90 à 80 km/h sur le réseau secondaire.

"Cette mesure est inique puisqu'elle va à contre-courant de tout ce qui se fait dans les pays voisins", note Daniel Quéro, président de 40 millions d'automobilistes. Qui rappelle pour metronews qu'en Angleterre, "le meilleur élève de la classe européenne", la vitesse maximale autorisée sur ces routes est de 97 km/h pour environ 2000 morts par an. Contre 3250 en France en 2013.

"Faire de la sécurité routière avec des mathématiques, cela ne marche pas"

Selon des experts de la sécurité routière, la diminution de la vitesse de 10 km/h pourrait pourtant sauver chaque année 450 vies supplémentaires. "Cela est basé sur une formule mathématique qui dit que si vous abaissez la vitesse moyenne d'1%, vous économisez 4% de vies humaines, nous explique Daniel Quéro. Qui conteste le calcul en brandissant l'exemple de 2012 : "Le nombre de morts avait diminué de 8,1% malgré une augmentation de la vitesse moyenne sur les routes de 0,7%. Faire de la sécurité routière avec des mathématiques, cela ne marche pas".

"La répression doit bien sûr exister, mais aujourd'hui, on est dans une punition collective", déplore Daniel Quéro, qui regrette que l'argent des radars , "800 millions d'euros budgétés pour 2014", ne soit "plus une affaire de sécurité routière" mais une "affaire de rentrées fiscales, de taxes". "On a vraiment le sentiment que c'est la guerre. On est sans arrêt soumis à des décisions coercitives, réglementaires donc répressives", souligne le président d'une association dont le souhait est clair : "Que le gouvernement fasse enfin la paix avec les automobilistes en cessant la chasse aux voitures."

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