"Quarante-huit heures de calvaire" pour un équipage Air France en Argentine

"Quarante-huit heures de calvaire" pour un équipage Air France en Argentine

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AVIATION - Un syndicat a décrit lundi le "calvaire" vécu fin octobre par un équipage d'Air France à Buenos Aires, convoqué au tribunal et "interrogé dans des conditions bafouant les droits fondamentaux" après la plainte d'une passagère, fille d'un ancien membre du gouvernement argentin.

Ils ont vécu "un calvaire". Le PDG d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac, a fait part mardi de son "indignation" quant aux conditions de convocation et de détention jugées arbitraires dont un équipage d’Air France a été victime le 30 octobre dernier à l'issue d'un vol à destination de Buenos Aires. Air France a adressé à ce sujet un courrier au ministère français des Affaires étrangères et demande aux autorités compétentes "de faire la lumière sur cette affaire".


Sur son site internet, le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC), qui a aussi écrit au ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et à l'ambassadrice d'Argentine en France, évoque "48h d'angoisse à Buenos Aires", "un calvaire". Selon le syndicat des hôtesses et stewards, la police argentine a interpellé une partie de l'équipage, qui a été ensuite retenu pendant six heures au commissariat de l'aéroport, à la suite d'une plainte d'une passagère.

Une "attitude déplacée de son voisin"

Le SNPNC y explique que l'équipage a d'abord refusé à la passagère d'être surclassée, faute de place, puis a accepté de la changer de siège, en vol, après qu'elle s'est plainte "d'une attitude déplacée de son voisin". Selon une source proche de l'enquête, la passagère argentine, médecin de 29 ans, s'est rendue au commissariat de l'aéroport international d'Ezeiza et a 

porté plainte, accusant son voisin de s'être masturbé dans l'avion. 


Assise près du hublot en classe économique, elle s'était plainte pendant le vol de son voisin, sans mentionner à l'équipage l'épisode de la masturbation. Par deux fois, l'équipage avait réveillé le passager français, de grande taille et corpulent, assis au milieu d'une rangée de trois sièges, car il empiétait sur l'espace de sa voisine, a précisé cette source.

"Personne n'a été retenu indûment"Une source judiciaire au journal La Nacion.

Le chef de cabine principal a été séparé des autres et enfermé dans une pièce d'un mètre carré sans pouvoir s'asseoir, boire et manger, sous la surveillance de deux gardes armés, précise le SNPNC dans son courrier à l'ambassadrice d'Argentine. Il n'a été interrogé que le soir par un juge et un ancien vice-ministre argentin de la justice, père de la plaignante, avant d'être relâché sans excuse ni explication, ajoute le syndicat, selon lequel les autres membres de l'équipage retenus ont été entendus tout l'après-midi et jusqu'en soirée.


"Personne n'a été retenu indûment. Ils ont été traités comme n'importe quel autre témoin" dans une affaire, a affirmé une source judiciaire au journal La Nacion.

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